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minces feuilles d’or ; mais l’or potable était également obtenu par voie chimique au moyen d'huile essentielle de romarin sur laquelle faisait agir de l’or dissout dans l’eau régale ; ce n'est pourtant qu’à partir de la découverte de BREDIG, que la préparation des colloïdes métalliques entra dans une voie féconde : on sait en quoi consiste l’expérience de BREDIG : deux fils d’or d'un millimètre de diamètre sont plongés dans de l'eau sodée : un courant de 5 à 10 ampères sous une tension de 30 à 110 volts les traversant, les électrodes étant alternativement écartés et rapprochés lun de l’autre, il se produit au moment de da rupture un petit arc, qui pulvérise et projette sous l’eau qui l'entoure une petite quantité d’or ; au bout d’un certain temps, le liquide se co'ore en rouge violacé ; examiné au microscope, ii montre une quantité de micelles, animées de mouvements browniens.
Cette expérience a servi de point de départ à la construction de dispositifs perfectionnés, qui permettent la production régulière des différents métaux colloidaux.
On prépare aussi ces derniers par la voie chimique : landis que la méthode de l'arc électrique divise et pulvérise le métal, pris à l’état solide, les méthodes chimiques utilisent les molécules dissoutes et, par une série d’actions et de réactions les condense en des particules micellaires ; on utilise soit des aoubles décompositions, comme dans la préparation de Ja silicile colloïdale au moyen de l'acide chlorhydrique agissant sur le silicate de soude, soit la réduction en traitant par exemple le nitrate d'argent par le citrate ferreux : les colioïides métalliques obtenus par la voie physique diffèrent par quelques-unes de leurs propriétés des colloïdes à préparation chimique : ils présentent cet avantage d’être à grains plus petits, mais ils sont facilement détruits par une température supérieure à 65° et leur stabilité est faible, tandis que les colloïdes métalliques sont plus résislants,
Propriétés des colloides métalliques
Les colloïides métalliques possèdent un certain nombre de propriétés, qui leur cenfèrent et expliquent leur pouvoir thérapeutique :
1° Action fermentative. — Parmi les colloïdes métalliques, quelques-uns exercent les actions catalytiques fort nettes, analogues à celles des ferments organiques ; c’est ainsi que le platine colloïdal, préparé par la méthode électrique, aécompose l’eau oxygénée, accélère et augmente notablement l'oxydaticn de la teinture de gaïac, de naphtol, de l’indigo, etc. ; tout comme les ferments organiques, il est paralysé dans son activité par la présence de substances toxiques telles que l’oxyde de carbone, de cyanure de potassium ; c’est également à doses infinitésimales qu'il agit, puisque à une dilution de a li peut catalvser des quantités d’eau oxygénée plusieurs millions de fois plus grandes ; or, c’est l’existence de ces propriétés communes aux ferments et aux colloïdes métalliques, qui a donné naissance à l’appellation de ferments anorganiques (BRE- DIG) ou de ferments métalliques (ROBIN) ; il faut cependant remarquer que ces propriétés catalytiques ne sont pas possédées par tous les colloïdes métalliques : elles n’appartiennent, en effet, qu’au platine colloïdal et qu’à l’argent colloïdal, n’existe d'autre part aucun autre fait qui permette de poursuivre plus loin l'assimilation qu’on a tenté d’établir entre ces deux groupes de substances.
2° Pouvoir antiseptique. — Admis sans conteste autrefois, on le met en doute aujourd’hui ; or, il y a lieu de distinguer son pouvoir antiseptique local, de son action antimicrobienne, anti-infectieuse, générale, sur la maladie infectieuse ; dans le premier cas, le pouvoir antiseptique est direct et s'exerce sur les bactéries sans aucun intermédiaire ; dans Île
second, il ne se manifeste qu’en mettant en jeu des réactions de défense, propres à l’organisme, nous n'étudierons ici que le pouvoir antiseptique local, ou pouvoir bactéricide.
