‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 87 sur 543 · II. — Appareils électro-dynamiques · texte numérisé non relu

II. — Appareils électro-dynamiques

A. Bobine d1 induction de M. Ruhmkorff. — a Dans les cas, qui sont du reste assez rares, où l'on a besoin d'étincelles d'une forte tension, on ne saurait trouver mieux que l'appareil qui a conquis a M. Ruhmkorff une célébrité si méritée. Nous donnons ici la figure d'un petit modèle 71) qui produit des étincelles de 1 à 10 millimètres, lesquelles peuvent être supportées lorsqu'elles ne se succèdent pas trop rapidement. Ces bobines à tension relativement forte peuvent remplacer l'électricité des machines ordinaires à frottement, surtout lorsqu'elles sont munies d'un interrupteur donnant à la volonté de l'opérateur des décharges isolées les unes des autres. »

a. Appareil pour le service des hôpitaux, par M. Ruhmkorff. — « M. Ruhmkorff a disposé récemment un appareil transportable, spécialement destiné à la pratique des hôpitaux, et dans lequel

(I) F l\ Leroux, p. 31

CHAT. IV. — DES APPAREILS ÉLECTHO-MOTEUHS.

sont réunies les conditions les plus essentielles pour assurer la régularité de l'emploi des courants d'induction.

« Cet appareil {fig. 72). contient deux éléments zinc-charbon et bisulfate de mercure; le zinc peut être immergé plus ou moins dans le liquide, ce qui permet de graduer l'effet inducteur. Un seul des éléments suffit dans les cas ordinaires; le second est surtout un élément de rechange. Le mode de graduation est l'enfoncement des deux hélices

l'une dans l'autre, ce qui permet de réduire l'effet presque à zéro, s'il en est besoin. Le trembleur est celui de Neef ; la fréquence des interruptions se règle au moyen d'une vis.

Une étoile mue par une petite manivelle doDt dispose l'opéraleurpermet de produire des effets intermittents.

« Cet appareil donne à volonté l'extra-courant et l'induit du premier ordre. »

b. Appareil portatif par M. Ruhmkorff.

— « Ce constructeur fabrique depuis longtemps un appareil portatif spécialement destiné à la pratique civile, et qui est d'un beaucoup plus petit volume que le précédent.

Fig. 73. — Appareil de HuhmkorfT.

Il contient deux éléments zinc-charbon et bisulfate de mercure; ces éléments sont très-simples : ce sont de petits godets en charbon

zinc,

ARTi Y> HISTORIQUE ET CRITIQUE DES APPAR. D'INDUCTION.

des cornues à gaz dans lesquels plongent des disques épais de Le montage de celte pile est très-facile, et ses effets durent assez longtemps pour la plupart des applications. Il faut, il est vrai, monter et démonter la pile à chaque fois.

« U y a deux bobines qui fonctionnent identiquement de la même manière; c'est une même bobine coupée en deux.

Le graduateur est une chemise en cuivre extérieure aux bobines.

« L'interrupteur est le trembleur de Neef; une étoile placée extérieurement à la boîte permet de produire les intermittences.

« Cet appareil donne à volonté l'extra-courant et le courant induit.

« 11 est représenté (fig. 73) au tiers de la grandeur naturelle (1). »

c. Appareil de M.

le docteur Aug. Tri- FlG- 74 • ~~ APPareil de TriPier O

pier. — C'est un appareil non portatif à pile indépendante. Nous

(l)F. P. Leroux, loc. cit., p. 50.

(*) A, A', bornes destinées à recevoir les électrodes de l'une des piles; — a, a', bornes recevant les électrodes de l'autre pile. — B, bobine sur laquelle est enroulé le fil fin; — b, petite bobine à fil fin contenant dans snu intérieur l'électro-ainiaut qui règle les interruptions du circuit de la bobine précédente. — B', bobine sur laquelle est enroule le gros fil; — 6', petite bobine à gros fil, contenant l'électro-aimant qui règle les interruptions du circuit de la bobine B' quand ce dernier circuit est parcouru par le courant de la pile. — E, tète de la tige qui continue l'électro-aimant central et lui sert de manche — C, commutateur. — D, manette mettant l'appareil en communication avec l'une ou l'autre des piles.

2 88 CUAP. IV. — DES Al'PAREILS ÉLECTRO-MOTEURS.

en empruntons la figure et une partie de la description de l'auteur (1).

