‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 175 sur 213 · LIVRE ni, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE ni, CHAP. 2, DU CORAN

Cela sîgnifie-t-il que le Coran eût réellement place dans le ciel un paradis matériel, un mauvais Heu de joies terrestres? Le mot de Napoléon y est contraire, tout autantque ce verset du Coran même, que Ton dirait ëcrit tout exprès : «Parmi les versets qui composent ce livre , les uns sont fermement établis et contiennent des préceptes; ils sont la base du livre. Les autres sont allégoriques » (cb. 3, vers. 5).

Toutefois nous admettrons, si Ton veut, un paradis islamique avec des houris matérielles , dont les yeux noirs n'auront pas sans doute resplendi des mêmes feux, pour les Arabes et pour les Turcs. Il n'y a pas là , au fond , de quoi imprimer à la religion de Mabomet, un grand caractère de protestation matérialiste. Les jouissances de la vie à venir, par cela seul qu'elles n'appartiennent pas à la vie présente , excluent suffisamment la sensualité bumaine. Le spiritualisme d'une croyance ne consiste pas, dans la nature plus ou moins métapbysique des biens de l'autre monde ; il est tout entier dans le sacrifice des cboses d'ici bas. Ce serait un matérialisme par trop inconséquent ;

réflexion et de sagesse^ qu'elles dussent aboutir au par^-r dîs des Houns.

le matërialisme qui aspirerait au ciel en vue des joîes de la terre, et qui commencerait par les abdiquer sur une promesse divine! ce serait un spiritualisme surhumain; le spiritualisme qui n'imaginerait rien de Thomme, dansJes récompenses de Dieu. La conception d'un paradis peut bien être la mesure intellectuelle de son auteur, la juste mesure surtout de l'intelligence de ceux auxquels la chose est destinée. Mais cette conception , quelqu'elle soit, subordonne nécessairement la terre au ciel, la matière àTesprit. A ce titre seul, la religion du prophète n'aurait donc jamais rendu prééminent, ce qui était secondaire et comme voilé dans le dogme chrétien, LA RÉHABILITATION DE LA CHAIR. Ce n'est pas un paradis quelconque dans le ciel qui pourrait jamais justifier l'islamisme sensuel de M. d'Eichtal. Il ne faudrait rien m oins qu'un paradis réalisé sur la terre , par la possession de V Egypte et de Y Asie-Mineure , de YEuphrate et du Bosphore. Et sur l'entraînement de quelques phrases saint-simoniennes, nous ne voulons pas croire qu'un écrivain penseur, comme M. d'Eichtal, ait fait une injure trop gratuite au génie profondément religieux de Mahomet.

Aussi bien Fauteur estime- t-îl, après tout, rOrîent de plus en plus christianisé par cet is*

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