Il est variable suivant l’espèce métallique ; celui de l'or est nul, tandis que celui de l’argent est fort net : d’après Mou- NIER-VINARD et CHIVIÉ, un milieu de cullure qui contient
— d'argent colloïdal reste stérile pour le pneumocoque ; 50,000 <
‘argent colloïdal s’est révélé également bactéricide pour
‘Eberth, le coli-bacille, le staphylocoque et le pyo-cyanique ; … “ il x h «
le mercure collcidal à __ , d’après STODEL, empêche le
développement des cultures ; l’iode colloïdal in vitro et in vivo est un excellent bactéricide du gonocoque. Il y a lieu de remarquer que le pouvoir antiseptique d'un même colloïde métallique dépend de sa constitution physique : tandis que l'argent colloïdal à petits grains est antiseptique, l’argent colloïdal à gros grains ne l’est pas ; comment s'exerce cette action antiseptique ? I est probable que nombreux sont les facteurs qui entrent en jeu ; on a nié qu’elle se fasse sentir directement sur les bactéries ; or, si nous comparons les bactéries à des micelles en suspension dans un liquide, si nous rappelons que deux colloïdes de même signe floculent, nous devons admettre que les métaux colloïdaux dont la charge esl négative, doivent précipiter les corps bactériens ; c’est en effet ce qui arrive quand les cultures bactériennes sont faites en milieu acide ; d'autre part, la présence des colloïdes métalliques ne peut qu'exercer une influence qui s'avère défavorable, sur la vitalité des bactéries ; enfin, elle s'étend aux toxines bactériennes dont elle diminue la toxicité : l’argent colloïdal préserverait le lapin, d'après FOA et AGGAZZOTI, contre des doses de toxines diphtéritique et tétanique douze fois supérieures à la dose mortelle ; LEFEVRE et ARRIC ont démontré qu’in vitro les mêmes toxines étaient très sensibles à l’action des colloïdes de manganèse et de fer et que la staphylotoxine perdait sa toxicité en présence du manganèse colloïdal ; l’iode colloïdal, suivant les constatations du Professeur-Docteur Amédée PuGNAT, serait très actif contre le bacille de LOEFFLER. I semble donc légilime d'admettre que certains colloïdes métalliques, en particulier l'argent colloïdal, jouissent de propriétés bactéricides et antitoxiques vis-à-vis de certaines espèces bactériennes : te! n'est pas l'avis de tous : c’est ainsi que KOPACZEWSKI, dans un
livre fort intéressant du reste, publié cette année même, écrit : « En résumé, l'action antiseptique des métaux, à l'état colloïdal, » envisagée dans le cas courant du terme est, plus que problé- » malique » ; mais cette opinion, malgré l'autorité de son auteur, ne paraît pas être légitime, si l’on lient compte d’une roticn, celle de la spécificité des colloïdes : au début de l'étude des colloides métalliques on croyait à l’unité des propriétés de ceux-ci ; mais en 1908 déjà, STODEL démontrait que le mercure colloïdal conservait les propriétés du mercure chimique; depuis lors, il a été reconnu que les différentes préparations colloïdales métalliques conservaient les propriétés spécifiques des métaux correspondants et exerçaient des actions thérapeutiques distinetes; il n’en saurait être autrement pour la raison que le liquide intermicellaire contient des quantités, faible il est vrai, de métal, libre pour cette autre raison aussi que l’état colloïdal ne survit pas longtemps au contact des tissus ; très vite la floculation se produit ; ce fait a été constaté par FoA et AGGAZZOTI, Quand on injecte sous la peau des colloïdes métalliques ; il est probable qu'il en est de même avec les injections intra-veineuses et il est certain que la floculation se produit, lorsque le colloïde est mis en présence d’une muqueuse ou de ses sécrétions ; on peut alors se demander à quoi sert l’état coiloïdal, puisqu'il est en somme éphémère ? Aussi, KOPACZEWSKY a-t-il pu écrire avec toutes les apparences de la raison « ou bien on «a en vue » l’action spécifique chimique du métal dispersé ; alors t » n'est nul besoin de recourir aux préparalions colloidales ; » les formes salines bien étudiées dans leur posologie et dans » leurs effets curatifs sont amplement sufjisantes » ; cette remarque est théoriquement juste ; du point de vue pratique, elle ne l’est plus ; à ne