CHAPITRE VIII
POPULATION
Eecenseuieut de 1880. — Races. — Djusité. — Accroissement.
L'accroissement considérable de la populalion de l'Empire uni à la force de son gouvernement et à l'ordre établi dans ses institutions, a assuré la prépondérance politique de l'Allemagne en Europe. Jamais le peuple allemand n'a été aussi riche qu'aujourd'hui, avec sa rapide augmentation numérique, avec la fécondité de ses familles. Les pays les plus peuplés sont les seuls dont les habitants ne meurent pas de faim périodiquement. La Saxe n'est-elle pas une des contrées les plus riches de l'Allemagne, avec ses 198 habitants par kilomètre carré, et peut-on la comparer à la Prusse orientale, avec ses 52 habitants pour la même superficie.
Au recensement de décembre 1880, la population de l'Empire atteignait le total de 45,234,061 habitants, parmi lesquels les Allemands figuraient pour 41,512,000, les Polonais pour 280,000, les Français pour 300,000, les Danois pour 150,000, les Lettons pour 150,000, les Wendes pour 137,000, les Tchèques pour 54,000 individus. On comptait 14,867,463 catholiques romains, soit 36.2 p. 100; 512,158 israélites, soit 1.25 p. 100. Sur 1,000 habitants, la populalion rurale pouvait être évaluée à 580 habitants et la population urbaine à 414 âmes.
En 1882, le classement de la population par profession pouvait se faire delà façon suivante : la production primitive ou primordiale (Urproduction), à savoir, l'exploitation agricole ou forestière, l'élevage
des besliaux et la pèche, luisait vivre, en y comprenant les femmes et les enfants, 1 9,225,155 individus; l'industrie, en y comprenant les mines, faisait vivre 16, 058, 0SO individus; le commerce et les transports, en y comprenant les hôteliers, faisait vivre i, 53 1,080 individus; l'armée comprenait 451,825 hommes, et avec les femmes et les enfants 542,282 individus; le nombre des fonctionnaires de l'Empire, des États, des provinces, des communes, des Églises et celui des personnes adonnées aux professions libérales s'élevaient à 597,322 personnes, et avec les femmes et les enfants à 1,080,700 âmes ; les personnes sans profession étaient au nombre de 1,022,223 et avec les membres des familles au nombre de 1,008,309 individus; les étudiants, apprentis, etc., se comptaient par 337,000; les professions non classées comprenaient 938,234 personnes, et les domestiques étaient au nombre de 1,321,921 individus.
Annuellement sur 1 ,000 habitants on compte en moyenne 8 mariages, 11 naissances, soit une naissance sur 25 habitants contre une sur 37 pour la France, enfin 30 décès.
La densité de la population s'élève pour l'Empire à 85 habitants par kilomètre carré contre 71 en France.
D'après les derniers recensements, pendant la période quinquennale de 1875 à 1880, la population de l'Empire a augmenté de 2,506,689 habitants, et celle de la Franco de 389,693 dans l'intervalle de cinq années, de 1876 à 1881. Six l'ois plus considérable en Allemagne qu'en France, l'accroissement annuel de la population atteint 1.1 i p. 100 chez les Allemands contre une proportion de 0.29 seulement chez les Français. Encore la part de l'émigration n'entre-t-elle pas en compte dans ce calcul, sans quoi l'accroissement naturel de la population en Allemagne s'élèverait davantage et équivaudrait au doublement du nombre actuel des habitants de l'Empire dans l'espace de 60 années. Ainsi une année dans l'autre la population de l'Empire allemand augmente de plus d'un demi-million d'habitants.
En cherchant à établir une relation entre l'accroissement de la population et le chiffre de l'émigration, on en arrive à conclure que l'émigration absorbe environ un quart de l'excédent des naissances.
Tableau faisant ressortir l'étendue de l'Empire et des États particuliers, leur population, sa densité et son augmentation annuelle.