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Fig. 297. — Elévation d'un cintre et de son assemblage.
diaire de la poutre mobile, soutenaient le blindage provisoire et servaient à l'exécution de la maçonnerie.
Ces cintres métalliques avaient une âme de 0,36 m. de hauteur et
0,01 m. d'épaisseur,raidie sur les bords par quatre cornières — ^ — .
Us étaient formés par deux morceaux symétriques assemblés par trois éclisses placées de chaque côté de l'âme et sous la semelle inférieure (fig. 297 et 298). Ces cintres étaient espacés de 1,00 m. d'axe en axe et réunis entre eux à la hauteur de chaque vérin par six entretoises (fig. 299). Ces entretoises, en fera I, reposaient sur des cornières 55x55x7 attachées aux cintres auxquels elles étaient fixées par deux boulons de 18 mm. Les cintres, au nombre de 30, ainsi entretoisés, formaient une carcasse solide capable de recevoir la poussée des vérins.
Ces derniers étaient primitivement alimentés par deux pompes 4 bras placées de chaque côté du plancher de travail. On reconnut
bien vite que ces pompes étaient trop lentes et absolument insuffisantes. On ne put faire monter la pression au-dessus de 50 kg. correspondant à un effort de 22,6 t. par vérin, soit à un effort total de de 135,6 t.; et cela an prix de très grandes fatigues pour les ouvriers. On établit sur le côté gauche du bouclier (fig. 290), quatre pompes actionnées par une dynamo de 220 volts 20 amp.
La transmission se faisait par engrenages avec pignons en cuir et les pompes, attaquées par des excentriques, fonctionnaient alternativement. Chacune de ces
Fig. 298. — Coupe d'un cinlre l{ . „„,., .. . ,
sur l'raembkge. pompes {fig. 300) avait un piston
de 40 mm. de diamètre et une
course de 0,10 m. Elles puisaient l'eau dans une bâche, placée
de l'autre côté de la plate-forme de travail (fig. 290), et la refou-
laient à une pression pouvant atteindre 200 kg. dans les vérins, par une tuyauterie en cuivre de 14 mm. d'épaisseur. Celte tuyauterie était double, de façon à pouvoir faire l'admission dans les deux
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sens, et chaque vérin était muni d'un robinet permettant de l'isoler.
On installa enfin, pour activer l'évacuation des déblais et éviter on jet de pelle sur la plate-forme de travail un transporteur représenté sur les Ggures 289 et 290. Ce transporteur se composait
Fig. 300. — Pompe de compression.
d'une courroie en coton, mise en mouvement par une dynamo de 220 volts, 15 à 20 amp. Les déblais, jetés par les ouvriers occupés h. l'avancement sur le transporteur, étaient versés directement en arrière du bouclier dans les wagons destinés à les emporter à la décharge.
Fonctionnement de l'appareil. — Le déblai était fait à l'abri de l'avant-bec jusqu'à l'arête de la trousse coupante et dressé sui-
vant un talus aussi raide que le permettait la nature du terrain. Quand il était bon, on déblayait devant le plancher sur une longueur de 1,00 m. correspondant aune course en laissant un talus du 1/4. Lorsqu'il ne pouvait se tenir avec une pareille inclinaison, on fractionnait la course. Il fallait en même temps procéder à une opération délicate, l'exécution, en face de chacun des longerons, d'un four pour placer la semelle et les rouleaux sur lesquels devait s'avancer le bouclier (fig. 289). Les semelles reposaient généralement sur un cours de planches de sapin, qui ré par lissaient la pression sur le sol et servaient ultérieurement de points d'appui aux cintres et à la maçonnerie. Sur deux points, on trouva un
sable argileux mouillé dans lequel on dut battre de petits pieux pour soutenir ces semelles.
Le bouclier se trouvant dans la position de la figure 289, on mettait en mouvement les pompes et on introduisait l'eau sous pression dans les vérins. Les liges de ces derniers prenaient point d'appui sur les cintres. Ces derniers, entretoisés les uns aux autres au nombre de 30, formaient, tant par leur poids que par le serrage du terrain, une masse suffisamment résistante pour supporter l'effort des vérins. On n'a eu que rarement besoin de placer è l'arrière des contrefiches de butée. Le bouclier avançait sur les rouleaux, présentés successivement sous les sabots en fonte. Le couteau pénétrait dans le sol qui était ainsi désagrégé et, sauf Je rares exceptions, tombait naturellement sans le secours des ouvriers.
La maçonnerie se faisait environ 10 à 20 m. en arrière. On commençait par exécuter des murettes sur la hauteur du calage des cintres, puis on montait la voûte. A cet effet, on enlevait un à un les couchis du blindage, en déplaçant les coins et les butons, et on les reposait sur les cintres, comme l'indique la figure 301.
Cette opération était longue et délicate; dans les sables, il arrivait souvent qu'au moment de l'enlèvement du couchis, il se produisait des poches et même de véritables fontis venant jusqu'au pavage. On était, par suite, obligé de laisser beaucoup de bois, sans cependant pouvoir éviter les tassements de la chaussée. Aussi l'entrepreneur se décida- t-il, en montant le blindage, à placer derrière les couchis des feuilles de tôle mince d'un 1/2 mm. d'épaisseur. Ces feuilles, quand on enlevait les couchis de blindage, étaient évidemment trop faibles pour supporter la poussée des terres, mais elles empêchaient le sable de couler et firent cesser complètement les excavations. Au début, quelques-unes de ces feuilles furent entraînées pendant l'avancement du bouclier; aussi prit-on soin de les replier sur le bord, de manière à ce qu'elles fussent prises entre les extrémités des couchis. Avec cette précaution, les entraînements devinrent extrêmement rares. On employa 1 261 feuilles de 100x100x0,0005 et 13 546 feuilles de 0,80x1,05x0,0005; ces dernières plus larges permettaient d'exécuter le rebord dont il vient d'être parlé.
