CUAP. XVIII, — PROTHÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE
autant que possible les procédés employés par la nature, la mécanique n'offrant rien d'aussi simple et d'aussi ingénieux pour produire simultanément ces mouvements complexes à l'aide d'une seule force (1).
Trois foisj'ai eu l'occasion d'appliquer le gantelet desinlerosseux, entre autres chez un monsieur qui était atteint d'une atrophie que j'ai appelée lépreuse des interosseux (2). La griffe causée par la perle
Fig. 234. — Gantelet des interosseux de M. Duchenne (de Boulogne) (*).
de ces inlerosseux était arrivée à un tel degré de difformité, qu'il cachait sa main autant que possible, et que les usages en étaient profondément lésés. Lorsqu'il portait le gantelet des inlerosseux arlifl-
(*) Il se compose de trois pièces principales : la première digitale, A, la seconde palmaire, B, et la troisième antibrachiale, C. Ces trois pièces sont articulées entre elles comme dans la figure 234. La portion digitale est une planchette présentant sur l'une de ses faces quatre gouttières destinées à recevoir chacun des doigts, dont on maintient les deux dernières articulations, autant que possible, dans l'extension, à l'aide d'une courroie comprimant leur face dorsale. La seconde planchette, B, est maintenue appliquée sur la paume de la main; cette dernière planchette se relie à une attelle ou lame métallique que l'on fixe à la face antérieure de l' avant-bras. Un fort ressort D est fixé par l'une de ses extrémités à la planchette digitale A, et se termine dans une corde à boyau qui passe sur un pont E haut de 4 ceutimètres, et dans un anneau fixé sur la portion palmaire, d'où elle se réfléchit pour aller s'attacher en G à la planchette A. On tend cette corde graduellement de manière à incliner progressivement la portion digitale A, c'està-dire les premières phalanges, sur la planchette B.
(1) Voici la disposition du gantelet des interosseux. Une coulisse cousue sur un gant dans les points correspondants à la face dorsale des deux dernières phalanges du doigt à mouvoir, et jusqu'au niveau de l'extrémité inférieure de la première phalange, où elle se hifurque pour remonter obliquement d'arrière en avant, de chaque côté de celle-ci, jusqu'à la face antérieure de l'articulation métacarpo-phalangienne. Dans ce point, les deux bifurcations se réunissent pour former de nouveau une seule coulisse qui descend sur la face palmaire du gant jusqu'au poignet. Les quatre doigts du gant sont disposés de la môme manière. Deux lacets de soie, fixés à l'extrémité inférieure et postérieure de la phalangette de chacun des doigts, sont pnssés dans la coulisse et en suivent séparément la bifurcation pour se réunir à la fuce palmaire et sortir au niveau du poignet, où ils se terminant par de petits anneaux. Des élastiques s'agrafent à ces anneaux et se fixent a une manchette do cuir, disposée de la même manière que dans le gantelet des extenseurs des doigts. Lorsqu'on met ces élastiques en tension, on voit les premières phalanges s'infléchir en même temps que les deux dernières s'étendent, comme lorsqu'on fait contracter les interosseux chez le vivant. Veut-on produire un mouvement latéral, il suffit de tendre davantage celui des tendons qui représente flnterosseux abducteur ou adducteur.
(2) Je l'ai décrite précédemment, chop. V, D. M 6.