« Dans cette figure (fig. 74), le circuit inducteur est celui de la bobine à fil fin, B; le commutateur G et la manette D sont disposés de manière à y amener le courant de la pile dont les électrodes aboutissent en a et a'. Des rhéophores insérés sur les extrémités polaires du circuit B permettent de recueillir par deux manipules les extra-courants de baute tension développés dans le circuit. Les rhéophores attachés à la bobine B' conduisent chacun à l'une des branches d'une pince à expérience et donnent des courants induits de faible tension.

« La tentative de M. Tripier est certainement louable, et il y a le plus grand intérêt à pouvoir comparer les effets produits dans des circonstances bien différentes et surtout bien déterminées. Mais nous ne croyons pas qu'il soit prudent de chercher les moyens de

Fig. "5. — Appareil de Du Bois-Reymoud.

cette étude comparative dans un appareil complexe, où l'échafaudage de divers organes les uns sur les autres vient créer des conditions multiples auxquelles il est difficile d'avoir égard, telles que des différences de distance, d'intensité, etc. Du moment qu'il s'agit d'expériences de cabinet, il devient beaucoup plus simple, tout à fait rigoureux et presque aussi économique d'avoir un certain nombre de bobines dans lesquelles une seule condition varie de l'une à l'autre, toutes desservies par un seul interrupteur dans lequel le courant moteur soit indépendant du courant actif, comme cela a lieu dans certains modèles de l'interrupteur de Foucault. »

d. Appareil de Du Boù-Reymond, ou de Siemens et Halske. — « Le courant de la pile arrive (fig. 75) par les deux bornes A A', traverse TélecU'o-

(1) Tripier, Manuel d'é/ectrotMrapie. Paris, 1861. (Voir les divers effets qui d'après cet auteur, peuvent s'obtenir par la combinaison des différents organes de son appareil.)

ART. Y. — HISTORIQUE ET CRITIQUE DES AI'PAR. D'iNUUCTION. 28 9

aimant D et la bobine inductrice B;Jes pièces E, r, a constituent un (rembleur de Neef. On peut recueillir l'extra-courant (I). « Une seconde bobine R' recouverte d'un fil fin peut recouvrir com-

Fig. 76. — Appareil de M. Morin.

plétemenl la première ou s'en éloignera une assez grande distance; elle est le siège de l'induit.

« La bobine inductrice renferme des fils de fer doux dont on peut faire varier le nombre pour graduer encore d'une autre manière les effets.

« Cet appareil est très-simple et très-bien conçu au point de vue de l'expérimentation en ce qui regarde la graduation des courants induits (2). »

e. Appareil de M. Morin. — « Cet appareil a été l'un des premiers, qui aient réalisé les conditions de commodité exigées par la pratique civile de l'électro-thérapie, et parmi les plus utiles des dispositions dues à M. Morin il faut compter la solidarité de la pile et de l'appareil d'induction. La difficulté était d'autant plus grande, que ce constructeur s'était imposé la condition d'employer le couple de Bunsen, légèrement modifié il est vrai.

« La figure 7G donne la vue d'ensemble de l'appareil de M. Morin. Dans le coin de droite se trouve la pile, à côté les accessoires ; A est une planchette sur laquelle est fixé l'appareil d'induction proprement dit ; on voit jen A' ce système à découvert.

(1) F. P. Le Roux, loc. cit., p. 53.

Los appareils primitifs de M. Duchenne (de Boulogne), présentés par lui eu 1848 à l'Académie des sciences, offraient la disposition en chariot des hélices, le gros fil était fixe interne, et graduaient de la môme manière par l'influence mutuelle des hélices dont l'externe était mobile. Cette mû ne disposition a été imitée par M. Du Bois-Hcymond. Je dirai, dans le paragraphe suivant, pourquoi j'ai abandonné cette disposition (note de l'auteur).

(2) F. P. Le Roux, loc. cit., p. 54.

duchkn.ne. 3<> édition. m

CUAP. IV. — DES APPAREILS KLKCTRO-MOTEUHS.

u La figure 77 montre le système de la bobine eu coupe. D est un tube de fer-blanc qu'on peut mettre ou retirer à volonté ainsi que diverses

liges de fil de fer; G est une chemise mobile de cuivre qui sert de gradualeur; vient ensuite le fil fin ou fil induit ; le fil gros ou fil inducteur est placé extérieurement. En e est une petite masse de fer taraudée dans le bois de la bobine : elle s'aimante sous l'influence du courant et attire le contact d ; celui-ci est formé par une lame de fer doux articulée à l'ex- Irémité d'une autre lame du même métal a placée latéralement à la bobine de manière à s'aimanter sous l'influence du courant inducteur et accroître ainsi l'attraction. Il n'y a pas de ressort antagoniste ; c'est la pesanteur qui en remplit l'office. Le contact d porte une petite lame de platine qui vient frapper sur une pointe de môme métal dont la dislance se règle au moyen de la tige terminée par le boulon h. Le même bouton, après qu'on lui a fait faire. un certain nombre de tours, sert à produire des interruptions espacées au gré de l'opérateur.

