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la plus haute donnée de l'esprit humain, la seule donnée qui puisse satisfaire au problème religieux de l'humanité. On peut opposer la raison aux dogmes, et à Dieu peut-être. Mais une religion sans église ; cela ne se comprend pas. Ce n'est point au-dessus de la raison ; c'est au-dessous. Une religion dont personne sur la la terre, ne peut dire souverainement où elle est, en quoi elle consiste ; ce n'est pas une religion. C'est tout ce qu'on veut, en fait de croyance ; c'est toutes les croyances à la fois peut-être, mais ce n'en est pas une seule que l'on puisse exprimer. C'est à l'Eglise particulièrement que revient le mot de Voltaire ; si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer.
C'est pourquoi nous n'hésitons pas à dire, que le Coran ne mérite point sa réputation, L'état actuel de l'Orient ne prouve rien. C'est le même principe de protestantisme, qui a amené une stagnation générale chez les peuples de l'islam, un mouvement désordonné dans l'Amérique du nord, et une partie de la législation en Angleterre. Habent sua fata libelli. La Bible et le Coran ont agi sur des peuples placés dans des milieux dift'érens ; et voilà tout. Les résultats apparaissent aujourd'hui, dans une opposition si complète, qu'il est peut-être difficile de reconr
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naître l'identité des causes. Essayons pourtant. Et d'abord uous savons bien que le Coran a toujours occupé plus de place, chez les Croyans; que la Bible chez les Dissidens, émigrés ou non, de la Grande-Bretagne. Maïs il n'y avait pas moins, des deux parts, la même tendance religieuse à régenter exclusivement la vie humaine. Il est fort aisé de dire à présent, en plein dix -neuvième siècle, que le protestantisme et les cultes religieux sans Eglise souveraine, sont tolérans de nature, modérés d'action. La chose est d'autant plus commode, que de pareilles religions , pour nous servir d'un mot impropre , n'ont guère pu se faire juger à l'œuvre dans le monde, autrement qu'en faisant de nécessité vertu. Toutefois celles qui ont eu cette bonne fortune, doivent témoigner pour les autres.
Les puritains d'Angleterre, les chercheurs d'esprit comme Cromwel , étaient - ils tolérans et modérés? Nousne parlons pas de ces Communautés entretenues, en chambre ou en appartement, qui ne sauraient témoigner que de leur dégradation impuissante ; qui n'ont pas même de nom , si ce n'est le nom de la rue où elles protestent violemment de leur néant. Les méthodistes anglais dont M. Pritchard est le type fidèle aujourd'hui, montrent -ils beaucoup de
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tolérance et de réserve ? Les purs luthériens de la Prusse , en ont-ils montré davantage à l'archevêque de Cologne, dans la citadelle deSpandau? Où s'est trouvé, de tout temps, le prosélytisme le plus immodéré et le plus envahissant; chez les missionnaires du catholicisme ou ceux du protestantisme ? Il n'y a pas jusqu'au déisme philosophique, que Ton ne cite fort mal à propos. Ce n'est pas le déisme qui est tolérant, qui laisse faire et laisse passer; "c'est la philosophie. Voyez le déisme barbare ! 11 est capable de tout, dans sa fureur. 11 met à mort , sans merci , tout impie qui n'adore pas ses fétiches. C'est la barbarie sans doute, qu'il en faut accuser. Cependant, que Ton y regarde! Les peuples à l'état de barbarie, ne sont pas féroces de tout point. Sur l'article de leur croyance plus ou moins théiste; ils vont de plain-pied k, toutes les fureurs, à toutes les atrocités. Et ajoutons que la philosophie ne montre le déisme, qu'à la condition d'un théorème plus ou moins exact. Montrer ainsi Dieu, c'est l'annuler. Ce n'est plus une croyance qui échauffe le cœur et la tête , ce n'est pas même une solution qui satisfasse ; c'est le vide d'une formule. Avec l'Eglise souveraine, la barbarie religieuse même vit sous une règle et une discipline qu\
la peuvent contenir; car l'Eglise sait ce qu'elle veut. Sans gouvernement religieux; l'ignorance naturellement exalte la crédulité, et la croyance ne se connaît plus de limite. D'où il suit au moins qu'il ne faut pas trop se révolter à l'idée, que le protestantisme islamique ait pu, comme un autre, se montrer tout d'abord intolérant ou envahissant, et amener enfin ce que nous voyons. Ceci posé, il reste à expliquer comment un principe identique a porté en effet, chez les nations que nous avons nommées, des fruits si différens. Il n'y a que deux principes féconds dans le monde.; la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle. Par tout pays, dans tout milieu social, barbare ou civilisé, l'humanité n'a que .deux formes vitales et puissantes ; la Religion et la Loi. Le protestantisme est donc condamné à se féconder du principe de la souveraineté spirituelle, ou du principe de la souveraineté temporelle ; à se faire religion ou loi. Il réussit quelquefois à exploiter les deux principes ensemble, et parvient à se faire une existence quasi-religieuse et quasi-légale. C'est à quoi il est parvenu en Angleterre , et c'a été sa meilleure chance connue. Le protestantisme n'a pas eu de mal à y prendre de l'autorité spirituelle, ce qu'il lui en fallait à la rigueur, pour se