‹ De l'émigration des campagnesChapitre 4 sur 21 · AURE · texte numérisé non relu

AURE

proportion, puisqu'elle est aujourd’hui comme 1,000 est à 588.

Mais la population rurale relativement à l'importance de son chiffre a beaucoup moins profité que la population des villes (), et en constatant cette différence préjudiciable à l’agriculture, nous nous proposons d’en rechercher

les causes.

Avant tout, constatons que l'accroissement de notre population départementale est, depuis

longues années, continu et parfaitement régu-

() Toute proportion admise, puisque la population des villes qui s'élève à 437,118, s’est accrue de 22,940 habitants; celle des campagnes qui est de 743,022 aurait dû s’accroître de 39,204 au lieu de 24,253 habitants.

PA Er lier. Il y a de cela un demi-siècle, en 1806, le département du Nord renfermait 857,699 hab.

En 1841, ce nombre s'élevait à 1,085,298 h.

et donnait ainsi une augmentation de 247,599 habitants, soit dans ces trente-cinq années, une

moyenne de 7,077,

De 1841 à 1851, les 1,085,298 étant montés à 1,212,533 habitants, l'accroissement dans ces quinze dernières années, a été de 127,055 et la

moyenne de 8,470,

Enfin la dernière période quinquennale ayant donné ainsi que nous l'avons dit plus haut, une plus-value de 54,068, la moyenne obtenue est de 10,813.

On voit donc que ces trois moyennes sont à

peu près en rapport, toute proportion gardée

CA

entre les chiffres de la population inscrite aux

époques diverses dont nous venons de parler,

Cet accroissement qui nous frappe par sa régularité, est-il dû au déplacement des habitants appartenant à d’autres départements, ainsi que semble le croire M. de Lavergne? Nos recherches nous ont démontré que la cause n'était pas là : elle se trouve, en effet, dans l'excédent des naissances sur les décès pour les huit dixièmes, et pour le reste, en très grande partie, dans l'établissement des ouvriers et commerçants belges (”) au sein de nos popu-

lations.

(‘) En 1851, sur les 1,158,285 hab. du département, on comptait 80,876 étrangers, dont 717,674 belges. Il n’y en a que 128,104 dans toute la France.

Ainsi de 1856 à 1840, la statistique générale . publiée par le ministère du commerce, constate

que l’excédent des naissances sur les décès dans

LENS, Le 6 RER AE ET ne LS EE 42,442 De 1840 à 1845 qu'il a été de.... 40,966 Et de 1845 à 1850 de........ "TOR

Elle constate, en outre, que cet excédent dans les cinq dernières années qui nous occupent

plus particulièrement (1851-1536)

S'éleves a PeTE Gr L'AAUAE 45,838 () (9 Excédent de 1854 à "2e Re » 1852 25 ta SNS » CE RE EE » RE PPT A » SAS. se pe en EEE

2 ySmuEe Notre département, il faut le reconnaître, ne devrait donc pas être classé, ainsi qu'il l’a été par l'honorable membre de l'académie des sciences morales et politiques, parmi les régions qui ont beaucoup gagné, comme celle de la Seine, par suite des pertes que d’autres ont

éprouvées.

Reprenons maintenant la question au point où nous l'avons laissée, et examinons dans ses

détails le mouvement de la population.

Nous savons déjà que le département a gagné 54,068 habitants de 1851 à 1856 ; voyons d'abord quelle a été la part de chacun de nos

arrondissements dans cette plus-value générale?

La population de chaque arrondissement

2-68 20 s’est élevée pendant la dernière période quinquennale dans les proportions suivantes :

Différence en plus.

Lille de..... 371,156 à 404,279 33,113 h.

Douai: 02 101,109 » 106,155 5,046 Valenciennes 136,779 » 163,082 6,303 Avesnes .... 145,040 » 150,523 5,483 Cambrai.... 174,245 » 179,863 5,618 Dunkerque... 105,441 » 105,517 276

Tofd2F6 Te 99,849 h.

L’arrondissement d'Hazebrouck est descendu

En moins.

de...,.%.,2 104,915" 1059/5170

L’accroissement départemental, avons-nous dit, est de 54,068 habitants; cependant nous trouvons que celui de six arrondissements sur

sept (bà,849) lui est supérieur. Eans ce cas la

plus-value de la partie étant plus considérable que celle de l’entier lui-même, on doit croire tout naturellement qu'il y a erreur; mais un examen attentif fait connaître que dans ce total d'ensemble, on doit tenir compte également des différences en plus et en moins qui se produisent dans les détails, et que dès lors, ce, total étant de 55,849 habitants moins 1,781 doit être représenté par le chiffre... 34,068 h.

inscrit plus haut.

Notons ce fait, malgré son peu d'importance relative, parce qu'il se reproduira encore et qu'il expliquera par lui-même la possibilité de certains résultäts obtenus par les déplacements de la population à l’intérieur, résultats qui semblent au premier abord, inexacts à cause

de leur exagération.

Ainsi, nous venons de constater que le mou-

oi

vement, dans son ensemble , a été favorable à six de nos arrondissements et surtout à celui de Lille, le plus manufacturier de tous, qui a gagné comme nous voyons, les trois cinquièmes du bénéfice total (33,123 habitants sur 55,849); — La répartition de ces trois cinquièmes entre les populations urbaines et rurales de la circonscripuion, est plus inégale encore que celle qui à eu lieu entre les mêmes populations

dans tout le département.

Dans l'arrondissement de Lille qui renferme 19 agglomérations, la population qui était en

1851, de :

Population totale......... 371,156 hab.

— flottante scie 10,942 — municipale... 905,214

Cette dernière se subdivise en :

CE Je

Population urbaine ....... 163 — rurales. 1.1.7: 1096480

S’était élevée en 1856 à :

Population totale......... 404,279 hab.

—— floftante.0% 0200493504

— municipale..... 391,975 Cette dernière se subdivise en :

Population urbaine........ 190,716

— TÜrAReR A. | 29201:916

Différence :

Population totale: ........ 99,128 hab.

— flottante 7.7 2: 1,302

— municipale..... 91,761 Cette dernière se subdivise en :

Population urbaine....... sva182

— ruialosh.h:.iiis 4,061

La première pensée que suggérent les chiffres de ce tableau, c’est de les comparer à ceux que nous avons déjà présentés ct qui sont relatifs à l'accroissement des diverses parties de la population départementale. On remarque d’abord l'énorme disproportion, qui existe entre les populations urbaines et rurales de l'arrondis-

sement, comparées à celles du département.

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