considérer, en effet, les choses que sous l'angle de la physique et de la chimie, l’idée de KOPACZEWSKY est légitime ; elle ne l’est plus si l’on se réfère aux résultats de lexpérience clinique : comment et pourquoi largent colloïdal, par exemple, s'est-il révélé dans le traitement de la conjonctivite blennorrhagique et de certaines rératites, très supérieur aux sels d'argent ordinairement employés? Si lopinion de KOPACZEWKY était fondée, nous ne devrions constater aucune différence d'action thérapeutique entre l'argent non colloïdal et l'argent colloïdal; or, nous observons chaque jour la supériorité de ce dernier et nous croyons pouvoir l’attribuer au fait que les préparations colloïdales ne sont ni caustiques, ni irritantes, qu’elles ne lèsent pas les tissus ; tandis que les solutions de
nitrate d’argent ont un effet destructif sur les couches superficielles des muqueuses, les préparations co’loïdales d'argent ne manifestent aucun effet semblable ; l’iode en solution alcoolique exerce une action caustique, qui en limite et même l'interdit, quand il s’agit de traiter les muqueuses, alors l’iode colloïdal a un pouvoir antiseptique égal à celui de l’iode en solution alcoolique, mais qui se manifeste sans action irritante, même pour des muqueuses sensibles, telles que la pituitaire ; c’est pourquoi il est indiqué dans de nombreux cas, de préférer les préparations colloïdales, d’un métal où d’un métalloiïde aux solutions de ‘ses sels ; à pouvoir antiseptique égal, ou supérieur, les colloïdes métalliques présentent cet avantage de ne pas nuire aux tissus.
3° Action locale sur les tissus. — Non seulement, ils ne nuisent pas, mais encore ils exercent une action modificatrice sur les plaies, dont les sécrétions se tarissent et dont l’oédème diminue à leur contact ; ils possèdent, en cutre, un pouvoir de cicatrisation des plus remarquables, qui se manifeste notamment, quand une plaie restée longtemps atone et avant résisté à tous les traitements marche à Ia cicatrisation dès qu'elle est soignée par les colloïdes métalliques, en particulier par l’argent colloïdal ; cette propriété d’actionner la cicatrisation est peut-être due au fait que les coloïdes métalliques neutralisent les toxines microbiennes ; or, il est incontestable que ces dernières ont sur les tissus une influence défavorable.
4° Actions générales. — Introduits dans l’organisme par les voies sous-cutanées (musculaire où intra-veineux), les colloïides métalliques produisent des acticns multiples et des phénomènes dont l'intensité est d'autant plus grande que les micelles sont plus volumineuses et que la voie d'introduction a été plus directe ; sous leur forme la plus grave, les phénomènes réactionnels qui succèdent à l'introduction brusque d'un colloïide étranger dans le torrent circulatoire ont recu le nom de phénomènes de choc ; ils consistent, par exemple chez ie cobaye, d’abord en un état d'inquiétude, suivi de l'émission d'urine et de matières fécales ; puis l'animal entre en convulsion tandis que sa pression sanguine et sa température s’abaissent ; tantôt il se remet peu à peu, tantôt il meurt, comme foudroyé, à l’autopsie on constate de l’emphysème pulmonaire, des suffusions sanguines dans les poumons, un cœur gorgé de sang, tous les vaisseaux capillaires distendus au maximum ;
rio ;
en s’est demandé quel était le mécanisme du choc ? Il résulte vraisemblablement de la mise en train de nombreux facteurs ; l'arrivée soudaine d'un colloïde étranger à l’organisme provoque, en effet, un désarroi immédiat, un déséquilibre subit ces colloides du sérum sanguin, dont toutes les propriétés, tension superficielle, charge électrique, viscosité sont ébranlées ; cette rupture d'équilibre entraîne la floculation des micelles, qui agglutinées en masse plus ou moins volumineuses, arrivent au niveau des vaisseaux des centres nerveux, provoquent alors « la vaso-dilatation brusque des capillaires » cérébraux et par voie reflexe, celle de l'arbre circulatoire » viscéral tout entier ; d'où la chute de pression considérable, » qui équivaut à un arrêt presque complet du courant sanguin » avec tout le cortège symptomatique susceptible d'accompa- » gner un trouble aussi profond ».
