‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrainsChapitre 45 sur 63 · TERRAINS DIFFICILES · texte numérisé non relu

TERRAINS DIFFICILES

Surface

Pression

Surface

Pression

d'appui CD

Effort

par

d'appui en

Effort

par

centimètres

en tonnes.

centimètre carré

centimètres

en tonnes.

centimètre carré

carrés.

en kilogrammes.

carrés.

en kilogrammes.

Mètres.

de 3, à 6

de 10 à 20

— 5,5àll

-7, là 14,2

Ces efforts ne dépassent pas, en général , ceux auxquels on peut soumettre les maçonneries de voûtes appareillées. Cependant, dans les terrains difficiles, quoique TefTort de 20 t. soit élevé; que la longueur du bouclier et par suite la surface du frottement, aient été exagérées en la supposant égale au diamètre, il faut tenir compte d'autre part qu'à certains moments une partie seulement des vérins fonctionne et que, de ce fait, la pression pourrait atteindre des valeurs dangereuses. Ce mode d'appui ne peut donc ôtre appliqué qu'avec une grande prudence, dans des terrains relativement faciles et avec des diamètres modérés.

Autrement, il faudrait craindre, comme avec la maçonnerie fraîche, des dislocations qui compromettraient la solidité de l'ouvrage et rendraient impossible la direction du bouclier.

Il faudra probablement souvent mieux accepter l'artifice adopté au collecteur de Clichy et prendre point d'appui sur les cintres servant à la construction de la maçonnerie, en employant de larges patins pour bien répartir la pression.

Avancement de la queue du bouclier, — Avec le revêtement en fonte, le dégagement de la queue du bouclier se fait sur une surface lisse sans difficulté, et, à condition de bien remplir le vide

qui en résulte par Tinjection de mortier, il n'y a à craindre ni dislocations du revêtement ni tassements du terrain.

Avec la maçonnerie, Fessai n'a encore été fait que pour la voûte ; Texpérience a prouvé, d'une part qu'il n'y avait à craindre aucune dislocation de la maçonnerie, et que l'injection pouvait se faire et éviter tout tassement. Quant à la partie basse, au collecteur de Glichy, la nature du sol avait permis de la construire sur le terrain même et par suite de supprimer la queue au-dessous des naissances. Avec un terrain très mauvais ou dans Tair comprimé, il ne serait pas toujours possible de laisser à nu une aussi grande surface de sol. Il ne faut pas cependant songer à maçonner le radier sur les tôles de la queue du bouclier. Ces maçonneries fraîches pèseraient de tout leur poids sur les tôles auxquelles elles adhéreraient ; elles seraient par suite entraînées et disloquées. En outre, au fur et à mesure qu'elles échapperaient à la queue, avec quelque rapidité que fût faite l'injection, les maçonneries ne pourraient rester suspendues au-dessus du petit vide laissé par les tôles de la queue et elles auraient une tendance à tasser, ce qui entraînerait de graves désordres.

Gomment remédier à cet inconvénient ? 11 est certain que, si le besoin s'en faisait sentir, on ne tarderait pas à trouver un dispositif permettant d'y obvier. Il serait possible, par exemple, de mettre sous la maçonnerie une enveloppe en tôle mince qui éviterait son entraînement et suffirait à la maintenir pendant Texécution de l'injection. Brunel, auquel il faut toujours revenir, avait eu à lutter contre une difficulté analogue, et il en avait triomphé en employant un blindage en bois sur lequel s'appuyaient les jambes du bouclier, et qui était maintenu par elles jusqu'à ce que la maçonnerie fût exécutée. Quoi qu'il en soit, il paraît prudent de n'émettre une opinion ferme que lorsque Texpérience aura prononcé.

Eta?ichéUé à Pair comprimé. — L'air comprimé peut être employé de deux façons, soit dans une grande chambre de travail comprenant le bouclier et une partie du souterrain, soit en avant de la cloison du bouclier sur tout ou partie de sa hauteur.

Dans le premier cas, surtout avec de fortes pressions de 2 à 3 kg., le revêtement en maçonnerie présente une certaine infério-

rite. L'exemple du soulerrain d'Emmesberg, en Suisse, et surtout celui de THudson montre qu*ii est très difficile d'obtenir de grandes surfaces de maçonnerie étanches à Tair. L'emploi judicieux de rinjection de mortier diminuerait certainement les pertes dans le souterrain même ; mais il serait hardi d'affirmer qu'il les supprimerait. En tout cas, il serait difficile d'avoir un joint étanche entre la queue du bouclier et la maçonnerie. Il faut apporter des soins tout spéciaux, même avec le revêtement métallique, pour bourrer ce joint et, ainsi qu'il sera dit ci-après, bien des procédés ont été tentés, soit des lames flexibles, comme à la rivière Saint- Clair et à la rivière de l'Est, soit un bourrage d'argile, comme au Blackwall. Avec la maçonnerie qui ne peut être soumise à un frottement énergique, sous peine d'être arrachée et disloquée, le problème serait encore plus difficile.

Le second cas se présente seulement lorsque l'air comprimé n'est nécessaire que sur une partie seulement de la hauteur du souterrain. Les pressions seront par suite beaucoup plus faibles; les rentrées d'eau, qui pourraient se produire à l'arrière du bouclier, peu abondantes, et il est facile d'imaginer un système quelconque pour les éviter. Le problème se lie d'ailleurs à celui examiné ci-dessus, pour la construction de la partie basse à l'intérieur de la queue du bouclier; il parait pouvoir être résolu par les mêmes procédés.

Résumé. — En résumé, le revêtement en maçonnerie est certainement économique dans les terrains où il n'est pas fait emploi de l'air comprimé. Il peut ofTrir les mêmes qualités de rapidité d'exécution, de résistance et d'étanchéité que le revêtement métallique, et il se prêle à l'application de la méthode du bouclier sans difficulté. Il faut reconnaître au contraire que, avec de fortes pressions d'air comprimé, il se présenterait de sérieuses difGcultés et que le revêtement métallique serait d'une exécution plus aisée et plus sûre.

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