‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 370 sur 543 · I. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

I. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ET PRONOSTIC

Trop souvent la paralysie des nerfs moteurs de l'œil est symptomalique d'affections musculaires graves, qui tôt ou tard se généralisent ou s'étendent à d'autres régions. On a pu en acquérir la conviction par la lecture des faits exposés dans le chapitre VIII et dans l'article précédent. N'ai-je pas, eu effet, démontré que la para-

lysie de l'un des muscles moteurs de l'œil apparaît comme l'un des phénomènes initiaux de l'ataxie locomotrice progressive? Ce seul signe m'a suffi quelquefois pour annoncer, plusieurs années d'avance, l'imminence de celte terrible affection. N'a-t-on pas vu aussi, dans le chapitre précédent, la paralysie de la sixième paire précéder la paralysie alterne?

Cependant il me paraît, — je l'ai déjà reconnu précédemment,— que la paralysie des muscles moteurs de l'œil peut exister parfaitement isolée et limitée à l'un des nerfs de l'œil, que la cause en soit rhumatismale ou syphilitique ou qu'elle soit môme essentielle. Combien de livres, de monographies, de journaux, fourmillent de guérisons de ces espèces de paralysies locales ! Moi-même je crois en avoir obtenu un certain nombre et j'en rapporterai bientôt plusieurs cas.

Mais aussi quelle peut ôtrè pour moi la valeur réelle de ces guérisons, lorsque je sais que la plupart des sujets atteints d'ataxie locomotrice progressive, — et ils sont nombreux, — ont passé par les mains des oculistes; qu'un certain nombre d'entre eux a été guéri, pendant un temps plus ou moins long, de la paralysie locale des nerfs moteurs de l'œil, paralysie qui n'était qu'un phénomène initial de cette maladie, paralysie qui revient tôt ou tard? Combien je dois apporter de réserves, quand je dis ou quand je crois avoir guéri une paralysie de l'un des nerfs moteurs de l'œil J J'ai relaté, en effet, un cas d'ataxie (obs. CIII) dans lequel la paralysie de la sixième paire a guéri ou plutôt disparu temporairement (pendant plusieurs mois) jusqu'à cinq fois, pour se fixer définitivement. Et chaque fois que cette paralysie disparaissait, le malade en faisait tout l'honneur à son oculiste ! J'ai vu d'autres ataxiques qui se croyaient guéris depuis plusieurs années de leur strabisme, et qui ne tardaient pas à en être de nouveau affectés pendant que je leur donnais des soins : exemple, un malade d'Anvers auprès duquel j'ai été appelé en consultation avec mes amis MM. Pidoux et Trousseau.

Si au moins il existait quelque signe qui permît de distinguer, à coup sûr, une paralysie purement locale des nerfs moteurs de l'œil ! A l'époque où je publiais mon Mémoire sur l'ataxie musculaire progressive (1), je croyais que tout strabisme qui apparaissait au début de cette dernière maladie devait être compliqué d'amblyopie ou d'amaurose, et j'en avais fait un signe diagnostique différentiel du strabisme simple. Il me faut renoncer aujourd'hui à ce signe diagnostique. Voici en résumé quelques exemples à l'appui de cette assertion.

(1) Duclienne, Archives générales de médecine, 1858, 1 851).

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