A.UD
Fia 34 - Vaso-moteurs accompagnant les capillaires de la muqueuse palatine de la grenouille
^d'après Cimbert) (*).
B Tonicité des constricteurs vasculaires augmentée par l'électrisation localisée. - L'expérimentation démontre que le grand sympathique est très-excitable (au moins dans la région cervicale), et que son incitabilité est vite épuisée. Ainsi l'on a vu plus haut que, sous l'influence d'un courant d'induction ou d'un courant continu môme faible, il s'est produit un resserrement des vaisseaux (bientôt suivi de leur dilatation qui a persisté quelque temps après l'excitation (Voy. Expériences, p. 3). Cette dilatation des vaisseaux est considérée avec raison comme un état paralytique des vaso-moteurs, d ou
,« c c aisseaux capillaires. - N, nerf vaso-moteur. - G, G, G, ganglions formant les bra.LL ^™\u u' veau des anastomoses des capillaires artérielles. - U, F.bre de Rcmak Isolée et terminée en pointe.
ART. lll; — VALEUR TUÉRAPEU. DE LA FARADISAT. LOCALISÉE. 151
résultent un afflux du sang et une élévation de température de la région innervée; aussi a-l-on appelé ceiéln\,hypeix:mieneuro-paj*aly tique.
Mais l'espèce d'aflaiblissemenl de la tonicité vasculaire, qui est le premier effet de la faradisation localisée, n'est que momentané ; est bientôt suivi d'une réaction. En effet, l'observation clinique et surtout les résultats thérapeutiques que j'ai obtenus, tendent éprouver que finalement et en dernier ressort, la force tonique des vaisseaux est augmentée.
C'est du moins ce dernier but thérapeutique que je m'efforce et que l'on doit se proposer d'atteindre, lorsque, dans le traitement des paralysies atrophiques, l'excitation électrique est dirigée sur les vaso-moteurs ganglionnaires. Il est en effet démontré, par l'observation clinique et par l'expérimentation, que l'hyperémie neuro-paralytique est un état morbide qui s'observe dans les paralysies atrophiques, consécutives aux lésions des centres cérébro-spinaux et des troncs nerveux. Il est rationnel d'en déduire que tout agent qui augmentera l'hyperémie neuro-paralytique aggravera cet état pathologique. Or, c'est justement le contraire que j'ai observé, lorsque, par la faradisation, j'ai guéri des paralysies atrophiques qui s'étaient présentées à moi dans ces conditions. J'ai vu, en effet, alors sous l'influence de ce traitement, la coloration de la peau et la nutrition du membre paralysé revenir en peu de temps à leur état normal, en même temps que la paralysie s'améliorait; j'en ai donc conclu que la force de la tonicité vasculaire avait été augmentée, dans ces circonstances, par la faradisation localisée. En somme, ce fait clinique apprend qu'au point de vue thérapeutique, on doit prendre plutôt en considération l'action secondaire et définitive de l'électrisation que ses effets immédiats.
C. Circulations locales activées par la faradisation localisée. — Tel n'a pas été, on l'a vu, le raisonnement de ceux qui attribuent au contraire l'action thérapeutique de l'électrisation sur la nutrition au léger état d'hyperémie neuro-paralytique qui se produit sous l'influence d'un faible courant. Pour traduire leur opinion en précepte, on pourrait dire : l'hyperémie neuro-paralytique étant un des phénomènes morbides des paralysies atrophiques par lésion de certain centre nerveux ou des nerfs, pour guérir cet état morbide on doit augmenter cette hyperémie neuro-paralytique. Afin d'atténuer sans doute ce qu'il y a de paradoxal dans leur opinion, ils ont altéré la signification physiologique du fait expérimental sur lequel ils se sont appuyés, en soutenant que l'activité de la circulation a lieu sous l'influence de l'action du courant sur le sympathique. Pour accepter celte théorie, il nous faudrait oublier lesexpérien-
(I) Mémoire de 1852.
152 Cil A P. IN. — EXAMEN DES HtTNCIl'ALES MÉTIIODES D'ÉLECTR.
ces qui démontrent que celte sorte d'hyperémie neuro-paralytique des vaso-moteurs est passive; que, par elle-même, elle est impuissante surla nutrition. Rappellerais-je l'expérience de Snellen (1), tant de Ibis répétée depuis lors, qui établit ce lait d'une manière irrécusable. J'ai vu ce fait confirmé par l'observalion clinique; je me réserve en effet de relater, par la suite, un cas dans lequel une hyperémie neuro-paralytique, consécutive à une lésion du sympathique cervical, a pu siéger à un haut degré, pendant deux ans, dans la conjonctive et les vaisseaux d'un œil, sans y modifier l'état anatomique des parties hyperémiées, sans y produire le moindre exsudât, tandis qu'une conjonctivite survenue du côté opposé, consécutivement à un courant d'air, avait provoqué rapidementune vive inflammation avec un peu de suppuration.
On ne saurait cependant méconnaître, dans les cas de guérison de paralysie atrophique de cause traumatique et spontanée des nerfs, ou de la moelle, dont j'ai déjà relaté des exemples, l'influence de la faradisation sur l'activité des circulations locales, sur la nutrition des 'muscles, et sur la nutrition générale du membre excité.
Mais comment expliquer cette action thérapeutique? Je ne pouvais l'attribuer à une sorte de gymnastique imprimée aux muscles par 'a faradisation, puisqu'ils avaient perdu leur irritabilité électrique. Je ne croyais pas non plus que l'excitation seule des fibres nerveuses, qui président à la motricité et à la sensibilité, avait pu produire ces résultats. Il était donc de toute évidence, pour moi, que la faradisation musculaire directe avait activé la circulation capillaire (les circulations locales) et la nutrition; aussi n'ai-je pas négligé de signaler ce dernier fait électro-thérapeutique et de le l'aire ressortir encore davantage, dans mon Traité d'élec irisation localisée. Mais je m'étais borné jusqu'alors à exposer empiriquement les résultats de l'observation clinique, la science n'étant pas alors assez avancée pour oser en proposer une théorie quelconque.
Quel en était le mécanisme? En d'autres termes, par quel ordre de nerfs avais-je ainsi activé la circulation capillaire et la nutrition?
C'est en tremblant que j'aborde cette question. En effet, dans toutes mes recherches antérieures sur la physiologie des mouvements, les problèmes que j'ai eus à résoudre l'ont toujours été avec le parfait accord de l'anatomie, de l'expérimentation électro-musculaire et de l'observation clinique. Au contraire, dans la nouvelle voie où je vais m'engager, je ne pourrai faire un pas, sans marcher d'hypothèse en hypothèse, tout en m'appuyant sur les magnifiques découvertes de l'expérimentation.
(1* Snellen, Arch. fur die hollandische Beitvàge zur Nalur und Heilkunde, 1857, v. 1, p. 20G.