‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrains (volume 2)Chapitre 26 sur 57 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Il sera parlé dans ce chapitre d'un certain nombre de travaux où il a été fait emploi, soit du bouclier, soit de l'enveloppe en fonte, et sur lesquels on ne possède que peu de renseignements ou des indications partielles. L'énumération en est certainement encore très incomplète, mais ceux qui seraient omis sont d'une importance secondaire.

Anvers. — Il a été déjà dit que le premier souterrain, exécuté i l'air comprimé, avait été fait à Anvers en 1879 par l'entrepreneur français M. Hersent.

Ce souterrain avait pour but de mettre en communication, avec les machines d'épuisement, les puisards d'un certain nombre de formes de radoub. Il devait être ouvert, à 5,50 m. en contre-bas du niveau de l'eau, dans une couche de sable vert sans consistance. Il eût été très coûteux et encore plus dangereux de procéder par épuisements, ce qui aurait inévitablement causé des affouillements et compromis la solidité des constructions voisines.

Le travail comprenait la construction d'un puits, en maçonnerie de 3,70 m. de diamètre extérieur et 2,50 m. de diamètre intérieur. Il fut foncé, mi-partie à l'air libre et mi-partie à l'air comprimé jusqu'à 12,25 m. de profondeur; après quoi le fond fut maçonné. La partie supérieure du puits fut recouverte d'un plateau métallique et munie d'une écluse pour la sortie des déblais et le passage des pièces de fonte de revêtement du souterrain. Pendant le fonçage, on avait traversé 3,50 m. de remblai, 2,50 m. de terre végétale, 2,75 m. de sable argileux verdàtre coquiller et enfin 3,50 m. de

sable verdàtre très fin sans consistance. L'oriflce pour le départ de la galerie avait été préparé dans l'enveloppe en tôle du puits, ei c'est sur cet orifice que sont venus se boulonner les anneaux eo fonte du blindage de la galerie (fig. 317).

Fig. 317. — Coupe du puita et de la galerie.

La galerie était en ligne droite sur 58 m., en courbe sur 16 m. et se raccordait avec le puisard des pompes par une ligne droite de 16 m. Sa forme était à peu près ovale ; elle était

Fig. 318. — Coupes transversale et longitudinale du revêtement en fonte.

composée (fig. 318) d'anneaux en fonte de 0,50 m. de longueur, en quatre pièces, munies de nervures et assemblées avec des boulons. Les joints étaient rendus étanches par l'insertion d'une corde goudronnée, comprimée par le serrage des boulons.

Les plaques occupaient extérieurement 1,75 m. de hauteur el 1,50 m. de largeur et laissaient un espace libre de 1,50 m. sur 1,20 m.

Le déblai à l'avancement a été fait par tranches de 1 m. de longueur à partir du dernier anneau posé ; on donnait à la fouille sur tout son pourtour 0,20 m. en plus de la dimension des anneaux, pour pouvoir les poser aisément. Aussitôt qu'un anneau était mis en place, on le bourrait tout autour avec du sable et on mettait un peu d'argile à la partie supérieure, pour empêcher l'air de s'échapper. Après le démontage de récluse, on constata que la galerie était parfaitement étanche.

Ce travail a été payé à forfait 75 000 fr. ; si Ton cumule les 12,25 m. de puits et les 90 m. de galerie, on trouve un prix moyen de 733 fr.

L'exécution de ce souterrain ne paraît pas avoir donné lieu à de grandes difficultés, à en juger par la façon dont la fouille était conduite. Il n'en a pas moins le mérite d'être la première application

Fig. 319. — Coupes transversale et longitudinale pour l'exécution des déblais.

ftux souterrains de l'air comprimé et de l'enveloppe en fonte et d'être peut-être le seul exemple d'une enveloppe en fonte non circulaire. C'est à ce titre qu'il est cité, alors qu'il ne sera pas parlé de bien des souterrains exécutés sous l'eau à l'air comprimé.

Glasgow. — Il a été construit également sous les rues de Glasgow deux petits souterrains dont l'un de 4 pieds (1,22 m.) de diamètre à l'air comprimé, avec revêtement métallique sans bouclier. Ce souterrain a été construit dans le sable mouillé, le gravier et le ballast, et l'avancement était de 1 1/2 yard par jour (1,37 m.).

Le procédé d'avancement ressemble beaucoup à celui en usage avec les boucliers Greathead. On avait l'habitude de faire la fouille en avant du revêtement pour 2 anneaux, soit 3 pieds (0,91 m.)

On employait pour supporter le toit pendant la pose des anneaux onze planches de blindage aa (fig. 320) maintenues en ayant par les boisages bb et reposant en arrière sur les anneaux terminés. Ces planches allaient en montant de 3 pouces (0,076 m.) sur leur longueur, de manière à permettre la pose du blindage pour les anneaux suivants. Pour effectuer la pose des anneaux 25 et 26 par exemple, le mineur enlevait un des élançons b sous une planche de couronne a, et faisait une fouille en avant sur la longueur d'une planche a 2 , et la butait avec Tétançoné 1 (fig. 319). Il continuait de même en s'élargissant de chaque côté jusqu'à ce que toutes les planches a* fussent posées et butées sur des étançons b*. Avant de poser chaque planche on avait bien soin de la recouvrir d'une

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