L'exécution de la partie basse, tant comme déblai que comme maçonnerie, s'est faite par les méthodes anciennes, et il n'y a pas lieu d'en parler ici.
Organisation générale du chantier. — Les déblais, jetés sur le transporteur, tombaient dans des wagons amenés immédiatement derrière le bouclier. Ces wagons, formés en train, étaient emmenés directement à la décharge par deux locomotives à vapeur jusque dans une île submersible de la Seine, un peu en aval du pont de Clichy. L'entrepreneur avait obtenu du propriétaire l'autorisation de déposer 60 000 m 3 dans cette île, de manière à la relever au-dessus du niveau des crues. Il avait, à cet effet» percé, entre l'extrémité aval du collecteur et la berge, une galerie de service boisée, et jeté une passerelle en bois sur la Seine.
quand le bouclier était en marche, le transporteur était au repos et on pouvait au besoin arrêter le ventilateur.
Marche du travail. — Travaux préliminaires. — L'entrepreneur, qui n'avait qu'un très court délai d'exécution, profita, de ce qu'à l'extrémité aval, la couche de terre au-dessus de la voûte était plus épaisse, pour commencer le travail sur bois pendant que l'on construisait le bouclier. Il exécuta ainsi, du 10 août au 2 décembre 1895, 453 m. de voûte, soit un peu moins de 3,00 m. par jour.
Pour arriver à cet avancement, il fallut employer 3 équipes de huit heures et obtenir des ouvriers par des primes un travail exagéré.
Pendant ce travail sur bois, on observa deux tassements successifs de la chaussée, l'un au moment de l'abatage et l'autre au décintrement. Le tassement total était au minimum de 0,06 m., et rien ne prouve, en raison de la grande quantité de bois abandonné, derrière les maçonneries, que ces tassements ne continueront pas. Il a été en effet abandonné sur ce parcours 15 733 m. linéaires de planches en sapin de 0,041 m. et 4 964 m. linéaires de bastaings de 0,08 m. X 0,16 m., soit en moyenne 46 m. linéaires de planche5 ou un 1/2 m 3 de bois par mètre courant.
Pendant l'exécution avec le bouclier, on dut laisser encore des planches, tant qu'on n'eut pas recours aux feuilles de tôle, mais, après cette amélioration, la perte fut insignifiante. On abandonna en moyenne 0,054 m 3 par mètre courant. Encore cette perte estelle due, non pas au bouclier, mais à l'exécution des maçonneries.
Mise en place du bouclier. — Pour construire et mettre en place le bouclier sans interrompre ni gêner la circulation, on profita d'un carrefour. On y fit une fouille boisée parallèle au boulevard National, que l'on descendit jusqu'au niveau des naissances et dans laquelle on construisit le bouclier. Le montage fait par la maison Auge fut commencé le 21 novembre et terminé le 8 décembre.
Pendant ce temps, on avait ouvert latéralement sous la chaussée du boulevard une galerie boisée à l'emplacement du collecteur,
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secs, fins et coulants et, en raison de la grande hauteur du front d'attaque, il se produisit quelques glissements, qui déterminèrent des tassements de la chaussée. Le moindre vide, laissé sur le flanc, causait le long de la surface lisse de l'enveloppe un tassement qui venait au jour. Néanmoins, même dans ces passages difficiles, jamais la circulation ni le passage des tramways ne fut arrêté.
Il est certain qu'avec un terrain aussi ébouleux, il aurait fallu fractionner en deux étages le front de taille, et peut-être mettre des cloisons verticales qui auraient été bien moins encombrantes que les poutres elliptiques.
Etat du bouclier. — A la fin de ce long parcours de 1 255 m., le bouclier était encore en bon état ; la figure 303 le représente tel qu'il était, après l'achèvement du travail et l'enlèvement du transporteur. On aperçoit à droite les pompes et à gauche le réservoir d'eau.
La poutre mobile était seul disloquée ; mais elle ne servait ni à soutenir la queue du bouclier, ni à reporter l'effort sur les cintres ; il eût mieux valu, pour ces derniers, que les tiges des vérins fussent munies de larges patins. Son seul usage était de soutenir le faux chapeau pendant l'exécution du blindage, et il eût été facile d'imaginer un autre dispositif.
Tassements. — En dehors des incidents dont il a été parlé, il y a eu un tassement normal de 0,06 m. comme pour l'exécution de la voûte sur bois; à savoir 0,03 m. au moment de l'échappement de la queue du bouclier, et un autre analogue au tassement des cintres pendant l'exécution de la maçonnerie.
À la fin, les tassements s'aggravèrent par suite du mauvais état des cintres ; ils s'étaient déformés sous la poussée des vérins, appliquée seulement, sur le diamètre de leurs tiges, au lieu d'être largement répartie ; les trous de boulons des éclisses s'étaient ovalisés et avaient pris du jeu ; mais ces défauts auraient pu être facilement corrigés.
Enfin, on l'a vu, dans les terrains ébouleux, les petites excavations laissées sur les flancs du bouclier étaient masquées par les