Cette interprétation, due à LUMIÈRE, paraît être assez vraisemblable, bien qu'elle n’ait pas été acceptée par tous les auteurs ; nous devons cependant observer que, chez l’homme, l'injection des colloides métalliques ne produit pas, dans la plupart des cas, un ensemble réactionnel aussi impressionnani et parfois aussi grave ; elle aboutit cependant dans tous les cas à la destruction rapide de l’état colloïdal, dont les micelles ugglutinées forment des amas ou des granulations, que l’examen microscopique permet de retrouver dans les tissus et dans les lencocytes ; ces derniers, chargés de granulations, se dirigent vers le foie et le rein, dans les cellules parenchymateuses auxquels ils Tes déposent ; après quoi lPélimination commence, à partir de la 48° heure qui suit linjection, C’est alors qu’on retrouve dans la bile et l’urine la substance injectée ; cette élimination est du reste fort lente et se poursuit pendant plusieurs jours.
Aussitôt après l'injection de colloïde métallique, les globules blancs diminuent de nombre (leucopénie) par suite de leur destruction, qui met en liberté les ferments qu’ils contiennent, et dont l’action serait anti-infectieuse ; à cette période en succède une autre, caractérisée par une augmentation notable du nombre des leucocytes; alors s'exerce avec un regain d’acvité le mécanisme de la phagocytose, aux dépens des agents de l'injection. C’est en déclanchant cette série de réactions défensives que les colloïdes métalliques se sont révélés des moyens précieux dans le traitement des maladies infectieuses générales,
Emploi local des colloides connus
Nous venons de voir qu’en faisant pénétres un métal celloïdal dans le milieu intérieur, on visait à utiliser beaucoup moins ses propriétés antiseptiques que sa faculté de réveiller et d’exalter les moyens de défense de l’organisme ; au contraire, lorsqu'on fait agir directement sur un foyer localisé un colloïde niétallique, on met surtout à profit son pouvoir antiseptique et antitoxique ; d’où la nécessité de ne choisir d’une part que des colloïdes à pouvoir antiseptique reconnu et de tenir compte d'autre part de la spécificité d'action, bien que relative, des différents métaux colloïdaux vis-à-vis des espèces bactériennes ; c’est ainsi que le pneumocoque et le gonccoque se montrent particulièrement sensibles à l’iode, tandis que le staphylocoque, notamment l’albus, re!'ève de l’étain ; quant à l'argent colloïdal, i: agirait efficacement sur le streptocoque, le pneumocoque, le staphvlocoque, le gonocoque et le méningocoque.
L'application locale s'effectue au méyen soit de badigeons, soit d’instillations ou de pulvérisations ; elle a été utilisée en ophtalmologie, en urologie, dans le traitement d'infections osseuses (panaris) ou ganglionnaires, enfin en oto-rhino-laryngologie el en stomato'ogie, où nous éludierons spécialement les résultats qu'elle à fournis.
Otologie
Après TAMM, qui eut recours à l’argent colloïdal dans le traitement de l’otite moyenne et HOFFMANN, qui utilise ce médicament dans le traitement post-opératoire de l’évidement pétromastoidien, le Dr. MAssiER, en 1907, a obtenu à son tour des
Hole
résultats excellents à l’occasion d’otites moyennes purulentes chroniques : « C’est un médicament qui a l'avantage d'être » absclument indolore, Sans danger, et dont l'action antisep- » tique et modificatrice me parait de beaucoup supérieure à » celle d'autres médicaments employés antérieurement » ; deux ans plus tard, Mossé dut à l’emploi de l'argent colloïdal la guérison de plusieurs cas d’otcrrhée ancienne ; le même médicament s'est révélé également utile d’après MASSIER, dans le pansement des plaies opératoires des mastoïdites.
