DE LA PUDEUR
Les lois de la pudeur défendent à tout musulman de jeter les yeux sur certaines parties du corps , soit de l'homme , soit de la femme , à moins d'une nécessité indispensable.
Hors de tout ce que la pudeur doit couvrir d'un voile épais , l'homme peut regarder l'homme , et là femme peut regarder la femme ; mais si leur imagination vient à s'égarer, ils doivent aussitôt fermer les yeux pour ne pas exposer leur cœur aux dangers de la L II
iGa DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.
tenUtioD. L'homme cepeodaDt ue pëcke pas, s'i) voit à dëcoavert sa femme ou son esclave légitime.
11 est néanmoios de la décence de détourner les regards de certaine partie du corps. Aiôcké avoua ellemême s^èire lavée souvent au bain avec le prophète son mari , tous deux se servant de Feau de la même urne ; mais satis que ni Vun ni l'autre, disait-eUe, nous nous fussions jamais ous. Voici d'ailleurs ce que le prophète ordonne : Lorsque couscous approchez de oos femmes ^ comrcTriHïus Vun et Vautre, autant qu'il oous est posdble , car les regards alors éneroent Vâme et en affaiblissent les facultés (i).
Malgré les droits légitimes qu'un patron a sur ses esclaves, il est tenu aux mêmes réserves. On sait qu'il peut avoir commerce avec elles , quand même il serait marié avec quatre femmes de eondltion libre. Cette loi en faveur des patrons est appuyée sur Fexemple de notre saint prophète, qui , quoique marié à plusieurs femmes, habitait aussi avec ses esclaves. Ibrahim fut le fruit de son commerce avec Meryem.
Il n'est pas interdit au musulman de regarder sa fille, sa sœur, sa tante, enfin toute proche parente ^ mahhrem, qui serait k un degré prohibé pour fe mariage, lorsqu'elles sont vêtues décemment.
A moins d'être très -proches parens, iï est délendii aux femmes de se montrer aux hommes, et aux hommes de regarder les femmes.
L'homme ne doit jamais toucker la main, moins encore le visage d'une femme.
(i) Il y a loia <le là, comme Ton voit, à tout ce qu^on a imagiaé sur le harem islamique.
UYR£ il, CttAP. 4« ^£ l'A MOKALE. l63
Les femmes ne peuveoi entreprendre aucun Toyage, sans être dans la compagiiie ei sous la garde de leurs cpoux , ou d'un proche parent. Les esclaves y sont également obligées.
Un esclave ne doit jaioais se permettre de voir le visage de sa maîtresse. Les eunuques, Itoussa^ et même ceux qui sont entièrement mutilés^ mêdjhboubf ne doivent jamais avoir aucune fréquentation avec les fem • mes.
Enfin les hommes eux-mêmes doivent être scrupuleusement attentifs à ne se permettre jamais entre eux, rien de contraire aux lois de la chasteté et de la pudeur;
UES nEYOlRS DE SOCIÉTÉ;
I>ans les occasions de joie ou de tristesse , les é* déles doivent s'embrasser en signe d'amitié et d'union fraternelle.
Les fidèles doivent aussi se toucher la main en signe de cordialité et de tendresse.
L'homme d'un état inférieur doit se lever pour f ccevoir l'homme d'un état supérieur; mais ceux d'ane condition égale ne doivent jamais se lèveriez uns pour les antres , moins encore pour leurs subalternes* Le respect dû à la science et â l'érudition, doit toujours placer les savans et les hommes de lettres au-dessu« des ignorans , quand même ceux-ci seraient courbés sous le poids de l'âge.
Le prophète lui-même en a donné l'exemple : il
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l'ordonne encore par ces paroles ; Us lettrés et les non lettrés dohent-ils donc être mis au même niçeau (i)?
11 faat cependant respecter larieiilesse; et les jeunes gens doivent baiser la main des vieillards, comme les inférieurs celle de leurs supérieurs.
DES DEVOIRS DE BIENSÉANCE ET d'HONNÉTETÉ.
Les fidèles sont tenus à des égards entre eux : ils doivent se traiter avec civilité , honnêteté et bonté , sans toutefois se permettre jamais ni bassesse, ni faiblesse, ni aucun excès de complaisance.
Des procédés humbles et soumis ne conviennent dans Tordre civil, suivant la parole du prophète, qu'aux disciples envers leurs maîtres , qu'aux enfans envers leurs parens, qu'aux esclaves envers leurs patrons.
Les mauvais traitemens sont interdits aux fidèles ^ les uns envers les autres : il ne lenr est pas permis non plus d'en user autrement, à l'égard des sujets tributaires qui n'admettent pas la doctrine de notre saint prophète,' mais il ne convient pas aux musulmans de les saluer les premiers, attendu la supériorité de leur condition, et l'excellence de leur culte.
A moins que la nécessité des circonstances ou des rapports d'intérêt ne l'exigent; alors cette conduite serait excusable.
Ils ne peuvent même leur rendre le salut de pair que par le mot Xaléik'um, Cependant il est permise
(i) Les lettrés sont les oulémas. G^est donc Tinégalité de Fa science <p]Vtablît le prophète, et pas antre chose.
LIYR£ II, GHAP. /^^ BV, LA BIOBALE. l65
toat fidèle d aller voir oa de visiter un non musulman , surtout sMl est malade.
Il est permis au musulman de faire des vœux pour un infidèle, c'est-à-dire, de prie|r Dieu pour sa conversion, mais jamais d'implorer sur lui sa miséri*corde (i).
L'humanité prescrit aux mahres de ne pas maltraiter, sans raison, leurs esclaves; ce serait pécher contre la nature que de les rendre plus malheureux encore , et d'aggraver leur joug en les chargeant de chahies.
Si l'on est forcé d'en venir à ces extrémités , il ne faut employer que des chaînes très-légères.
Enfin les hommes doivent être bienfaisans. Ils doivent s'entre-aider, se secourir mutuellement, avec charité, avec amitié, et sans aucune vue d'intérêt, même lorsqu'ils prêtent de l'argent, parce que tout intérêt est proscrit par l'islamisme.
DE L'OBUGATION POUR TOUT MUSULMAN SE FUIR LE VICE ET DE PRATIQUER LA VERTU.
- Il est d'une obligation indispensable pour le fidèle de pratiquer la vertu, et d'éviter le vice , c'est-à-dire, tout ce qui est contre la religion, la loi, l'humanité, les bonnes mœurs et les devoirs de la société. 11 doit surtout garantir son esprit et son cœur de la rusé, du
(i) La croyance de risiam ëtant dogmatiquement nécessaire au sallit, la loi ne pouvait pas faire davantage. Mais nons nous trom* pons beaucoup, si Ton peut trouver en de pareilles dispositions la preuve du fanatisme que l'on accuse et que l*on exagère depuis si longtemps!
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meoioage, de la censure, de la médisance, des injures et des imprécations contre le prochain.
Parmi les vices qui déshonorent Thomanité, on doit comprendre encore la mutilation , musslé, et les stigmates, 6ckem, soit att visage , soit aux bras , soit aux jambes ou dans toute autre partie du corps.
On ne doit jamais mutiler ni défigurer aucun homme, aucun esclave, aucun captif. On ne peut se permettre de couper que les animaux : il est mène blâmable pour àts musulmans, de se faire servir par des eunuques (i). Quant aux stigmates , aucun fidèle ne doit ignorer ces paroles an prophète : Dieu a nutmik et Us stigmates et les faux ehei?euT, dam ceux ftii ai font commerce comme dans ceux qm enfomt usage,