Salpêtre* — On choisit des cristaux longs et
minces que Ton conserve dans leur entier. L*usage de ce réactif est très-borné, et son objet estd'achever Toxidation des substances dont une partie a résisté à l'action de la flamme extérieure. Gela se fait en plon^t anl la poiiile d'uncristal de salpêtre duos la matière encore liquide; mais , aûn de prévenir le refroidissement du globule 9 on saisit d'avance Taiguille de salpêtre, avec des pincettes que l'on place eiUi c lu troisième et le quatrième doigt de la main droite, ce qui n'empêche pas de teuirle chalumeau de cette main comme à l'ordinaire. Aussitôtque Ton a fini de souffler, on enfonce le salpêtre dansla houle d'essai, et on l'y maintient \\\\ iiisLant. La masse fondue se boursoufle alors et de\ient écu^ meuse; tantôt elle prend une couleur dont la teinte s'éclaircit par le refroidissement, tantôt elle ne se colore qu'après un refroidissement complot. U n'y
ou CHALUMEAU. 79
a plus lien à BoofBer après la f améfaction de la matière d'essai , parce que c'est alors que la réaction 86 manifeste le mieux.
On n'emploie guèr^ le salpêtre que pour décoa« vrir des quantités de manganèse trop petites pour colorer le verre sans l'intermédiaire de ce réactif. Mais depuis que Ton a des moyens encore plus délicats de faire cette épreuve | le salpêtre est devenu presque inutile.
5é Aade borique vitrifié, — On le recueille et le conserve en pouJre grossière. Son emploi est limitéi mais nécessaire à la manifestation de Tacide phoBphorique dans les minéraux, suivant le procédé que je dirai en décrivant les réactions des phosphates.
6 et 7 . Gypse et SpatJi fluor, — Ces deux substances, bien desséchées, servent d'indice Tune pour l'autre, et n*ontpasd*autre usage; mais sous ce rapport elles sont d'un haut intérêt pour le chimiste minéralogiste. Si l'on met un petit morceau de gypse en contact avec un morceau un peu plus petit de spath 11 uor et si on les chauffe dans cet état , ils se liquéfient bientôt aux points do contact, puis se combinentet se transi'onnent, par la fusion, en une perle de verre incolore et transparente, qui prend Taspectd'un email blanc par le refroidissement. C'est ainsi qu'où emploie lu chaux iluatée comme réactif pour
le gypse et vice versât Le composé qui résulte de la fusion simultanée de ces deux corps paraît être un
sel double, formé d'acide fluoriqac , d'acide sulfurique et de chaux ^ et comme on ne peut obteuir une perle bien limpide qu'autant qu'on prend en volume un peu plus de gypse que de spath jQuor, il paraU que ce sel double se compose d'une particule de chacun des deux sels constituauts. Si Ton prend une trop grande quantité de Tun ou de l'autre > la fusion n'a lieu qu'imparfaitement. Lorsque la perle de verre a été sourni -i à un feu vif el prolongé , ou lorsqu on l'a tenue en fusion durant quelques instants sous un feu de réduction, elle se fige, se boursoufle , et se transforme en une masse angu«leuse; dès lors elle n'est plus susceptible d'entrer en fusion. Ce phénomène paraît tenir à la décomposition de l'acide sulfurique, d'où résulte un dégagement d'acide sulfureux, et une décomposition partielle du sel double. Le gypse n'est pas l'unique fondant du spath iluor, ni celui-ci le seul fondant de l'autre; le sulfatedebaryteelle spathfluord'une part , de l'autre le finale de baryte et le gypse fondent aussi très-bien ensemble; mais la fonte n'est jamais limpide, parce que le double sel calcaire qui en résulte n'a pas la propriété de dissoudre les deux sels de baryte en présence desquels il se trouve.
8. ISUrale de cobalt dissous dans l'eau. — Cette dissolution doit être très-pure , exempte de tout
DU CiULUMEAU.
alcali et un peu concentrée. Je la conserve dans une petite fiole , dont la forme et la grandeur sont
représentées (fig. 20 , pl. II), et ([ue j'enclave pour plus de sûreté dnns le cylindre destiné à creuser le charbon y après l'avoir garni intérieurement d'un morceau d'étoffe mince, en sorte que le verre ne porte pas immédiatement sur le métal et ne vacille en aucune manière. Cette fiole est fermée par un bouchon de liège dans lequel est implanté un fil de platine légèrement aplati par le bout^ et servant à puiser le liquide goutte à goutte.
On emploie ce réactif pour reconnaître la présence de Talumineet de la magnésie, qui donnent
avecroxide de cobalt, après une forte i^nition, la première une belle couleur bleue , la seconde un rose pâle. La silice n'empêche pas la manifestation de ces caractères. H y a deux manières de traiter une substance par le nitrate de cobalt, a) Si cette substance peut absorber une certaine quantité de la dissolution de cobalt , on remploie en morceau* Après avoir mis une goutte de la dissolution sur un e6té de la pièce d'essai, on la chauffe très-fortement en évitant toutefois de la fondre. Après quelque temps de grillage la pièce d'essai prend couleur ; si cette couleur est un bleu plus ou moins pur, on peut en conclure que la matière que l'on traite contient de l'aluiume j si elle tire sur le rouge
ou le rose^ c'est de la magnésie qu'elle renlerme.
