‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrains (volume 2)Chapitre 13 sur 57 · SOUTERRAIN SOUS LA RIVIERE DE L'EST · texte numérisé non relu

SOUTERRAIN SOUS LA RIVIERE DE L'EST

Exposé. — En 1892, la East River Gaz C° de Long Island City" obtint l'autorisation de livrer du gaz à New- York. Cette compagnie résolut d'installer une usine à Ravenswood dans un terrain der 12 acres (45 hectares) qui borde la rivière de l'Est sur 800 pieds- (244 m.). L'usine complète devait pouvoir produire 50000 000 pieds cubes (1 400000 m*) par jour. En septembre 1893, une des sections de cette usine d'une production de 000 000 pieds cubes (170 000 m 3 ; était prête à fonctionner.

Pour livrer le gaz aux habitants de New- York, il fallait faire franchir la rivière à trois conduites, deux de 30 pouces (0,91 m.) et une de 48 pouces (1,22 m.) On résolut de placer ces conduites, pour le passage de 2 200 pieds (070,35 m.) sous la rivière, dans une galerie souterraine.

Cette galerie fut prévue en ligne droite (fig. 172); elle devait partir de l'usine de Ravenswood entre Hunter's point et Astania et aboutir à la East 71 e rue à New-York; dans le parcours elle devait traverser l'île de Blakwell ; sa longueur de puits à puits devait être de 2 510 pieds (700,80 m.), avec une légère pente de 12 pieds (3,00 m.) vers le puits Est. Son radier était prévu à 125 pieds (38,10 m.) au-dessous des basses eaux et son sommet au minimum à 41 pieds (12,50 m.) du fond du lit de la rivière.

toute sa longueur dans la roche dure, et c'est sur celte b; l'on traita avec les eotrepn MM. Langhlen et Reilley.

Dispositions générales c

vrages. — La figure 174 de

coupe de la rivière et le pr

souterrain. Les puits étaient

et avaient 9 pieds (2,74 m.) d

Le souterrain (fig. 175) deva:

8 pieds G pouces (2,39 m.) c

leur et 10 pieds (3,0o m.) de If

le sommet et les angles devaii

arrondis et le sol revêtu d'ui

en béton. Sur les flancs et à 1

c le rocher devait rester apps

a brut, sous la seule condit

£ laisser entièrement libre le

£ indiqué en traits ponctués.

'. Les ligures 176 à 178 d

- les coupes du souterrain ■

£ roche dure et la roche tei

montrent la situation que

occuper les trois conduites. C

duiles devaient être primiti

en tôle; mais on décida de 1

en fonte, de manière qu elles

assez lourdes pour ne pas êl

levées, si l'eau venait à eni

galerie après son achèveme

espérait éviter ainsi les fra

épuisement permanent et ]

se contenter de mettre à sec

de visite ou de réparation.

Fonçage des puits et a des galeries. — On implanta les puils en mai 1892; le [

le couteau et sert de chambre de travail, et chacune de ces parties comprit quatre morceaux.

Les figures 188 et 189 donnent une vue générale du bouclier en position avec une coupe du cuvelage. Le bouclier se composait d'un cylindre en acier de 7 pieds 6 pouces (2,29 m.) de longueur et tt pieds 3/4 pouce (3,37 m.) de diamètre extérieur; il existait une cloison transversale, qui partageait la queue d'une longueur

Coupe du bouclier suivant ZZ de la. ligure 191.

de 3 pieds 6 pouces (1,07 m.) de l'avant-bec qui se trouvait a - *"*^ '.) pieds H pouce (1,11 m.}. Cet avant-bec était ramené au <A* a " mètre de 9 pieds (2,74 m.) par un second cylindre concentrùj** e? réuni à la paroi extérieure juste derrière le couteau E,E par * jn tronc de cône. L'espace annulaire entre les deux cylindres est p^f" lagé en 12 chambres C, dans chacune desquelles est placé un vS^ m hydraulique J, dont la tige va prendre point d'appui sur le der*** €r anneau posé du cuvelage R.

P est une plate-forme de travail, sur laquelle se placent * es

mes pour exécuter la fouille et rejeter la terre par les portes l cloison D,D, que l'on peut fermer quand le sol devient trop illé. II, H, sont des goussets qui maintiennent les vérins dans chambre et A, A sont des rubans de caoutchouc (fig. 190) qui joint et empochent les pertes d'air ou les rentrées d'eau quand iuclier s'avance sur le cuvelage. La figure 191 donne quelques ls des portes.

