LIVUÊ IH, CHAP. 2, DU CORAN
dijtparu que deviendra l'Islam ? C'est la pensé* qui tourmente la vieillesse de Mahomet, qui agite visiblement les compagnons de sa fortune prophétique. C'est alors que Mahomet s'épuise à chercher hors de son livre protestant, quelque moyen terme fécond qui relie la terre au ciel, l'homme à Dieu. La science qu'il avait accusée, il lui rend hommage» Les docteurs qu'il avait dégradés, il les réhabilite. Ses disciples recueillent ses moindres paroles. Et le prophète qui n'avait point voulu de mischna , en laisse, sans le «avoir, l'équivalent dans hSounna. Et quand sa fin approche; on l'entoure, on le presse de s'expliquer. Il nomme un lieutenant (kalifé).. Il l'investit lui-même de toute l'autorité de l'Islam. Cependant, la prophétie manquera; Et qu'est-ce que l'autorité de l'Islam, sans la prophétie? Mais le prophète ne voit que son livre, qui puisse aider à cette autorité. Oh! si le verbe divin qui y est enfermé, pouvait s'en échapper et survivre ! Le kaliphat aurait un fondement spirituel au moins; et l'Eglise, en proclamant que son royaume n'est pas de ce monde, amènerait l'Etat peut-être. Mahomet ne le voudra jamais. L'esprit divin dans l'Islam, c'est la prophétie continuée ou l'Eglise instituée ; c'est l'abolition de l'Islam.
La dernière concession du dernier des prophètes, sera la bizarre assurance d'un kaliphat qui doit durer trente années. Ce n'est pas, qu'on l'entende bien, un nouveau principe dans le Coran. Ce n'est ni le sacerdoce ni la prophétie. Ce n'est qu'une recommandation moitié religieuse, moitié légale; et viagère encore. Ce n'est qu'une apostille du prophète, en faveur de ses principaux disciples, auprès des Croyans de l'islam ; apostille d'un mourant qui doit les aider à vivre. Et pour que l'on n'en abuse pas, Mahomet aura grand soin d'ajouter qu'après ce terme fixé de trente ans; il n'y. aura plus qu'il- Surpation et tyrannie sur la terre. Il précipite du même coup, l'autorité qu'il vient de relever. Et cela ne lui suffit point. Comme si une autorité quelconque , avec trente ans de vie , lui paraissait trop dangereuse pour le règne de son livre; comme si le prophète regrettait déjà ce qu'il vient d'accorder à l'obsession; il pousse contre le kaliphat même , ce dernier cri d'agonisant : « Toute loi nouvelle est une innovation; toute innovation est un égarement, et tout égarement conduit au feu éternel. »
C'est ainsi que meurt Mahomet, s'en prenant à la volonté de l'homme et aux -passions de la terre, de l'impuissance de son Dieu et du