EPAISSEUR DE L ENVELOPPE
DÉSIGNATION du bouclier.
DIA1IÈTKE extérieur.
KPAISSEUH
de T enveloppe.
OBSERVATIONS
Clichv ... ....
Mètres.
Mètres.
2 tôles de 3/8 pouce.
i — d'un 1/2 pouce et 1 de
3/8 pouce.
2 — d'un 1/2 pouce.
2 — de 1 /4 pouce.
2 — de 1/4 pouce.
2 — de 3/8 pouce.
2 — de 5/8 pouce.
1 — mais avec des couvre-
joints.
2 de 14 millimètres.
4 de 5/8 pouce.
Rivière de l'Esl
Cily and Soulh London.
Glasgow Dislrict ....
Waterloo and City . .
Glasgow harbonr. . . .
Rivière Saint-Clair .
Clichy
Blackwall
A ce type appartiennent les boucliers du souterrain de la Tour, du Cily and South London, de Kingslon, d'Edimbourg, de Waterloo and City, des siphons de Clichy et de la Concorde. Le lourd anneau en fonte qui forme la trousse coupante des boucliers américains de Beach peut également s'y ratlacher. Il est important de remarquer que ce sont tous des boucliers construits pour travailler dans les terrains durs appartenant à la première catégorie.
Dans le cas de terrains ébouleux, Greathead avait lui-même prévu, dès 1876, dans le bouclier qu'il avait étudié pour le souterrain de Woolwich dont il a été donné un croquis, le renforcement de la tôle d'enveloppe par des goussets en tôle et cornières sur lesquels peuvent s'appliquer une seconde enveloppe cylindrique
rejoignant la première en forme de cône. Cette tôle forme ainsi une surface de glissement contre laquelle s'écoulent les terres découpées par le couteau. Elle est indispensable toutes les fois que le bouclier doit traverser des terrains mous, qui ne permettent pas de pénétrer dans la partie avant du bouclier et qu'on laisse écouler par des ouvertures plus ou moins nombreuses dans la cloison. Sans celte tôle, les terres se serreraient entre les goussets et empêcheraient l'avancement. Ce sont les terrains de deuxième catégorie, auxquels se rattachent les souterrains de la rivière Saint-Clair, de l'Hudson, de la rivière de l'Est et du Blackwall.
Quant aux terrains de la troisième catégorie, insuffisamment durs pour se tenir sous un talus vertical, mais dans lesquels il est néanmoins nécessaire de faire une fouille pour préparer le passage du bouclier, ils permettent de supprimer la tôle de garniture et de se contenter des goussets. Les vrais boucliers de ce type sont les deux boucliers du collecteur de Clichy.
La même disposition a bien été appliquée au souterrain sous la Mersey, mais il ne faut pas oublier que le bouclier n'avait pas été conçu pour cette nature de terrain, que le couteau s'est déchiré et qu'il a été conservé, après avoir été toutefois renforcé, uniquement parce qu'il y avait grand intérêt à l'utiliser tel qu'il était.
Dans les boucliers du souterrain du port à Glasgow, l'épaisseur de l'enveloppe a été simplement augmentée sans emploi de goussets ; mais cette disposition n'a pu être admise qu'en plaçant la cloison à 1 pied (0,30 m.) de l'arête, ce qui était une erreur comme cela ressortira plus loin.
En tout cas ce couteau doit être très fort; car il peut être déformé, ce qui entrave la marche du bouclier et entraîne de graves conséquences. Les exemples en sont nombreux et les plus remarquables sont ceux des souterrains de la Mersey et de Blackwall.
Avant-bec. — L'avant-bec est la partie comprise entre l'arête tranchante du couteau et la cloison verticale qui divise le bouclier en deux.
Au début, cet avant-bec était excessivement court, de sorte qu'il était impossible d'y travailler. C'est ainsi qu'il est réduit à
des longueurs d'environ 1 pied (0,30 m.) aux boucliers du City and South London et à tous ses similaires. Cette disposition a de graves inconvénients et oblige à exécuter en avant du couteau d'importants boisages dont une grande partie sont perdus. En terrain dur, il y a une grosse perte de temps et d'argent. A la vue de tous ces boisages, la question se pose même de savoir s'il ne vaudrait pas mieux dans ce cas se dispenser du bouclier, comme au petit travail de Glasgow décrit au chapitre xiv.
Il est cependant facile de remédier à ce défaut et M. l'ingénieur Uay a appliqué, au Waterloo and City, une visière qui n'est, en réalité, puisqu'elle fait presque la circonférence entière et que l'arête tranchante reste dans un plan vertical, qu'un allongement de la chambre de travail qui se trouve portée ainsi à 1,14 m. A la station de la Cité, sur la même ligne, le même ingénieur a été plus loin; il a supprimé la cloison et, pour maintenir les terres, pendant l'exécution de la fouille en avant du bouclier, il a muni les planchers de travail de vérins qui les appuient contre le front de taille et le butent. Celte disposition très ingénieuse a permis de supprimer les galeries boisées ; mais d'aulreparl, dans ce travail, le ciel a pu sans inconvénient rester sans aucun appui, sur la longueur de l'avancement ; il faut donc reconnaître que le terrain était exceptionnellement facile et il est peut-être prématuré de tirer de cette expérience une conclusion quelconque. La seule chose certaine, c'est que la galerie boisée primitivement en usage est inutile, et que, si l'avancement est assez rapide dans cette nature de terrain, il est possible de se dispenser des boisages, ou tout au moins de se contenter du parapluie de M. Berlier ou des palplanches horizontales du collecteur de Clichy, qui soustraient momentanément le toit à l'action de l'air et le soutiennent très suffisamment jusqu'au momentoù le bouclier vient offrir une protection définitive.