« En L est un levier mobile et flexible qui sert à établir la communication de la bobine avec la pile : à cet effet il vient porter sur une lige de platine 1 fixée dans le charbon de celle-ci.

«La pile se compose d'une enveloppe de cuivre A doublée d'un

zinc épais L, puis d'un vase poreux C dans lequel se trouve un charbon de cornues H. On met de' l'acide azotique ou du bichromate de potasse en dedans du vase poreux et de l'eau pure en dehors. Un couvercle de gutta-percha B ferme à peu près hermétiquement tout ce système.

« Celle pile offre les inconvénients inhérents à l'emploi de l'acide intrique, mais elle a l'avantage de donner une quantité notable d'électricité, de pouvoir être montée à l'avance, rester plusieurs heures en action et enfin être démontée' à loisir, tandis que les petites piles à bisulfate de mercure doivent être préparées au chevet du malade.

« L'appareil de M. Morin peut être regardé comme disposé de manière à donner des courants où la quantité est un des éléments de la question,

BADOUBEAU

Fig. 77* — Appareil Legendre et Morin.

A UT. y. — HISTORIQUE ET CRITIQUE DES APPAR. D INDUCTION . 291

tandis que dans les petits appareils portatifs c'est surtout vers la tension que se portent les efforts des constructeurs, dans le but d'atteindre la limite moyenne d'effel fixée par la sensibilité de nos organes ; son auteur s'est effjrcé, suivant son expression, de construire non pas seulement un appareil à secousses, mais un instrument vraiment physiologique.

« Cet appareil donne l'exlra-couranl, le courant induit et la somme des deux : M. Morin paraît avoir été le premier à employer cette combinaison (I). »

/. Appareils de M. Gaiffe. — « Cet ingénieux constructeur fabrique depuis longtemps déjà un petit appareil très-portatif représenté au quart de la grandeur naturelle par la figure 79.

La pile et la bobine d'induction occupent deux compartiments séparés, s'ouvrant indépendamment l'un de l'autre. La pile se compose de deux éléments zinc et bisulfate de mercure renfermés dans un bac en caoutchouc durci dans le fond duquel sont incrustées deux plaques de charbon de cornues. Des fils de platine destinés à établir la communication sont noyés dans la niasse et font saillie au dehors; les deux zincs FlG,"!8' se posent à plat sur des repos ménagés à cet effet, et il n'y a pas à se préoccuper autrement de l'établissement des communications ; rien de plus commode que la manœuvre de celte pile.

« L'appareil donne l'extra-courant, le courant induit et si l'on veut la somme des deux; les communications sont d'aulant plus faciles à établir convenablement que M. Gaiffe a l'utile précaution de marquer de signes

Appareil de Legeiidie et Morin.

Fio. 79. — Appareil de Gaiffe.

indiquant le sens du courant les trous où s'enfoncent les extrémités des rhéophores.

(0 F. P. Leroux, loc. cit., p. 67.

g9i 0I1AP. IV. — DES APPAREILS ÉLECTRO-MOIEUIIS.

L petit bac de caoutchouc durci contenant les deux cléments de la pile.— k, lube contenant une provision de bisulfate de mercure. — M, bobine d'induction. — R, bouton du lube graduateur. — 0, Q, pièces du Irembleur. — 1', boulon sur lequel on appuie pour produire les interruptions isolées. — N, cylindres manipules, — T, excitateurs divers. — « Nouveau modèle. — Pile au chlorure d'argent. — M. Gaiffe vien! de disposer un nouveau modèle dont les praticiens ne manqueront pas d'apprécier l'heureuse combinaison. 11 s'est inspiré de l'exemple de M. Trouvé

Fie 80. — Partie de la pile Fie . 81 . — Vue intérieure de la pile au

au chlorure d'argent. chlorure d'argent.

