‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrainsChapitre 24 sur 63 · I. pompe électrique (incendie · texte numérisé non relu

I. pompe électrique (incendie

J, Appareil d'épuration des eaux K,K*, réservoirs.

S, est.icade pour déversemeDl

des déblais.

N, coffre à charbon.

0, treuil.

P, puits.

Fig. 252. — Plan gciicral de Tins lallation.

Installations. — On ne disposait pour l'insIttUalion que d'un espace fort restreint sur le trottoir de 5 ra. du quai d'Orsay, arec emprise de 7 m. sur la chaussée, soit eu tout 12 m. de largeur. La surface totale était limitée à 430 m'. Tous les déblais devaient être évacués par la rivière.

L'entrepreneur fut autorisé k établir sur la Seine une estacade de 20 m. de longueur et 8 m. de largeur. Le plancher de cette estacade reposait sur deux (îles de pieux espacés de 6 m. L'espace entre ces pieux devait rester libre pour le stationnement des

Fig. 253. — Cfiupo transversale du chantier

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bateaux destinés à recevoir les déblais ; on ne put donc les contreventer. Comme ils n'avaient qu'une très faible fiche de 3,50 m. dans la vase et qu'ils s'étaient arrêtés sur le calcaire grossier, il parut prudent de les amarrer au mur de quai par de fortes chaînes pour assurer la stabilité du plancher qui devait recevoir deux com-

presseurs tournant à grande vitesse. Le résultat fut satisfaisant. Toute rinstaliation (fig. 252 et 253) fut placée sous un grand hangar couvrant le quai et Testacade. L'outillage mécanique était pour la majeure partie celui qui avait servi à Clichy, sauf le remplacement des machines à vapeur par des moteurs électriques. On y retrouvait au-dessus du puits le pont roulant de 12 t. supporté par deux palées de 6,50 m. de hauteur. Deux groupes de machines indépendants Tun de l'autre produisaient l'électricité nécessaire pour l'éclairage et la force. Les connexions du tableau de distribution étaient disposées de manière qu'une quelconque des génératrices pût actionner indifféremment toutes les réceptrices.

L'un des groupes se composait d'une machine à vapeur F, à grande vitesse (450 tours) à la minute, à détente variable et échappement libre, actionnant par courroie une dynamo génératrice de 11 000 watts, à la tension de 120 volts. Le courant ainsi obtenu était employé en partie à l'éclairage comprenant 3 lampes à arc et environ 50 lampes à incandescence et en partie à la marche de l'électro-moteur du treuil. Elle pouvait développer normalement 6 à 7 chev. à la vitesse de 850 tours. Tout ce groupe avait été installé par la maison Sautter, Harlé et C''.

L'autre groupe beaucoup plus puissant se composait d'une machine à vapeur Willans E actionnant directement une dynamo génératrice Postel Vinay, tournant à 520 tours et donnant normalement 2j 000 watts sous une tension de 120 volts. La dynamo fournissait le courant à un moteur Rechniewski H pouvant développer en marche normale 18 chev. et actionnant l'arbre principal, qui commandait le treuil du pont, le petit compresseur d'air D' ' à haute pression pour l'injection du mortier et le compresseur de 250 m'. D du même type. Ces deux compresseurs, ainsi que les compresseurs à action directe D' et D' pouvant donner de 450 à 650 m\ d'air comprimé à l'heure à la vitesse de ilO tours, étaient ceux qui avaient déjà servi à Clichy.

Une autre réceptrice H', du môme type que la précédente, actionnait une pompe centrifuge qui assurait normalement le fonctionnement du condenseur à jet d'eau de la machine Willans et pouvait servir en cas d'incendie.

L'installation primitive ne comprenait que deux générateurs

Niclausse L produisant normalement 75ft kg. de vapeur à l'heure ; mais on dut leur adjoindre une troisième chaudière C donnant 1 200 kg. de vapeur, qui fut installée sur le quai. A côté de cette chaudière se trouvait un réservoir K et un épurateur Howatson J.

Les épuisements furent assurés par deux gros pulsomètres installés en bas du puits et pouvant refouler 150 m' d'eau à l'heure à 25 m. de hauteur. Sur l'estacade se trouvait le couloir de déchargement des bateaux et un petit atelier de réparation et d'entretien. Enfin rinstallation était reliée, à titre de secours, à la canalisation de la Compagnie Parisienne de l'air comprimé.

Cette installation assez complexe fut faite rapidement. M. Berlier prit possession du terrain le 3 avril 1895 et donna le premier coup de pioche le 12 juin suivant.

Fonçage du puits. — On put exécuter la fouille à l'air libre jusqu'au niveau de Teau à la cote 27. On mit alors en place la trousse coupante et le cuvelage de raccord avec la galerie. Pour éviter les difficultés rencontrées à Clichy, on installa de suite audessus de l'entrée de la galerie le cône de raccord avec la cheminée se terminant par le sas à air.

