‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 67 sur 213 · LIVRE TI, CHAP. 4« I>£ Î^A MORALE. iSg · texte numérisé non relu

LIVRE TI, CHAP. 4« I>£ Î^A MORALE. iSg

d'acquérir les choses nécessaires il sa subsistance, offre à l'homme plusieurs carrières, les unes plus excellentes que les autres. Elles forment quatre classes générales, selon Tordre de leur prééminence aux yeux de la religion, savoir:

1^ L'art militaire , état qui a pour objet la défense et la propagation de la foi.

2» Le commerce , profession chérie el estimée par le prophète qui a dit: ie commerçant droit et juste est au rang des âmes les plus éleçées par la piété.

.3^ L'agriculture, également distinguée e( encouragée par ces mots de Tapôtre céleste: l'agriculteur est récompensé par son dieu.

Et 4^ Les différens arts et métieis, qui ne composent qu'une classe, et qui sont également recommandés à l'homme, surtout «i l'indigent, par ces paroles sacrées : le travail, l'art, l'industrie, garantissent l'homme de la pauvreté.

Tout homme est obligé de se procurer, par le travail, le nécessaire pour soi, pour l'entretien de sa famille , et pour satisfaire à ses dettes religieuses et ci viles. Il convient ensuite d'acquérir même du superflu pour se mettre en état de soulager les pauvres, et siu*tout d'assister ceux de ses parens et de %t% proches qui languissent dans l'indigence.

Ces actes d'humanité sont recommandés par le prophète en ces termes : he peuple est la famille de Dieu sur la terre ; et le fidèle le plus chéri à ses yeux, est celui qui est le plus utile à cette famille.

Il est enfin permis d'augmenter ses profits et sa for-

l6o DE LA BELIGION, DOGME ET LOI.

tune f afin de pouvoir ajouter à une vie déjà aisée et commode, quelques agrémens extérieurs.

Rien de plus odieux que des trésors amassés par des voies malhonnêtes et injustes, et que l'emploi des biens à des objets de luxe, d'ostentation et de volupté ; quand même ces biens seraient légitimement acqub.

Voici la menace du prophète contre ces vicieux et mauvais riches : Cebd qui accumule les biens de la terre dans un esprit de çanité ou de çolupté, trouvera Dieu à son approche plein d'ire et de oengeance.

L'homme de bien qui gagne sa subsistance dans la crainte du Seigneur, doit éviter les extrêmes : il doit se tenir dans un juste milieu entre la profusion et une économie sordide pour soi ou pour sa famille. Entin, si un homme manque absolument de moyens pour gagner sa vie, il doit alors mendier plutôt que de s'exposer à mourir de faim.

Ce n'est cependant qu'à la dernière extrémité qu'il doit prendre ce parti affligeant. C'est ainsi que pensait l'apôtre céleste, lorsqu'il disait : La mendicité doit être la dernière ressource de lliomme. Réduit à cet état, on ne doit j attacher aucune idée de honte ni de déshonneur; attendu que plusieurs prophètes ont été dans le cas de mendier leur subsistance.. Le coriphée des saints personnages, Mohammed lui-même, ne se vit-il pas un jour obligé de recourir k la table d'un de ses disciples?

BE LA CHAlirrÉ.

Il est de précepte divin , et par-là d'une obligation absolue pour tout fidèle, de faire la charité aux pauvres,

Page 1