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alors que l’incision du point rétréci n’avait donné lieu à aueun accident infectieux, l’urétrotome étant bien aseptique, il y eut, six jours après l'opération, un frisson, et la température s’éleva à 39°5, après l'introduction d’un Béniqué n° 36, dans le but de savoir si l’urètre laisserait passer un petit lithotriteur, pour extraire un morceau de la bougie conductrice brisée dans la vessie au cours de l’urétrotomie interne. Le Béniqué avait sans aucun doute introduit un germe infectieux qui, dans une vessie congestionnée par la présence d’un corps étranger, avait trouvé un milieu favorable pour s’y développer avec rapidité. On put constater, d’ailleurs, que les urines, d'abord aseptiques, contenaient, après le frisson, le microcoque ureæ de Miquel.
Desnos, sur 78 opérations, a observé assez souvent, à la suite de ses premières opérations, quelques heures après la
- section, une élévation de température souvent légère, attei-
gnant parfois 38°5 et même 39° dans la journée même de l'opération. Or, depuis trois ans, cette ascension thermique est tout à fait exceptionnelle chez ses malades. Cette diffé-
rence tient évidemment à une modification relative à l’an-
tiseptie des instruments.
Il ne faut pas se contenter de flamber les instruments, méthode qui n’exerce pas sur toute leur surface une action certaine, puis de les immerger dans une solution phéniquée. De même, laisser tremper les bougies pendant un certain temps dans l'eau boriquée, puis les plonger dans l'huile phéniquée est insuffisant,
Les instruments métalliques seront stérilisés par le séjour à l’étuve à 150°, ou soumis à l’ébullition pendant une
demi-heure.
‘Les bougies de gomme seront enfermés dans de oblitéres à une extrémité, analogues à des grandes dimensions et bouchés à l'ouate. ‘On A à dans une étuve à 105°, où on les ranger verticalement è dans | un bain-marie “profond dont l'eau sera ir je ss .
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Au moment de les employer,
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ESSAIS D’ASEPTISATION COMPLÈTE DES URINES ET PAR SUITE DE SUPPRESSION DE LA SONDE À DEMEURE.
Il n’est donc permis de supprimer la sonde à demeure que dans les cas où l’urine est reconnue aseptique.
C'est déjà là un point d’une haute importance acquis à la pratique chirurgicale.
Mais ces cas sont relativement rares. La septicité des urines est fréquente, au contraire, les rétrécis étant exposés aux accidents de rétention urinaire, à la fermentation ammoniacale, aux accidents inflammatoires de l’urètre, de la vessie et du rein.
Il est rare qu'une manœuvre chirurgicale datant de plus ou moins longtemps, faite d’une façon insuffisamment antiseptique ne soit pas venue infecter un milieu qui a pu être, pendant un certain temps, stérile.
D'autre part, la recherche de l’asepsie de l’urine nécessite un examen délicat, difficile, et la recherche des germes pathogènes pour si simple qu’elle paraisse n’est pas à la portée de tous les praticiens. Or, si la sonde peut être sup-
primée dans les cas d'urine reconnue aseptique, on doit la | 3
mettre si l’on n’a pas fait un examen sérieux. Pour beaucoup d'opérateurs ce sera là une condamnation à s’en servir toujours.
Enfin, dans les cas septiques où la sonde doit être employée, il est souvent difficile d'éviter un accès fébrile au moment de l'extraction de celle-ci; complication qui ne se présenterait pas si les urines étaient constamment aseptiques et que l’on n’eut pas besoin d'employer de sonde.
En présence de ces difficultés, il est permis de se demander s’il n’y aurait pas un moyen de les tourner ?
Celui qui vient immédiatement à l'esprit est le suivant :
Provoquer par l’usage d'agents antiseptiques appropriés, employés d’une façon bien comprise, l’état antiseptique des urines qui n'existe pas normalement. — En principe, cette vue n’a rien que de très raisonnable et de très possible. Les progrès toujours croissants faits par l’antiseptie dans ces dernières années doivent nous encourager à essayer de la réaliser.