Lorsqu'il s'agit d'un terrain mou, et si l'on conserve l'arête tranchante dans un plan vertical, il n'y aurait, à la rigueur, pas d'objection sérieuse à conserver un avant-bec très court ; mais il faut toujours prévoir qu'il peut devenir nécessaire de pénétrer en avant delà cloison, soit pour enlever des troncs d'arbres, comme sous la Mersey, soit parce que le terrain mou ne règne que sur une partie de la hauteur, et il est prudent de conserver à la chambre
de travail une longueur suffisante pour que les ouvriers puissent s'y tenir et travailler à l'abri du bouclier. C'est ainsi qu'il lui a été donné à la rivière Saint-Clair, 3,43 m., à l'Hudson 2 pieds 6 pouces (1,73 m.;, à la Mcrsey 3 pieds (0,91 m.), à la Rivière de l'Est 3 pieds 8 pouces (1,12 m.}, soit en moyenne 1,50 m.
Avec un terrain ébouleux sec, qu'il est nécessaire de fouiller, mais pour lequel il est cependant prudent de laisser aux terres un talus, la chambre de travail doit être encore plus longue. Celle remarque s'applique surtout avec le travail à l'air comprimé. Il est inutile de revenir sur les dangers que présentent les boisages injectés, si ingénieusement imaginés par Grealhead au City and South London, sur l'accident de Melbourne et sur les dispositions vicieuses employées à Glasgow. Grealhead, qui a collaboré aux boucliers de la Mersey et de l'Hudson, qui avait prévu pour le Norlh and South Woolwich, autant que permet d'en juger le seul croquis qui en reste, une large chambre de travail, aurait élé le premier à condamner une chambre trop courte. Son élève, M. Hay, a pris son brevet pour rallongement de la chambre, pour la partie du Waterloo and City, où Ton devait traverser une couche de gravier à l'air comprimé. Il ne saurait donc y avoir de doutes. Enfin le bouclier de Blackwall présente une 1res grande chambre de travail, que viennent compléter les blindages du front de taille et les écrans de sécurité.
Lorsqu'il n'est pas nécessaire de recourir à l'air comprimé, la cloison disparaît et la chambre prend toute la longueur correspondant au talus des terres, soit en brisant le talus par des trousses coupantes horizontales, comme dans le bouclier Beach, soit en adoptant la forme en visière, comme dans le bouclier Mackensen et dans les boucliers du collccleur de Clichy.
L'allongement de la chambre de travail a eu comme conséquence indirecte la suppression de l'anneau en fonle destiné à renforcer l'enveloppe età porter le couteau, etson remplacement pardes goussets et une seconde enveloppe de moindre diamètre, solidement reliée à la première, comme il a été expliqué à propos du couteau.
Dès que le diamètre est un peu grand, la poutre circulaire ainsi formée ne présenterait pas encore une résistance suflisante à la poussée des terres et aux efforts qui se produisent dans le couteau
pendant l'avancement. Aussi devient-il indispensable de renforcer l'enveloppe par des divisions verticales et horizontales qui constituent un puissant entretoisement. Ces divisions jouent d'ailleurs dans le travail un rôle important, soit comme planchers pour les ouvriers, soit pour fractionner la chambre de travail en cellules. Elles vont être plus particulièrement examinées à ce double point de vue.
Divisions horizontales. — Il n'y avait pas une hauteur suffisante pour permettre de diviser le front d'attaque par un plancher, au souterrain de la Tour qui n'avait que 7 pieds (2,13 m.), aux siphons de la Concorde et de Clichy dont le plus grand avait un diamètre de 2,50 m., à la Mersey avec une hauteur de 3,04 m., au City and South London ou au Glasgow District Subway avec des diamètres de 3,35 m. et 3,68 m., ni même au Waterloo and City avec un diamètre de 3,96 m. ; la hauteur de chaque étage eût été trop faible pour que l'on pût y travailler à l'aise. Le môme motif s'applique au souterrain de Clichy extra muros, mais déjà avec moins de raison. Mais on ne saurait l'expliquer à Glasgow, avec le diamètre de 5,18 m., où, en pratique, il a fallu d'ailleurs diviser le travail en deux, en exécutant en avant du bouclier, sans abri, une galerie supérieure boisée. C'est ce qu'avaient bien compris les constructeurs du bouclier de la Rivière de l'Est. Avec la faible hauteur de 3,35 m., ils ont cependant ménagé deux étages au moyen d'un plancher prolongé par une plate-forme de travail.
Le tableau ci-après donne l'espacement des plates-formes dans les grands boucliers :