Rhinologie
BourGEoISs, en 1911, employa l’argent colloïda] dans le traitement du coryza, spécialement chez j’'enfant et son exemple fut suivi par de nombreux praticiens.
Dernièrement, une nouvelle indication thérapeulique des colloides métaljiques a été fournie par le Pr. Dr. A, PUGNAT à propcs de lPiode colloïdal ; on n’ignore pas, en effet, combien est malaisée la désinfection du naso-pharynx : le cavum est, en effet, d’un abord difficile et les fosses nasales qui en sent une des voies d’accès ne supportent pas le contact d’antisepliques irritants ; qu’il s'agisse chez lenfant d’acénoïdite ou chez l’adulte de catarrhe chronique, l'infection résiste longtemps à l'action des différents agents médicamenteux ordinairement usités et parfois même ne leur cède pas ; cr, dans tous les cas, l’icde coilcidal s’est montré d’une réelle efficacité, ce qui ne saurait surprendre, car liode est la substance chimique antiseptique par excellence, mais dont l'emploi a été limité jusqu’à présent, parce que ses formes pharmaceutiques ou sont trop irritantes, telle la teinture d’iode, ou en diminuent l'activité, et c’est le cas de ses solutions glycérinées ; or, à l’état colloïdal, l'iode conserve intégralement ses propriétés bactéricides,
Maladies du Pharynx
On n’a guère utilisé, jusqu’à présent, ‘action locale des colloïdes métalliques contre les états infectieux de loro-pharvnx; seules les réactions générales que provoque lintroductien directe d’un colloide dans le sang ont été mises à profit dans le traitement des angines graves et des phlegmons péri-amygdaliens ; à notre avis, il y aurait lieu de rechercher et d'établir la valeur des colloiïdes métalliques de l’iode colloïdal, notamment en application directe, dans les cas d’angines et d’inflammations ‘atarrhales du pharvnx.
Stomatologie et Affections Dentaires
Jusqu'à maintenant, il ne semb'e pas que lon ait utilisé les métaux colloïdaux dans les affections de la bouche et des dents, ‘ar nous n'avons trouvé dans la littérature aucune publication consacrée à cette étude ; nous savons seulement par une communication verbale, que le Pr. METRAL a expérimenté l’argent el l’arsenic colloïidaux dans le traitement de quelques maladies d’erigine dentaire ; sur le conseil du Pr. Amédée PuGnaT, c’est l'iode colloidal sous la forme d’Icdargol que neus avons cherché à fixer la valeur thérapeutique et à préciser l'emploi dans le traitement de quelques affections dentaires,
Stomatites et Gingivites
Les stomatites érythémateuses sont rapidement améliorées par l’Iodargol, qui s’est révélé chaque fois que nous Pavons utilisé comme étant le meilleur des topiques ; les gingivites, elles aussi cèdent rapidement à l’Iodargol, dont quelques applications suffisent pour que les phénomènes inflammatoires et douloureux disparaissent ; où l’Iodargol est, en effet, un véritable analgésique ]Ccal, quand les gingivites s’accompagnent de phénomènes névralgiques, analgésique indirect sans doute, les douleurs liées à inflammation étant supprimées en même temps que cette dernière rétrocède.
Dans les trailements des stomatiles uleéreuses et ulcéroimembraneuses, l’icde colloïdal se montre également efficace et i! est d'autant plus précieux que les autres antiseptiques sont en pareil cas peu actifs en solution légère, tandis qu’en solution concentrée ils aggravent fes 1ésicns ; le cas suivant dont nous rapportons l’observation, nous apporte Ia preuve de la supériorité de l’Iodargol :
M. C... à la suite de l'extraction de plusieurs dents inférieures, faite par un de mes confrères, présente une stomatite ulcéreuse qui a été soignée sans succès par des cautérisations galvano-caustiques des espaces interdentaires ; il continue à souffrir ; chaque alvéole est le foyer d’une suppuration si abondante, que chaque matin l’oreiller est laché de pus ; or, à la suite de quelques pansements que je fis avec l'Iodargol, la suppuratien cessa (dès la 4° séance), les gencives se raffermirent et la guérison survint.