dont nous décrirons ci-après la pile hermétiquement fermée, mais il a su utiliser les qualités précieusês de la pile au chlorure d'argent fondu (I) sur laquelle M. Warren de la Rue a récemment appelé l'attention . Chacun des deux éléments de pile renfermés dans l'appareil de M. Gaiffe se compose (fig. 80 et 81) d'une lame de zinc Z et d'une lame d'argent Y sur laquelle se trouve fondue une certaine quantité de chlorure d'argent; elle est enveloppée d'une étoffe mince destinée à empêcher l'argeat réduit de se précipiter au fond du vase. Le tout est contenu dans une sorte d'étui en caoutchouc durci fermé par un bouchon à vis et rempli d'eau contenant 5 pour 100 environ de sel marin. Des crampons en argent fin V, V auxquels s'accrochent les lames Z et Y portent le courant au dehors. JK est un lien en caoutchouc qui rappelle celles-ci l'une contre

(1) L'élément eau salée, chlorure d'urgent et fer ou zinc'a été utilisé il y a près de trente ans par M. Becquerel dans ses recherches sur le traitement électro-chimique des minerais d'argent. (Voir Becquerel et Edm. Becquerel. Traité d'électricité, tome II, Paris, 1855.)— M. Marié-Davy a construit une pile zinc, eau pure et chlorure d'argent fondu. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, tome XLIX, 1859.) — M. Edm. Becquerel {Mémoire sur la pile voltaïque in A nnales du Conservatoire des arts et métiers, t. 1", page 295, 18C1) a déterminé la force électro-motrice d'un couple dans lequel la dépolarisation de l'électrode négative était obtenue par le chlorure d'argent précipité placé dans un di;iphragine de pile; il l'a trouvée un pe" inférieure à celle du couple à sulfate do cuivre, c'est-à-dire très-peu plus grande que la moitié de celle du couple à acide azotique.

Fie. 82. — Pile au chlorure d'argent.

« Lorsque l'élément est épuisé, il suffit de dévisser le couvercle et d'accrocher une nouvelle lame Y de chlorure d'argent, dont on peut se munir à l'avance. L'argent réduit étant recueilli intégralement, la dépense se réduit en définitive à la manipulation de «a transformation en chlorure.

« Cette pile offre l'avantage inappréciable de pouvoir rester montée et en place dans l'appareil, pendant un temps quelconque sans s'altérer, les actions chimiques qui déterminent la réduction du ihlorure d'argent ne s'opéranl que lorsque le circuit est fermé.'

« D'après les évaluations que nous avons relatées dans la note ci- dessu?, on voit que les deux éléments du chlorure d'argent qu'emploie M. Guiffe équivalent, au point de vue de la force électro-motrice, un élément de Bunsen .

« Enfin c'est une ressource précieuse au point de vue de la graduation

Cil AI'. IV. — DIÏS APPAREILS ÉLECTRO-MOTEURS.

des effets que de pouvoir employer à volonté un ou deux éléments, car ils sont indépendants l'un de l'autre.

La figure 82 montre l'ensemble de l'appareil ; il est tout entier contenu

dans la boîte AI3CD qu'une traverse saillante partage en deux parties : le premier compartiment renferme deux des éléments qui viennent d'être décrits L, L' serrés entre les parois de la boîle par des ressorts qui servent à établir les communications. Le second compartiment renferme la bobine M et les accessoires. A un bout de la bobine, se trouve le bouton R du tube graduateur, à l'autre le trembleur auquel M. Gaiffe a apporté une heureuse modification. Au lieu de faire le réglage par une vis, qui maniée par des mains inexpérimentées venait souvent forcer le ressort, on le réalise par l'intermédiaire d'un levier coudé P pouvant s'abaisser jusqu'en P'; dans celte dernière position, il sert de pédale pour la production des interruptions espacées, lorsqu'on vient avec le doigt à le faire porter momentanément sur la petite vis 0 (I). »

g. Trousse électrique de M. Trouvé. — « Les petites bobines d'induction construites par cet habile mécanicien sont de petits chefsd'œuvre d'ingéniosité et de précision. L'une de ces bobines est représentée en B dans la figure 83, en demi-grandeur. »

« Nous avons décrit plus haut l'interrupteur employé par M. Trouvé.

« Sa bobine se compose d'un fer doux formé par une feuille de tôle excessivement mince roulée en hélice, et entourée d'un tube de cuivre graduateur dont on voit la tûte en 0; le fil inducteur et le fil induit sont bout à bout; le premier forme 6 couches, le second 18.

« En Jet J'se placent les boutons des réophores.

— « En l'et J' on obtient l'extra-courant de deux couches. — « En 1' et 1 l'extra-courant complet.

— « En 1 et J le conduit induit seul. — « En I' et J l'ensemble des deux courants.

« Les interruptions isolées se font en interrompant à la main le contact entre la pile et un petit bouton que porte la bobine dans ce but.

Fjo

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