‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 183 sur 213 · LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN

égard ; il n'a polat de règle , bonne ni mauvaise, pour discerner la vërilé de Terreur, Vislam du Coran de l'islamisme du premier venu. Moseilama s'érige-t-il en prophète d'une tribu puissante de l'Arabie, et propose-t-il à Mabomet un compte àrdemi dans Tapostolat de l'Islam; celui-ci ne trouve rien à lui répondre, si ce n'est : (( Mabomet , apôtre de Dieu , à Moseilama le % menteur. — La terre appartient à Dieu ; il la « donne pour beritage à celui de ses serviteurs « qu'il trouve à propos, et l'heureux succès acte compagnera ceux qui le craignent. » Il est vrai qu'une sanglante bataille, où Moseilama périt avec dix mille menteurs comme lui, supplée bientôt à la lettre de Mahomet. Après la mort du prophète ; un doute vient-il agiter ses disciples, au sujet de sa résurrection. Omar convoque une assemblée, tire sou sabre, et jure de frapper celui qui désormais se prononcera pour ou contre l'apothéose.

Ni le dogme ni la loi n'ont apporté de changement véritable, à cet état de choses. Imam&, docteurs, oulémas y étaient impuissans en effet. Le Coran , en y comprenant la Sounna; le Coran n'avait donné autorité suffisante à personne. Le dogme et la loi sont excellens, pour ceux qui croient et obéissent. Mais ceux-là qui protestent

et résistent; quel pouvoir dogmatique et lëgal, daos rislam, aura droit de les condamner? Mahomet avait bien dit : « Les lettres et les non lettres doivent-ils être mis au même niveau ? Soyei soumis ik Dieu, à son prophète, et à VOul-ul- Emr. » C*est même toute l'institution (i) des oulëmas. Pourtant ces deux textes ensemble ne sont guère qu'une négation. Mahomet, qui ne voulait pas de la science pour juge du livre de Dieu , se trouve après tout oblige de la placer au-dessus de Tignorance. Le prophète, qui ne voulait d autorité que le Coran et ses préceptes divins, est amène par la force des choses, à exr dure la rëvolte humaine. Toutefois, quelles seront expressément les prérogatives de la science islamique? Quelle compëtence dogmatique et légale attribue positivement aux docteurs, la soumission recommandée par le prophète ? Cette soumission à la science doit - elle aller, jusqu'à la faire juge des diçisions corassiques? Mahomet ne l'a pas dit, ni dans X^Sounna ni ailleurs ; il n'avait garde de le dire. C'est que le Coran avait juge une fois pour toutes, et

(i) 11 faut remarquer que ces textes ne sont point dans le Coran ; ils ne sont qu'une tradition recueillie dans la Sounna.

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