AVANT-PROPOS
La thèse que nous publions aujourd’hui est le résumé des observations que nous avons recueillies, depuis deux ans, sur les résultats du traitement, par les courants continus, du rhumatisme chronique déformant.
Bien peu de nos jeunes collègues ont sans doute eu la triste fortune d'être en contact aussi intime que nous avec des malades atteints de cette affection. Il y à trois ans en effet, notre mère, après quelques incidents préalables que l’on trouvera dans l’observation à la fin de cet ouvrage, fut obligée de garder le lit pendant quinze mois consécutifs par suite de lésions articulaires qui, d’abord localisées au genou
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gauche, envahirent en quelque temps les divers ar ticles des deux membres inférieurs. Durant cette longue période, tous les traitements ordinaires de l'affection furent mis en jeu, et nous nous en voudrions de ne pas exprimer ici à M. le D' Thomas toute notre reconnaissance pour le dévouement avec lequel il épuisa une à une les diverses ressources de la thérapeutique contre une maladie aussi décourageante. À ce moment nous entrions à Amiens dans le service de M. le D' Fournier, dont le chef de clinique, M. le Dr Degouy, faisait du traitement électrique sous ses formes diverses un emploi très fréquent. A la recherche alors de tous les avis possibles, nous exposàmes à nos nouveaux maitres l’état lamentable de notre mère, et le D' Degouy nous donna le conseil d'employer les courants continus.
C’est avec scepticisme, nous le reconnaissons, que fut entrepris le traitement ; mais ce premier sentiment, naturel après tant d'échecs, fit place à la plus entière confiance lorsqu'il nous fut permis d’apprécier, presque de jour en jour, les progrès vers une guérison, qui en deux mois devint presque complète, et qui sauf quelques rechutes légères, enrayées par le même procédé, ne s’est plus dès lors démentie. Frappé du résultat obtenu il nous vint à l’idée, pendant nos deux dernières années d’internat, de trailer de la même façon les cas que nous pourrions rencontrer, tout en notant soigneusement ceux que le D' Degouy trouverait dans sa clientèle. Le plus souvent le succès a couronné nos efforts et, dans les
—— 9 — Occasions où la lésion dès longtemps constituée s'est montrée rebelle au traitement, la diminution des douleurs a été si manifeste que nous n’avons pas hésité à faire de ce procédé thérapeutique le sujet de notre thèse.
Pour délimiter aussi nettement que possible les cas où nous l'avons appliqué, nous exposerons tout d’abord les différentes manifestations de la maladie que nous nous proposons de combattre. Nous tracerons ensuite une esquisse rapide des tentatives similaires faites déjà dans le même but, et, après quelques indications sur notre mode d’instrumentation, rapporterons plusieurs observations recueillies en faveur du bien-fondé du traitement.
Mais avant, cependant, d'aborder notre sujet, il nous reste à remplir l’agéable devoir d'exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui, à l’hôpital comme à l’école, nous ont toujours, en même temps que fait profiter de leurs bonnes leçons, encouragé de leur constante sollicitude.
À M. le D: Degouy, chef de clinique, qui nous a inspiré ce travail et dont les conseils nous ont permis de guérir une mère bien-aimée ;
A M. le Dr Pauchet, chirurgien des hôpitaux d'Amiens, qui durant nos études nous a montré une bienveillance toujours constante ;
À M. le D: Monlonguet, directeur de l’école, qui fut notre premier maître au lit du malade.
A M. le professeur Pansier, professeur de chimie,
qui toujours nous honora d’une véritable amitié ;
A MM. les D“ Bernard, professeur de clinique médicale, Fournier, professeur de clinique obstétricale, Boussavit, chirurgien du service des enfants et Braillon, chef de clinique, qui en nous faisant profiter de leurs bonnes leçons ont toujours été pour nous des conseillers affables et des maitres pleins d'indulgence.
M. le professeur Gilbert nous a fait le grand honneur d'accepter la présidence de notre thèse, nous le remercions bien vivement et nous lui en témoignons icinotre bien vive reconnaissance.