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CHAPITRE II

L'ampoule à air raréfé. — Le spintermètre Le détonateur. — Fonctionnement des ampoules.

Ampoule à air r'aréfié. — Nous savons que la production des rayons X nécessite un générateur d'énergie électrique et une ampoule à air raréfié et que parmi les

Fig. 4, — Ampoule de Crookes, type primitif (en poire) A. Anode B. Cathode

générateurs électriques, le plus simple est la machine statique qui produit les rayons X dans l’ampoule sans le secours d'aucun autre instrument.

L'étude des ampoules a la plus grande importance en radiologie.

L'ampoule primitive ou en poire (fig. 4), ainsinommée

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parce qu'elle avait cette forme, donnait des rayons cathodiques qui frappaient directement la paroi du verre, surface courbe d’où partaient lesrayons X dans tous les sens. |

Elle donnait des images peu nettes et la paroi du verre soumise directement à l’action des rayons cathodiques se dégradait, fondait. L’ampoule était mise ainsi rapidement hors d'usage. On substitua à l’ampoule primitive:

Fig. 5. — Ampoule à focus bianodique.

l’'ampoule à focus dont l’idée est du physicien anglais Sylvanus Thomson. On interpose sur le trajet desrayons cathodiques une lame de métal inclinée à45°. C'est cette lame qui reçoit les rayons cathodiques et devient le foyer des rayons X. On fait cette lame en platine iridié qui ne fond pas aussi facilement que le verre et on lui donne comme dimension environ 4 millimètres carrés. Toutesles ampoules dont on se sert aujourd'hui sont à focus.

On laisse d’abord l’anode et la cathode placées comme

DOG EE dans l'ampoule en poire et l’addition du focus anticathode relié au verre par une tige métallique fait de l’ampoule une ampoule bianodique (fig. 5). |

Nous savonsque dans un tube de Crookes le fonctionnement est assuré, quelle que soit la position de l’anode, on se servit de la lame focus comme d’anode et on supprima l’autre anode. L’ampoule fonctionne aussi bien.

Le platine iridié lui-même rougit, et quelquefois fond.

On a imaginé une ampoule à anticathode refroidie par une double circulation d'eau, c'est la meilleure quand elle est pourvue de l’osmo-régulateur dont il est parlé plus loin. Mais elle coûte cher (120 fr.).

Un inventeur allemand construit des ampoules à anticathode infusible, faite avec une substance dont il garde secrète la composition et qui ressemble à un charbon de cornue.

Nous avons déjà dit que les rayons de Rœntgen sont plus ou moins pénétrants, selon le degré du vide de l’ampoule.

La même ampoule, selon que le degré du vide y est poussé plus ou moins loin peut donner des rayons plus ou moins pénétrants. Plus le vide est poussé loin, plus l’ampoule oppose de résistance au courant, plus les rayons X qu’elle produit sont pénétrants, plus ils donnent une image floue. Par exemple, pour radiographier une main, les rayons peu pénétrants traversent les chairs et pas les os dont on voit très nettement les ombres. S'ils sont pénétrants, ils traversent aussi les os qu’on

distingue peu alors, l’image est floue. On dit d’une ampoule peu vidée, par conséquent peu résistante, qu'elle est molle.

Au contraire, on dit d’une ampoule bien vidée, qu’elle est dure.

Pour faire le vide dans les ampoules, on les met sur la pompe à mercure puis on les ferme au chalumeau.

À mesure qu'une ampoule fonctionne, de molle elle devient résistante, puis très résistante au point qu'on ne peut plus s’en servir, elle a vécu. La petite quantité de gaz qu'elle contenait a été peu à peu absorbée.

Il y a plusieurs moyens de rendre à l'ampoule les qualités qu'elle a perdues, c'est d’abord de la laisser reposer pendant quelques jours, ce qui fait diminuer sa résistance, elle peut alors servir encore, mais la résistance augmente de nouveau et il faut, cette fois, la laisser reposer non plus quelques jours, mais quelques mois.

Après quoi on peut l'utiliser encore pendant quelque temps et elle redevient trop résistante. Après deux ou ‘trois repos successifs, elle ne peut plus être employée, elle est hors d'usage.

‘Un procédé plus rapide, c’est de la chauffer avec une lampe à alcool ou un chalumeau à gaz.

On fait ainsi dégager les-gaz absorbés par les parois de l’ampoule et par les électrodes,

On a imaginé les ampoules à régénérateur du vide: on ajoute à l’ampoule ordinaire un petit ajutage contenant une substance absorbante ou avide d’eau: charbon ou potasse par exemple. L’ampoule étant devenue trop dure, trop résistante, on chauffe l'ajutage, le gaz ou la vapeur

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se dégage dans l’ampoule qui revient ainsi plus ou moins à son état primitif. Mais il arrive toujours un moment où cette réserve de gaz ou de vapeur est épuisée.

Ces divers procédés permettent de diminuer la résis-

Fig. 6. — Ampoule Chabaud à osmo-régulateur Villard. A, Anode D, Couvre-osmo en verre B, Cathode E. Caoutchouc

C, Osmo-régulateur

tance, mais ne peuvent pas l’augmenter sielle est trop faible.

M. le professeur agrégé Villard a trouvé un moyen d'augmenter ou de diminuer à volonté le vide de l’ampoule.

Ce moyen c’est l’osmo-réqulateur basé sur les belles expériences de Troost et de Saint-Claire Deville qui ont démontré que vers 300° beaucoup de métaux sont tra-

versés par les gaz, que l'hydrogène étant le moins dense

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passe avant tous les autres. Ils montrèrent que l’hydrogène traverse le platine chauffé au rouge. C’est là le principe de l’osmo-réqulateur Villard qui consiste en un tube de platine fermé à une de sés extrémités et dont l’autre extrémité ouverte communique avec l’intérieur de l’ampoule. Ce tube traverse la paroi d'une tubulure à laquelle elle est soudée (fig. 6).