Or, comment peut-on espérer pratiquer l’asepsie de l’urine et des organes qu’elle traverse ?
Par l'administration d’antiseptiques par deux voies: la voie interne ou digestive, la voie externe ou urétrale.
1° Antisepsie par la voie urétrale,
L'une, la voie urétrale, ou externe, est évidemment la plus commode et la plus sûre, grâce à son action directe. Malheureusement, elle n’est pas toujours praticable, cela dépend de l'importance même du rétrécissement.
La partie de l’urètre située en avant de lui est toujours
Asig APR
accessible, mais s'il.est trop accentué et c’est là souvent ce qui existe quand on est obligé d’avoir recours à l'opération . de l’urétrotomie interne, l’urètre postérieur et la vessie sont inabordables.
Si le rétrécissement est peu accentué, on pourra pratiquer des lavages continus de l’urètre et des lavages vésicaux, tels que le recommande Laveaux, avec de l’eau boriquée à 40°, et sans se servir de sonde.
Si le rétrécissement est plus marqué, mais qu’on puisse pourtant le franchir avec une sonde, on irriguera longuement et à plusieurs reprises l’urètre à travers celle-ci. Le liquide employé sera une solution d’acide borique à 5 p. 0/0 ou de sublimé à 1 p. 2,000.
S1 le rétrécissement ne permet le passage d'aucun autre instrument qu'une bougie filiforme, tout lavage de l’urètre postérieur et de la vessie est impossible. On devra alors se contenter d'irriguer l’urètre antérieur et au moment de l'opération de laver la verge et le gland avec soin, d’entourer tout le champ opératoire de linges stérilisés.
Pour agir sur l’urètre postérieur et sur la vessie, on devra recourir à l’autre voie, la voie interne.
80 Antisepsie par la voie interne.
La voie interne permet d'agir sur la qualité des urines en modifiant leur quantité, en les diluant, ou bien en permettant l’accès jusqu’à elles d'agents antiseptiques.
Gosselin, pour diminuer la toxicité des urines, cherchait à la diluer par l'administration, avant l'opération, d’une tisane
EL 0 PAM diurétique et de grands bains. Garnier était du même avis et faisait toujours prendre à ses malades de la tisane émolliente en abondance: 2 verrées 2 heures avant l'opération, 1 à 2 litres les jours suivants. De nos jours, nombre d’auteurs continuent, d’une façon plus favorable, cette tradition, en mettant pendant plusieurs jours avant l’opération leurs malades au régime lacté.
L'action diurétique a du bon, mais il ne faut pas qu’elle soit trop intense et trop anticipée : faire arriver, dans une vessie qui, généralement, se vide mal par suite de l’obstacle urétral, une quantité considérable de liquide, peut amener des accidents pour la miction.
L'administration par la voie buccale d’antiseptiques uripaires, tout indirecte qu’elle paraisse, n’est pas du tout à dédaigner.
Les principaux agents en usage sont : l'acide borique, le borate et le biborate de soude, le salol. |
L’acide”borique est préconisé par nombre de médecins (Swinford Edwards, Wills, Southam......…. ). Il est donné en potion pendant deux ou trois jours avant l'opération. Chez quantité de rétrécis il y a plus ou moins de cystite chronique et des quantités variables de pus dans l'urine; si celle-ci n’est pas alcaline, elle est du moins neutre ou très faiblement acide. Après l’administration d'acide borique à l’intérieur, elle regagne son acidité normale. Une partie de l'acide borique est éliminée par les reins, passe dans la vessie avec l’urine et y exerce directement son action anliseptique. La cystite disparaît, le pus diminue considérablement ou disparaît complètement. Ainsi se produirait l’asepsie de l’urine et des organes qu’elle traverse.