CHAPITRE III
Etude d'une Eésine provenant d’un Vase funéraire de l’ancienne Egypte.
Le 10 février 1910, le Directeur du Musée royal ethnographique de Berlin, M. von Luschan, écrivait à M. le professeur Tschirch, de Berne, pour le prier de bien vouloir continuer les recherches chimiques, quant à la résine funéraire, qu il lui avait fait parvenir précédemment, regrettant de ne pouvoir lui en envoyer davantage.
Lors d une visite rendue au mois de mai 1911 à M. le professeur Tschirch, celui-ci me demanda de poursuivre les études chimiques entreprises par un de ses élèves en 1909 et 1910, dont les résultats communiqués à M. von Luschan ne furent pas concluants.
Dores et déjà, je dois déclarer qu’il m’est presque impossible, vu cette petite quantité de matière première, d’obtenir des résultats complètement satisfaisants, raison pour laquelle j'ai dû parfois interrompre mes études chimiques, relatives à plusieurs corps, dont je ne pouvais préciser l’origine.
Cette résine provient d’un vase funéraire, ou Canope, dans lequel les Anciens avaient coutume de conserver les cendres des intestins du défunt, après son embaumement.
Ces vases richement ornés étaient déposés près des sarcophages, contenant les restes momifiés des grands hommes disparus. Cette masse résineuse est formée de morceaux bruns noirâtres, à face externe lisse, et à face interne matte, donnant une poudre brune noirâtre, dont l’odeur rappelle l’asphalte.
Elle se dissout en partie :
a) Dans l'éther, donnant une solution jaune brunâtre, fluorescente en bleu verdâtre avec un petit dépôt blanchâtre.
b) Dans l’alcool, on obtient une solution jaunâtre, fluorescente en bleu verdâtre formant un petit précipité blanc.
c) Dans le chloroforme, elle se dissout en majeure partie, donnant une solution brunâtre avec fluorescence gris verdâtre.
d) On obtient dans le benzol, où elle n’est pas complètement soluble, un soluté brun rougeâtre avec fluorescence verdâtre.
e) Bile n'est qu’en partie soluble dans jl’essence de térébenthine où elle forme un soluté jaunâtre avec fluorescence bleu verdâtre.
/') En partie soluble dans l’alcool méthylique, on obtient ainsi un soluté jaunâtre, fluorescent en bien verdâtre.
(/) Le sulfure de carbone la dissout en majeure partie, donnant un soluté rouge brunâtre fluorescent en vert.
h) L'alcool et l’éther, mélangés, la dissolvent en grande partie, donnant ries solutés limpides, brunâtres, avec fluorescence bleu verdâtre.
Une solution de. cette résine dans du sulfure de carbone, versée sur de l’acide sulfurique contenant quelques traces d’acide nitrique, provoque la formation d’un anneau rougeâtre, tout en colorant ensuite la couche acide en rouge violacé, réaction caractéristique au baume de Gurjun.
Une petite parcelle de cette résine, chauffée dans un tube à réactif, dégage des vapeurs jaunes blanchâtres très irritantes, déposant sur les paroL du récipient de petits cristaux jaunâtres, insolubles dans l'eau bouillante, ne donnant pas les réactions caractéristiques de l’acide cinnamique, preuve que le styrax ne lut pas utilisé dans la composition de cette résine.
Celle-ci colore, en s'y dissolvant, l'acide sulfurique en rouge brunâtre: à chaud, elle dégage des gaz d'acide sulfureux, qui nous permettent de présumer l’asphalte, ainsi que la présence de sulfites décelés en fondant cette ré sine avec de la potasse caustique, composition qui, désassociée parunacide provoque un dégagement d’hydrogène sulfureux.
Quant aux réactions caractéristiques de la myrrhe, du benjoin, du sandaraque, de la térébenthine, etc,, elles sont toutes négatives.
Ses solutions alcooliques, aqueuses et éthérées étant alcalines, nous ne pouvons prendre l'indice d’acidité et de saponification de cette résine, et nous l’extrayons premièrement avec de l’eau.