AUT. III. — VALEUR TUÉRATEU. DE LA FA HADISAT. LOCALISÉE
que ce travail morbide (l'inflammation) se développe beaucoup plus facilement dans ces parties que dans d'autres; mais, je le répète, il ne se manifeste pas spontanément, comme conséquence pure et simple de l'augmentation dans la quantité du sang. Il nous faut donc admettre que, lorsqu'une influence nerveuse agit sur certains /issus pour produire V inflammation, la cause principale de ce processus morbide n'est point dans l'augmentation de la quantité de sangf mais bien dans les modifications que subissent les tissus qui produisent une plus grande attraction de sang artériel (1). »
B. A peu près vers la môme époque, Virchow enseignait aussi que les modifications de la nutrition ne dépendent pas directement de la quantité plus ou moins grande de sang qui circule dans une partie. Mais, s'appuyant sur les expériences de Cl. Bernard, qui montrent que la section du grand sympathique ne peut produire autre chose qu'une augmentation delà circulation et delà calorification locales, sans participation de la cellule au travail morbide, sans inflammation, il s'en est fait un argument contre ceux (les névristes) qui placent la nutrition sous la dépendance de l'innervation, soutenant que les propriétés des cellules elles-mêmes sont la cause essentielle des phénomènes nutritifs.
« L'augmentation dans la nutrition des parties, dit-il, doit bien plutôt être attribuée à certains états des tissus (irritation), états qui ont le pouvoir de modifier les affinités des tissus pour les divers principes du sang, ou bien à la présence, dans le sang, de substances particulières (substances spécifiques) possédant une attraction toute spéciale pour certaines parties du corps (2). »
On sait qu'un palhologiste distingué, M. Spiess, a soutenu, contrairement à M. Virchow, que la nutrition est toujours sous la dépendance de l'innervation (3).
Quant à moi, j'ai vu tant de fois des altérations de nutrition périphériques survenir consécutivement à des lésions de certains points des centres nerveux ou des nerfs, qu'il m'a été impossible de méconnaître alors l'influence que l'innervation exerce sur la nutrition. C'est en faisant allusion à la difficulté d'expliquer ces altérations de nutrition consécutives aux lésions nerveuses, qu'il m'est arrivé de dire : si les nerfs trophiques n 'existaient pas, il faudrait les inventer.
C. Nerfs trophiques de Samuel. — Telles étaient les idées théoriques, professées, en 1858, par MM. Brown-Séquard et Virchow, sur l'influence du système nerveux, dans la production des phéno-
(1) Brown-Séquard, toc. cit. Philadelphie, 18(50.
(2) Virchow, la Pathologie cellulaire, etc. Sixième leçon, 3 mars 1858. 3* édition. Paris, 1808.
(3j Spiess, Pathologische Physiologie. FraiikCiirt-am-Mayn, 1857. 2 vol. . duchenne. — 3e édition. . (