Les stomatites aphteuses elles aussi sont justiciables du même traitement, associé à un régime approprié et à la suppression de tout aliment lacté, comme nous l’ont appris de nombreux cas, dont nevs rapportons quelques observalions :
Lots
Jeune homme de 15 ans qui souffre depuis une semaine d’une inflammation étendue à toute la bouche ; il existe, en effet de si nombreuses u'cérations que la langue est dans l’impossibilité de se mouvoir ; le malade qui ne peut ni avaler, ni parler, a cependant suivi pendant une semaine, sans obtenir aucune amélioration, le traitement prescrit par le médecin de famille ; or, des gargarismes chauds et des pansements à l’Iodargol ont ccmp ètement guéri le malade en trois Jours.
Quant aux stomatites, blennorragique et dyphtérique, il est des plus probable que l’Iodargol est susceptible de les combattre efficacement : nous savons d’une part que le gonocoque est sensible à l’icde colloïdal et les recherches du Prefesseur A. PUGNAT ont prouvé, d’autre part, que le bacille de LOEFFLER était rapidement détruit dans les cultures, auxquelles on ajoutait des traces d’Iodargol ; nous ne pouvons pas cependant apporter d'observations cliniques, qui viennent à l'appui des faits constatés par le laboratcire,
Traitement de la Pyorrhée Alvéolaire
On connait les heureux effels des arsénaux-benzènes appliqués au traitement de la pvorrhée ; cr, ceux que nous a donnés lPlodargol ne leur sont pas inférieurs, dans tous les cas où le trailement chirurgical n’est pas de rigueur ; le traitement consiste en les soins préliminaires habituels, ràclage du tartre, livase des cu's-de-sac alvéolaires, suivis de l’instillation ou même de linjecticn de quelques gouttes d’Iodargol dans l’ak véole.
Affections Dentaires
1° Trailement post-opératoire de l'extraction dentaire. — Parmi les applications de l’iode colloïdal, il en est une, des plus utiles, autant par ses réultats favorables que par le grand nombre de cas où elle est indiquée : nous voulons parler des soins consécutifs à l’extracticn dentaire ; fort simples, ils consistent en des applicalions d’iode colloïdal, précédés de lavages tièdes, légèrement antiseptiques de la bouche et de lalvéole ; depuis que nous avons adopté cette pratique, il y a trois ans, nous n'avons pas Observé un seul cas d'infection où de douleur post-opéraloire ; ce résultat est d'autant plus remarquable que nous avons dû parfois pratiquer l’extraction dans des conditions difficiles, alors que l'infection avait déjà produit de la nécrose ; nous ne rapporterons que quelques observations choisies parmi les plus démonstratives :
M. D... au retour d’une villégiature, se présenté à moi, avec une contracture des mâchoires, due à une infection de la 3 molaire inférieure gauche, compliquée d’une large tuméfaclion, incisée sans résultat par le médecin de la station estivale: ce patient était d'autant plus craintif que, deux ans auparavant il avait souffert pendant longtemps de violentes douleurs, survenues à la suite de l’extraction de la même dent de l’autre côté et qui avaient nécessité un traitement de plusieurs semaines chez un de mes confrères ; je procédai à l’extraction, du reste assez difficile, je mis en œuvre le traitement par liodargol et tout rentra dans l’ordre en quelques jours.
2° Accidents d'éruplion de la dent de sagesse. — Quand l'extraction de la dent de sagesse n’est pas nécessaire, après cautérisation et énucléation s’il y a lieu, nous utilisons l’Iodargol en attouchements ou en instillations :
M'° L.. présente un gonflement des gencives et des régions voisines, sous la forme d’une tuméfaction, qui s'étend
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jusqu'aux incisives et qui s'accompagne d'une demi-contracture des maxillaires ; deux chirurgiens consultés ont conseillé l'extraction ; après avoir incisé longuement l’abcès, qui donne issue à une grande quantité de pus, et débridé la dent de sagesse, je renonce à l’extraire et je recours à l’Iodargol ; déjà le lendemain une grande amélioration se dessine, qui aboutit à la gucrison, après le 3° pansement.