Cou[ie <lu bouclier suivant XX de 11 ligure 1»i.

est la charnière et L le moraillon alésé et traversé par un an S, pivotant sur la cloison et auquel se visse un écrou N

une manette W. Quand l'écrou est desserré, on tourne le jn, le moraillon est dégagé et l'on peut ouvrir la porte. ir les figures 192 à 194 on peut trouver tes dimensions et la isition des diverses pièces du bouclier. La chemise se compodc deux tôles, l'une d'un 1/2 pouce (0,0127 m,) et l'autre de le pouce (0,0090 m.). Aux joints, il y avait des plates-bandes

1/2 pouce (0,0127 m.) d'épaisseur et 12 pouces (0,30 m.) de

l'installation au puits Ouest, analogue d'ailleurs à celle du puits Est. La vapeur était fournie par trois chaudières de 60 chev. et une chaudière locomotive do 50 chev. Ces chaudières alimentaient les machines et les pompes.

La lumière électrique était prise directement sur les câbles de distribution de la ville.

L'ascenseur du type Lidgerwood était muni de griffes de sûreté et

IfeiUJsl

Plan et coupe de l'installation mécanique.

**ïdé par quatre câbles métalliques. Il était actionné par une machine simple tambour de Crook avec deux cylindres de 8 pouces X *£ pouces (0,20 m. X 0,30 m.). Les signaux étaient donnés du bas 11 puits et répétés dans l'usine à l'aide de coups frappés sur un gong. '^s mécaniciens agissaient sur la machine par une valve d'admisl< *n de vapeur et un frein à friction. Des marques fixes sur le ^•fele leur indiquait les points d'arrêt.

On a déjà dit qu'il y avait un petit compresseur Rand et un °rnpresseur Ingersoll de 18 pouces X 24 pouces (0,47 m. X '>*Sl m.) faisant 438 tours à la minute. Ce dernier a dû tourner

ontage des segments du revêtement en fonte. Ce vérin i par un tuyau N et un robinet à u tuyau d'alimentation d'eau sous

les dimensions des puits rendaient

le la vérification de l'alignement. On

. dans le puits, de l'échafaudage deux fils à plomb espacés de 8 pieds l'un de l'autre, et composés de Fig . a^. Joint des

âano, portant des poids de 12 livres tuyaux d'eau sous la

Songeant dans l'eau en bas du puits.

A l'aide de ces deux fils, on détermina un point à 100 pieds (30,48 m.) et quand sa position ne varia que de 3/8 pouce (0,01 m.} dans trois opérations, on le considéra comme exact. On marqua le point ainsi déterminé à l'aide de clous en cuivre fixés sur des tampons en bois, dans la partie ouverte dans le rocher; dans les parties revêtues en fonte, on le marqua directement sur les nervures à i i l'aide d'un ciseau.

Quant au nivellement, on se repérait , à une marque faite sur un bouchon en fer scellé au plomb dans la paroi latérale du puits; on établit ensuite des niveaux semblables dans les parois rocheuses du souterrain. Dans la partie revêtue en fonte, on fixa sur les nervures des pièces de chêne d'environ 12 pouces (0,30 m.) de côté et 2 pouces (0,05 m.) d'épaisseur.

Le niveau se vissait à des colliers fixés sur cette pièce ; une fois la hauteur de l'instrument déterminée, on pouvait en n point quelconque par les procédés ordinaires.

hauteur d'u

e du travail. — Le 22 septembre, le travail fut repris

direction de M. Emerson Mac Millen, président de la compagnie, par MM. Jacobs de Londres, ingénieur en chef, J.-Y. Davies, ingénieur chargé de l'alignement et du nivellement, et W.-I. Àims, ingénieur chargé de la conduite du chantier.

Ici, comme à la rivière Saint-Clair et à la rivière de l'Hudson, on s'étonne de voir que Ton ait attendu si longtemps, dépensé tant d'argent et de peines, avant de recourir à la méthode du bouclier, qui a permis d'exécuter, avec plein succès, toute la partie difficile du travail. On sent que les ingénieurs, imbus des premières erreurs commises dans son emploi, conservent un préjugé contre le bouclier. Aujourd'hui encore à Boston, pour l'exécution d'un réseau métropolitain, on préfère défoncer les plus belles voies de la ville que d'y recourir.

Page 1