CHAPITRE I
DE L'EMPLOI DES PULVÉRISATIONS DE CHLORURE DE MÉTHYLE À PARIS ET À LYON
Le 8 août 1884, M. Debove {1) lisait, devant la Société deshôpitaux de Paris,un mémoire dans lequel il préconisait un nouvel agent thérapeutique dans le traitement de la névralgie sciatique.
Frappé de l’inefficacité trop souvent constatée de différents modes de traitement employés contre certaines sciatiques rebelles, 1l avait été amené par une conception pour amsi dire théorique, à rechercher un agent possédant une action plus étendue, plus énergique que ceux employés antérieurement.
C'est par une excitation des extrémités nerveuses du nerf que la médication révulsive paraît agir dans le cas de sciatique, mais forcément cette action est limitée à un espace restreint: un vésicatoire ne peut
(1) Bulletin de la Socièté médicale des hôpitaux. Séances des 20 août 1884, 9 janvier, 4 février, 11 mars 1885.
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être étendu sur toute la longueur du membre inférieur, etla cautérisation ne peut dépasser certaine limite. Si, au contraire, l'agent employé n’agit que temporairement sur la surface tégumentaire et sans amener de lésions même superficielles, tout en agissant aussi énergiquement sur les parties profondes, on pourra sans danger étendre cette action à toutes les parties atteintes quelle que soit l'étendue de ces parties.
Or, la congélation poussée jusqu'à un certain degré, ne détruit que momentanément les fonctions de la peau, qui peu après revient à son état normal, et cette congélation amène une révulsion étendue et énergique, en un mot, telle que le traitement de la sciatique la réclame.
Guidé par ces idées, M. Debove a expérimenté l’action réfrigérante du chlorure de méthyle, dont il dirige le jet au moyen d'un appareil spécial, un siphon muni d’un ajutage.
Le froid produit est de — 23° centigrades, et sous l’action de cet agent, on voit la peau se durcir, blanchir, se congeler. La sensation est celle que procure une brûlure, mais la douleur est bien moindre, d'après les malades de M. Debove, que celle produite par la cautérisation actuelle. ï
Dans son mémoire, M. Debove cite un certain nombre de névralgies sciatiques, de la forme dite rhumatismale, traitées par les pulvérisations de chlorure de méthyle.
Son premier malade, traité vainement par les cautérisations ignées et par le repos, était guéri au bout