La mise en service de l'air comprimé eut lieu le 2 juillet, à la cote 25,65 m., dans une couche de vase verdâtre et sableuse (fig. 248). À la cote 25,30 m. on rencontra les assises inférieures du mur de quai, dont on atteignit la base à la cote 23,76 m. On entailla encore jusqu'à la cote 20,14 m. un des pieux qui portait cette fondation, et le 29 juillet la trousse reposait dans un banc de calcaire à la cote de 14,27 m.

Pour obtenir l'enfoncement, on chargea le puits d'abord de 100 t. de saumons, puis on dut remplir d*eau Tespace entre la cheminée et le cuvelage. Enfin, pendant la descente, on laissait tomber la pression. On assurait ainsi une surcharge qui atteignit, à la fin de l'opération, 220 t., ce qui correspond à une résistance d'environ 1 500 kg. par mètre carré de surface de frottement.

Afin de rendre le puits é tanche, on exécuta au-dessous du couteau une fouille hémisphérique ; on fit ensuite sur le terrain même un enduit en ciment de Portland très soigné sur lequel on coula le radier en béton de ciment que Ton recouvrit d'uu nouvel enduit.

Amorce de la galerie. — On procéda alors au démontage du

tampon'qui fermait l'orifice du souterrain et on fouilla une chambre d'une longueur suffisante pour loger le bouclier et la pièce de raccordement du puits et de la galerie. Cette fouille fut consolidée

par un revêtement en briques, et au front de taille on boucha soigneusement les fissures du terrain.

On démonta ensuite le sas à air, la colonne et le cône de raccordement et on descendit le bouclier. Mais Teau avait pénétré par les fissures du terrain et il se trouva noyé. On dut épuiser pour pouvoir Feutrer dans Tamorce. Il fallut faire de même pour la pièce de raccordement, et, après avoir également descendu les châssis de l'écluse que Ton devait construire ultérieurement dans la galerie, on rétablit Tinslallation d'air comprimé. Toutes ces manœuvres très délicates durèrent près d'un mois et ce n'est que le 25 août que l'on posa le premier anneau du revêtement.

Le travail d'avancement continua avec régularité jusqu'au

23 septembre, époque à laquelle la galerie atteignit 33,20 m. de longueur. Le faible avancement de 1 m. par jour en moyenne et au maximum de 1,50 m., tenait à ce que les déblais devaient être enlevés dans de petites bennes et passés par l'étroit sas à air établi au sommet du puits. On construisit alors à 15 m. du puits une écluse constituée par un blocage en maçonnerie appliqué contre les parois de la galerie et formant un couloir de 5,50 m. de longueur, 1,20 m. de hauteur et 0,80 m. de largeur. Cette écluse se fermait, suivant Tusage, au moyen de portes en fonte.

Dès que Técluse eut été terminée et essayée, on put démonter définitivement le sas à air du puits et installer les pulsomètres destinés à relever Teau de la galerie (fîg. 254).

Marche du travail. — Le travail régulier fut repris le 25 octobre. On traversa jusqu'à 92 mètres de Torigine des bancs calcaires fissurés alternant avec des marnes verdâtres et grises. Ce terrain était très solide, mais Teau s'écoulait par les fissures et on perdait beaucoup d'air qui s'échappait en bouillonnant dans la rivière. On devait parfois recourir à la mine dans le rocher. L'avancement maximum était de 6 m. et l'avancement moyen d'un peu moins de 2,50 m. On rencontra en ce point, le 23 novembre, un amas de blocs bouleversés qui causa d'abondantes rentrées d'eau et une consommation d'air qui atteignit 50 000 m' par

24 heures. Les bouillonnements à la surface étaient très forts. En approchant du quai, on traversa une marne très compacte. Le

nS EMPLOI DU BOUCLIER

profil remontant en pente rapide, on sortit des marnes et, quand

SIr. 253. — Exécution de l'injeclion,

a arriva au mur de quai rive droite, on coupa le pied de 3 pieux

Pig. S56. — Coupe longitadinate du bouclier.

enfoncés dans le gravier d'aliuvions mélangées de sables gris et bleu&tres. L'avancement moyen en décembre fut de 2,54 m.

A» commencement de janvier, on rencontra une couche de vase

d'où se dégageait de t'acîde sulfhydrïque et qu'il fallut désinfecter,

ainsi que de vieilles fondations. Le 31 janvier, on élait & 224,40 m.

du piiils; on put nrrèler les compresseurs et remettre la galerie à

Fig. 2o7. — Travail dans le biiuclicr.

l'air libre. Il ne restait plus qu'à faire le raccordement avec le collecteur d'Asnières et h exécuter le revêtement en maçonnerie.

En résumé, le fonçage du puits a demandé 47 jours et le percement de la galerie 111 jours, soit pour ce dernier travail un avancement journalier moyen de 2,15 m.

L'injection (fIg. 255} s'est faite à l'aide de l'appareil Greathead. Le garnissage en béton de ciment avec enduit lisse n'a ofTert aucune particularité intéressante.

Le bouclier. — Le bouclier représenté en coupe par la figure 256 et en perspective par la figure 257 est du type déjà décrit des boucliers Greathead.

La seule originalité est d'avoir un parapluie M de protection pouvant se manœuvrer indépendamment du bouclier.

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