Si on chauffe ce tube au rouge avec la lampe à alcool ou le chaiumeau à gaz, comme toute flamme contient de l'hydrogène, ce gaz entre pendant qu’on chauffe au rouge et, au refroidissement, il reste enfermé dans l'appareil.

Pour faire sortir l'hydrogène de l’ampoule, on se sert d'un petit manchon en platine avec lequel on coiffe le tube c de l’osmo-régulateur; comme ce manchon est d'un calibre plus grand, l'air circule entre lui et le tube.

On chaufte le manchon au rouge, il se produit alors à son intérieur un vide qui attire à l'extérieur le gaz (hydrogène) contenu dans l’intérieur de l’ampoule, mais il faut chauffer plus longtemps qu’on ne chauffe le tube, car le gaz sort plus difficilement qu'il n'entre.

Cette propriété si merveilleuse d'augmenter ou de diminuer à volonté le vide de l’ampoule, c’est-à-dire de produire à volonté des rayons X plus ou moins pénétrants se démontre avec un petit appareil que le docteur Béclère montre dans ses conférences. 7 L'ampoule focus ainsi munie d’un osmo-régulateur Villard peut durer indéfiniment si on ne la casse pas.

id Le D' Béclère en a une depuis trois ans et demi et il y a introduit bien de l'hydrogène. .

Le prix d'une ampoule munie d’un osmo-régulateur est plus élevé que celui des autres ampoules parce que M. Chabaud est seul à les construire, la propriété lui en ayant été donnée par l'inventeur, M. Villard.

Elle coûte 80 francs, alors qu’une ampoule ordinaire ne se paye que 15 francs.

Il n'existe pas d’instrument pour mesurer le degré de vide dans l'ampoule. On le fait varier, on l’augmente ou on le diminue au moyen de l’osmo-régulateur Villard, mais on ne sait pas dans quelle proportion, ce qui serait cependant très utile.

Il y aun moyen indirect d'arriver à ce résultat :

Soit une ampoule : si on rapproche avec précaution les deux conducteurs, il éclatera une étincelle entre eux (court circuit) à un moment donné. Quand elle éclatera, cela voudra dire que la résistance entre les conducteurs est la même que dans l’ampoule. Si la résistance de l’ampoule est grande, les points des deux conducteurs d’où part l’étincelle sont éloignés. Si la résistance de l’ampoule est faible, ils sont rapprochés. :

Donc la longueur de l’étincelle permettra de mesurer la résistance de l’ampoule.

Mesurer la longueur de l’étincelle sera mesurer la résistance de l’ampoule. |

L’étincelle est équivalente à la résistance de ampoule, on recherche donc l’étincelle équivalente.

Pour cette recherche, le docteur Béclère a inventé un instrument qu'il à appelé le spintermètre ([mesureur

fe on d'étincelle). On lit sur sa tige graduée la longueur de l'étincelle (fig. 2 et ?).

Il y a deux modèles de spintermètre, un vertical, un horizontal.

= Le modèle horizontal estemployé avec la petite machine

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Fig. 7. — Spintermètre. «

AA, Socle T, Tige graduée

B, Vis boulon D, sa boule

CCC’C’, Petits conducteurs R, curseur arrêt GGG'G, Grands conducteurs M, son manche isolant IP, Colonnes isolantes F, Boule fixe

statique. Il se compose de : la tige métallique graduée trés lisiblement en centimètres et en demi-centimètres qui glisse à frottement doux dans une coulisse métallique montée à l'extrémité d'un cylindre isolant.

La tige graduée est terminée d’un côté par une boule et de l’autre par un manche isolant en ébonite qui sert à la faire avancer ou reculer dans la coulisse. Dans son mouvement, elle s'approche ou s'éloigne d’une autre boule fixe montée sur un autre cylindre isolant

parallèle au premier.

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Les deux cylindres isolants sont fixés d’un côté au support en-bois immobilisé sur le coffre au moyen d’un ou deux boulons-écrous. Ils sont terminés de l’autre côté par une petite partie métallique qui supporte le spintermètre et que traverse le courant de la machine par les petits conducteurs pour aller à l’ampoule par les grands.

La tige graduée porte un petit curseur arrêt qu'on fixe sur un des traits marqués et qui a pour but d'empêcher la tige de reculer au delà.

Pour se servir du spintermètre, qui est fixé sur la machine et dans son circuit comme nous l'avons indiqué, ses deux boules étant assez rapprochées pour que l’étincelle éclate dès que le courant passe, on éloigne la boule mobile de la boule fixe en tirant là poignée jusqu’à ce que l'étincelle n’éclate plus que par intermittence. Le chiffre le plus près de la coulisse indique alors la distance entre les boules, c’est-à-dire la longueur de l’étincelle équivalente à la résistance de l’ampoule. -

Si on à besoin d’une résistance plus grande ou plus petite, on l’obtient avec l’osmo-régulateur Villard. Quand on l’a obtenue, si on veut la maintenir pendant un examen ou une radiographie, on éloigne encore un peu les deux boules jusqu’à ce que l’étincelle n’éclate plus et dès qu'une nouvelle étincelle indique que la résistance est augmentée, on chauffe l'osmo-régulateur. ;

Cet instrument peut s’employer avec tous les générateurs électriques.

Quand ce n'est pas avec la machine statique, on remplace les boules par des pointes.

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