‹ De l'emploi des Rayons de RoëntgenChapitre 9 sur 42 · GÉNÉRALITÉS SUR LES MACHINES STATIQUES · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES MACHINES STATIQUES

« Les machines statiques sont des générateurs électriques qui convertissent l'énergie mécanique en énergie électrique, en répartissant inégalement l'électricité entre les deux pôles et qui parviennent à établir entre ces deux pôles une grande différence de potentiel. »

Elles se divisent en: machines à frottement et machine à influence.

Les premières demandent une grande dépense de force pour vaincre les frottements, aussi nous les laisserons de côté, ne considérant que les machines à 1n- Jluence.

Parmi celles-ci, nous rejetons celles qui ont besoin d'un moteur pour être actionnées parce qu'elles nous ramènent à la complication d'appareils dont nous voulons nous écarter pour être pratique.

Restent les machines pouvant être mues à la main. M. le professeur Leduc a montré qu’elles suffisent pour

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produire des rayons X. Mais là, il y a encore un choix à faire.

La machine américaine de Wimshurst à secteurs métalliques est auto-excitatrice, il suffit de la mettre en mouvement pour qu’elle s’amorce d'elle-même, sans qu'il soit nécessaire de fournir une charge initiale à ses inducteurs.

Cette machine, à influence et à multiplication, présente quelquefois un renversement de la polarité en marche, ce qui nuit aux ampoules. Bonelti, inspiré par M. Truchot, de Clermont-Ferrand, en 1893, la modifia en supprimant les secteurs métalliques et en mettant des balais frotteurs multiples à chaque conducteur diamétral, au lieu d’un seul. Pélissier en 1891 avait indiqué cette modification qui augmente le débit de la machine, son potentiel et supprime le renversement de la polarité en marche. |

La machine de Bonetti ne s’amorce pas seule, pour l’amorcer quand elle est en mouvement, il suffit de placer le doigt à la partie supérieure d’un des plateaux.

Le constructeur Drault, simplifia et perfectionna la machine de Bonetti en y adaptant un mécanisme multipliant la rotation des plateaux dans la proportion de neuf tours pour un tour de manivelle. Il établit deux modèles de machine :

Le petit modèle, transportable, à quatre plateaux d’ébonite de 45 centimètres de diamètre et le grand modèle, de cabinet, à six plateaux de 50 centimètres.

Dans ces machines, il n’y à pas de pointes, l’isolement des pièces est parfait, mais comme toutes les

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machines statiques, elles craignent l'humidité, aussi il faut les abriter, les chauffer au besoin.

Les poussières y forment des pointes par lesquelles s'écoule l'électricité des plateaux ; c’est pourquoi il faut tenir ces derniers très propres.

Nous reviendrons sur cette nécessité un peu plus loin quand il sera question de l’entretien.

La petite machine à quatre plateaux est employée par le‘docteur Béclère qui en est très satisfait et la proclame le type de l'appareil radioyène du médecin de campagne. Il s’en sert à l'hôpital Saint-Antoine concurremment avec la bobine. C’est avec une machine de ce genre qu'il a radiographié à l'Hôtel-Dieu de Paris, une balle de revolver logée dans le canal rachidien d’une jeune fille, radiographie stéréoscopique qu'il à présentée à la Société de chirurgie, le 17 mars 1901, ainsi qu'à la Société de médecine des hôpitaux, le 24 mai suivant.

Le débit des machines statiques est faible, il est proportionnel à la vitesse imprimée à la manivelle et de quelques millièmes d’ampère seulement.

La différence de potentiel entre les deux pôles est considérable. Elle varie, au moment où l’étincelle éclate, entre 40.000 et 100.000 volts, elle est sensiblement proportionnelle à la longueur des étincelles.

Avant de passer à la description et au fonctionnement de la petite machine, nous tenons à citer quelques lignes des docteurs Destot de Lyon, Leduc de Nantes, Monell de New-York, Béclère de Paris, qui se sont occupés particulièrement de la production des rayons X par les machines statiques.

Le docteur Destot de Lyon employa le premier la machine statique à la production des rayons X, dès février 1896, et érigea cet emploi en méthode de choix en en poursuivant systématiquement l’utilisation. . |

« L'innocuité des rayons X produits par la machine « statique, la facilité de la mise en marche, le peu « d'usure des tubes et la constance (fixité) des images « radioscopiques donnent à cette méthode les caractères € d’une vraie méthode clinique. » (Docteur Destot).

En 1897, le professeur Leduc écrivait ces lignes:

« Les expériences que nous avons exécutées pour ap- « précier la valeur des machines statiques appliquées à « la production des rayons X, nous ont révélé que ces « machines pouvaient permettre aù médecin d'obtenir « presque tous les résultats qu'il peut espérer de la ra- « diographie et de la radioscopie et cela avec les avan- « tages qualifiés d'immenses par M. A. Buguet, en ce « sens que l’emploi du matériel statique simplifie les « transports, puisque la seule machineélectrique remplace

à la fois pile, bobine, galvanomètre, rhéostat, etc. »

Cette même année le docteur Monell, de New-York, dans une relation de ses expériences et observations antérieures au 15 décembre 1896 concluait ainsi :

«1° Aucune méthode actuellement connue, quelque « coûteuse füt-elle ne surpasse la puissance de la ma- « chine statique (de Holtz) avec des tubes adaptés à ses « décharges.

« 20 La machine statique munie de tubes construits

« pour elle produit des effets qui égalent ou surpassent « ceux obtenus par n'importe quel moyen. »

Dans une note parue en 1898, au sujet de la production des rayons X par la machine statique, le docteur Bordier dit ceci :

« Les insuccès obtenus au début avec les machines « statiques et par suite, la moindre faveur accordée à « ce procédé d’excitation comparativement aux bobines « d'induction tiennent, indépendamment de la construc- « tion des tubes, à 2 causes principales :

« 1° À la machine employée: La machine Wimshurt « s’inverse fréquemment, apportant ainsi une grande « gêne dans le fonctionnement des tubes (ampoules).

« 2° La facon défectueuse dont le tube était relié aux « pôles de la machine. »

Plus tard en 1900, le docteur Béclère enseignait et écrivait ce qui suit (Archives d’élec. médic., 15 juillet) : « L'emploi méthodique des rayons de Rœntgen comme « moyen de diagnostic est bien loin encore- d'occuper; « dans la pratique médicale courante, la place qui lui « est due. Au nombre des obstacles qui s'opposent à « la diffusion d’un mode si précieux d'examen, on doit « compter la complication des appareils habituellement « employés à la production de ces rayons, leur prix « élevé et peut-être aussi la crainte des difficultés de leur « maniement.

« La seule énumération de ces instruments: généra- « teur,transformateur,interrupteur, condensateur, rhéos- € tats, est faite, il faut l'avouer, pour effrayer le grand

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