0B l'bMPLOI
Dans lô deruier cas oo cbercfaie à la faire entrer eD fusion, parce que la fonte magnégienneconaerre la couleur rouge, et acquiert même ordinairement une teinte plus forte. La couleur bleue de l'akiinioe persiste bien aussi dans la i'uâion ; mais elle perd dus cette cireo&stânce sa qualité de caraetèie dis^ tânetif ; ear les fossiles qui contiennent dé la chaux etderalciilî sans alumine, fossiles qui ne prennent pas la couleur bleue avant de fondre, donnent aussi un verre bien par la fusion avec l'oxide de cobalt.
b) Pour des substances plus dures , par exemple pour des pierres cristallisées, lé procédé n*est plus
le même. On broie la pierre avec de l'eau dans le petit mortier d'agate jusqu'à ce qu'on Tait réduite en bouillie. On retire ensuite le pilon de la masse en le tenant dans une situation verticale; par ce moyen on enlève avec le pilon une goutte qui pond à son extrémité et qui renferme la partie la plus fine de la poudre minérale. On dépose cette goutte sur le charlMm qui en absorbe Teau, tandis que la poussière forme un petit sédiment à sa surface. C'est alors qu'on y ajoute une goutte de la dissolution de cobalt; on chauiïe ensuite peu à peu jusqu'au rouge. Durant cette expérience , il ne faut pus s'arrêter à l'examen des teintes successives de bleu et de rouge par lesquelles le sel passe avant de se décomposer, et qui se terminent toutes parle
DU OUALUHBàV.
noir; ce n'est qu'à l'instant de la plos viveincandescence que la réaction caractéristique se manifeste. Si Ton voit que la masse commence à se détacher du charbon, on pculalorsla saisir avec précaution entre les pincettes de platine, et y l'exposant dans cet état à la flamme du ehalomeau, la porter plue facilement au degré de chaleur néoesftaire.
On ne peut juger de la couleur que prend la matière d'essai qu'après un refroidissement complet et au jour. A la lumière d'une lampe ou d'une bougie le plus beau bleu paraît d'un violet salC} ou même presque rouge.
La quantité de solution de cobalt qu'il convient de prendre dépend du degré de concentration de cette solution. On l'apprend bientôt par expérience. La présence d*un oude métallique dans la matière d'essai anéantit complètement les réactions de la dissolution de cobalt. Quelques traces de salpêtre dans cettQ dernière suffisent pour changer ces phénomènes au point de colorer en bleu certaines substances qui sans cela ne développeraient point cette couleur; Exemple : la silice et la zircone(l).
(1) Ces rétctioM aTaicit été reconiives par Gaun long-temps inrant que M. Thêmard eût découvert le bleu qui so tait avec l'alumine et î'arséniate ou 1© phosphate tic roball ; et ces premières obs^rvatious l'avaient mené à la découverte de
84 i>£ l'emploi
9. Vétain. On emploie de préférence les feuilles d etain coupées par petites languettes , ou mieux en longues bandes de i pouce de largeur que l'on roule étroitement sur elles-mêmes. L'objet qu'on se propose en employant l'élain , est de produire le plus haut degré de réduction dans les fontes vitreusesi particulièrement lorsque la substance que l'on essaie renferme de petites quantités d'oxides métalliques que Ton peut trausioraier en oxidules, et qui y sous cet état, donnent un résultat plus décisif; on introduit dans la boule d'essai , encore cbaude , et préalablement traitée par un feu de réduction, l'extrémité du rouleau d'étain qui fond et y dépose une petite partie de sa substance ; aussitôt après on &it refondre la matière an feu de réduction ; après l'addition de l'étaini il n'est pas à
ia même coulcnr h\oue ; il la préparaît avec de l'alumine exempte de fer qu'il relirait de l'alun par la précipitation , sur laquelle il versait une dissolution concentrée d'oxide de cobalt dans l acide nitrique , et qu'il eiposlit aiAn , après noe ieaaiocatton préala* bla,àraetioii d'une chaleur tnlense. Mais Gabu ayant eianiiné cette i>elle eovlenr à la Inintère de la lampe, la tronva pins ronge <ine bleae , désagréable à Tteil , et ne la emt pas susceptible d'être employé dans les arts ; il ne la jugea pas même digne d'nne description particnlière. Gaun avait été conduit è cet essai par une «f riV dVip^^riences dont l'objet était d'examiner les modi- Gcalions produites (înns les mînérani par des solutions m/fallîques, avec lesquelles on les so umet à l'action de la chaleur. De tontes ces solations il n'y eut que celle de cobalt qui fournit on résnlUt utile.
propos de souffler long-temps , car il arrive après
une longue iiisulllation ou que Tétain précipiteentièrement le métal que l'on voulait ramènera Tétat d'oxidule, et alors toute réaction cesse; on que Tétain se dissout en si grande quantité dans le
fondant (surtout lorsque ce fondant est du sel de phosphore) , que la masse en devient opaque.