3° Traitement des infections de la pulpe et de leurs complications. — Vis-à-vis des complications du { degré, lTodargol se montre supérieur ; on réussit aisément à l'introduire dans le canal radiculaire et à le faire pénétrer jusqu’au delà de lPapex, soit par pression au moyen d’un caoutchou mou, soit avec la seringue pour abcès ; par ce moyen, on parvient souvent à guérir une fistule en une seule séance; nous n’en rapportons pas d'observation, préférant relever les cas suivants, plus compliqués, plus graves également et qui néanmoins ont rapidement guéri ;
MR. se présente à nous à l’occasion de deux tuméfactions, accompagnées de fistules, localisées, l’une au-dessus de lPincisive latérale supérieure gauche ; elle a observé que depuis deux ans il s'écoule chaque matin du pus en assez grande quantité sur la gencive de ces deux dents ; elles avaient été chstruées par un de mes confrères, mais tandis que l’une avait été traitée, l’autre avait gardé sans ruines une pulpe mortifiée ; dans ce cas, il était nécessaire, avant de faire pénétrer l’Iodargo. à travers l’apex, jusqu’à l’orifice externe de la fistule, d’aseptiser soigneusement le canal radiculaire ; or, pour chacune de ces dents, une seule séance a suffi à procurer une guérison qui s’est maintenue depuis lors ; il ne reste plus qu’une cicatrice à peine visible au-dessus de Pune des dents.
M'*° S.., autour d’une dent très ébranlée, présente une très forte tuméfaction, d’où sort un pus abondant ; incision de l’abcès, injection de l’Iodargol jusqu’à l’abeès, obstruation du canal radiculaire, en une séance, suivie de guérison.
M°° Ch... se plaint d’un abcès qui supure depuis plusieurs années au-dessus de l’incisive latérale droite ; la guérison est chtenue par un seul pansement. Le traitement est plus facile quand on a affaire à des dents uniradiculaires ; un fait très remarquable et sur lequel nous désirons attirer l’attention est
EN) DR la rapidité avec laquelle survient la guérison, dans les cas que nous avons observés, où une périodontite chronique datant de plusieurs années, devait s'accompagner nécessairement de nécrose,
Les mêmes succès, l’Todargol permet de les obtenir dans le traitement de l’abcès diffus :
M. M. souffre d'un abe?s palatin de trois centimètres de long, qui s'étend des incisives jusqu'aux premières molaires et se doubie d’un abcès gingivo-vestibulaire un peu moins étendu, situé devant les incisives ; la région située entre les deux abcès est fluctuante ; l’incisive latérale supérieure droite est très ébranlée ; après ouverture du canal radiculaire et évacuation du pus, désinfection du canal, lavage et injection 'Iodargol ; deux séances suffirent à procurer la guérison. Les kystes infectés bénéficient des propriétés de lodargol.
M. L.. présente un kyste de trois centimètres de longueur, dont ie point de départ est une incisive latérale ; ouverture au bistouri, lavages tièdes, suivis du traitement de la racine à l’Iodargol, tandis que sont faites des injections d’'Iodargol dans le kyste ; deux séances de traitement, guérison.
Pour terminer, nous rapportons brièvement l’histoire d’un de nos malades, qui est particulièrement instructive,
M. D... portait un dentier supérieur qui remplaçait sur le côté droit l’espace compris entre Pincisive latérale supérieure droite et la première molaire ; or, il existait en même temps un volumineux kvste qui s’étendait sur cinq à sept centimètres ; j'adressais alors mon malade au Pr. A. PUGNAT, qui estima qu’une opération était nécessaire ; elle consista en Pablation des parois du kyste, suivie d’une cautérisation au cholrure de zinc ; le malade a néanmoins continué à souffrir et une seconde opération fut proposé, et du reste refusée; c’est alors que je demandai à l’Iodargol un secours qui se révéla précieux, puisque, après de nombreuses séances il est vrai, la suppuration tarit définitivement.