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cation symptomatique, toni-cardiaques et diurétiques.
Nous sommes à même de vérifier la justesse de cette proposition puisque le traitement spécifique essayé chez plusieurs de nos malades (Observations n° IV, II, VI, VII, VIIT) déclanche de l’albuminurie et dut être suspendu.
La défaillance du cœur prime donc l’évolution de la syphilis. Nos malades sont devenus avant tout des cardiaques que l’on soigne comme tels.
Tout ce que l’on peut espérer de cette thérapeutique, c’est un rétablissement temporaire de l’équilibre cardio-rénal qui permettra d’essayer timidement la reprise du traitement spécifique, seul curatif et capable de procurer une amélioration durable, sinon définitive.
Or, dans la plupart des cas que nous rapportons, l'insuffisance du myocarde était tellement prononcée (Observations n° I, IT, V, VIII, IX) que les tonicardiaques et les diurétiques usuels étaient devenus sans effet.
C’est en présence de ces situations difficiles, sinon désespérées, que l’on essaya le Neptal.
Si lon excepte l’observation VIII où une diarrhée est apparue, malgré l’état de moindre résistance des malades, aucun incident n’est à lui imputer.
La diurèse habituelle, faisant fondre les œdèmes, asséchant les ascites, a été obtenue avec les doses réfractées.
Mais, fait capital, en plus de ces résultats immédiats, il apparaît, à la lecture de chaque observation, que
SNTO UE
le Neptal a influencé très favorablement la marche de la maladie et a obtenu des rémissions de très longue durée, de véritables résurrections.
L'action diurétique seule ne saurait expliquer ces effets.
Sans doute, la disparition de la surcharge aqueuse soulage grandement le myocarde et lui permet de surmonter plus facilement sa défaillance; mais, d’une façon momentanée, car la lésion elle-même, cause profonde de tout le mal, continue à évoluer.
Or, les faits sont là. La cure de Neptal à doses réfractées entraîne une amélioration Are et la régression des signes physiques.
L'observation n° VIIT est à ce point de vue particulièrement instructive.
Nous sommes en présence de lésions spécifiques évoluant rapidement. Un traitement (Hectine) essayé n’est pas supporté. Il y a bruit de galop, cyanose, hépatomégalie, œdèmes.
Le Neptal à 2 %, puis à 3 % à doses patiemment répétées finit par venir à bout de l'affection. Petit à petit, les symptômes disparaissent, les œdèmes se résorbent. La dyspénées’apaise, l’expectorationsetarit.
Quoique l’on ait dû interrompre le traitement à la suite de.la diarrhée, le mieux persiste et la reprise du Neptal finit même par faire disparaître le bruit de galop.
Cette observation est typique; l’action spécifique du Neptal y apparaît indiscutable. La marche de la maladie a été modifiée et les lésions influencées par le traitement.
Nous pouvons donc admettre que le « 440 B »
jouit d’une action anti-syphilitique et que, comme son homologue, le Salyrgan en Allemagne, il mérite une place dans la thérapeutique spécifique et tout spécialement dans la syphilis viscérale.
Nous avons dit, en effet, que les auteurs étaient d'accord pour vanter la valeur curative du traitement dans ces cas; seule, la question toxicité les arrête.
Or, nous avons vu, en étudiant les travaux de GirArD et de KAYSER, combien maniable était notre produit. Nosobservationsconfirment pleinement ce fait.
Comme Scamipz le suggérait, c’est une solution nouvelle, notablement plus faible, donc encore moins toxique, qui à été employée; et de très longues cures ont été parfaitement supportées par des malades pourtant peu résistants.
La comparaison, d’ailleurs, a pu être faite en ce qui concerne la tolérance respective de l’organisme au «440 B » et aux solutions utilisées ordinairement dans ces cas. :
Notre malade de l’observation VIT supportait fort bien depuis longtemps un traitement par le Neptal aux doses réfractées; les ampoules ayant fait défaut, on tente une injection de cyanure : aussitôt phénomênes d’intolérances. Le neptal ayant été repris, on ne remarque plus d'incidents.
Nous sommes donc en possession d’un nouveau composé mercuriel jouissant des propriétés diurétiques et antisyphilitiques, capable d’être supporté par un organisme déficient :
Reprenant le schéma de DOnzELoT, nous croyons pouvoir le compléter et le présenter ainsi :
19 La capacité fonctionnelle cardiaque est suffisante et le bilan réno-hépatique satisfaisant. On doit tenter un traitement. Suivant le cas, le médecin utilisera l’arsenic, le bismuth, le mercure;
20 La capacité fonctionnelle cardiaque est atteinte : le bilan réno-hépatique médiocre.
On a intérêt à débuter, en telle occurence, par une thérapeutique cardiaque et diurétique. Lorsqu'une amélioration sera constatée, on tentera le traitement avec la plus grande prudence. Surveillant attentivement le malade, et prêt à l’interrompre au moindre signe d’intolérance. On utilisera le bismuth et le mercure ;
30 La capacité fonctionnelle cardiaque est nettement déficiente, et le bilan réno-hépatique mauvais.
On doit s'abstenir des préparations usuelles. Un seul traitement possible : le «440 B » à doses réfractées, associé aux tonicardiaques, et tout particuliérement à l’ouabaïne.
Cette thérapeutique sera maintenue aussi longtemps que nécessaire. Lorsque l’équilibre cardio-rénal sera rétabli, on tentera prudemment la reprise des composés anti-syphilitiques plus actifs.
Et ceci nous permet de terminer notre travail sur cette consolante constatation : « Tout cardiaque spécifique, quel que soit le stade de son évolution, conserve une chance de salut. »