OBSERVATION II
MM. GÉLIBERT ET COLLIGNON. Lyon Médical, 15 décembre 1901.
Michel B.., 16 ans, manœuvre dans une fabrique de colle à St-Fons. On ne trouve rien dans ses antécédents. Il a toujours joui d’une santé relativement satisfaisante.
Le 26 mai 1901, il est visité par le docteur Collignon et il entre à l'Hôtel-Dieu pour une appendicite datant de quelques jours. Pendant un mois il suit un traitement médical. Mais le 26 juin, l'intervention chirurgicale étant jugée nécessaire, il est opéré par M. Durand. Les suites opératoires furent normales et le malade quitte l'Hôpital huit jours après l’opération, bien que sa plaie abdominale ne soit pas complètement cicatrisée.
Chez lui, il est pansé avec plus ou moins d’antiseptie par sa mère et sa sœur qui, toute la journée, s'occupent des travaux des champs.
Le 9 juillet, le malade a du trismus et accuse un peu de raideur des muscles de la nuque.
Le 11 et le 12, ces symptômes s’accentuent, les contractures musculaires augmentent, se généralisent et l’on voit apparaître des accès spasmodiques très douloureux.
Le 12, il entre de nouveau à l'Hôtel-Dieu. On lui fait une injection de sérum antitétanique et on lui donne 8 grammes de chloral par jour.
LETtEs
Pendant les quatre jours suivants, les contractures se généralisent à tel point que tous les muscles sont atteints : les accès douloureux se multiplient. Les parents, craignant une issue fatale, ramènent leur enfant à St-Fons.
Jusqu'au 26 juillet, l'état reste stationnaire sans modifications notables. Pendant ses accès très douloureux, le malade est en opisthotonos. En dehors des accès, on observe une rigidité musculaire complète.
Tous les muscles de la face, de la nuque, du tronc et des membres sont atteints de contractures. Les membres inférieurs sont en extension, les membres supérieurs sont un peu libres. L’écartement maximum que lon peut obtenir entre les mâchoires est de 7 à 8 mm. environ. Toutefois la déglutition est assez facile, la digestion se fait bien et les selles sont régulières.
Le malade repose à peine une heure dans la nuit et quelques minutes dans le jour. A son réveil ou chaque fois qu’il veut faire un mouvement, il a une crise très violente de contractures qui dure 3 ou 4 minutes.
Le pouls bat de 116 à 120 : la température est de 37°4.
D'ailleurs, d’après les renseignements fournis par la famille, la température ne se serait pas élevée au-dessus de 38° depuis le début de l’affection tétanique.
Le soir, on injecte 10 cc, d’une solution de persulfate de soude à 2,50 °/,. L'opération est renouvelée le lendemain et les jours suivants, en même temps qu’on continue à donner deux grammes de chloral par jour.
28 juillet. Le malade a beaucoup mieux HR Il n’a plus de crises douloureuses à son réveil ; il peut fléchir un peu les jambes : les muscles du dos, de la nuque, de la màchoire, de la paroi abdominale, sont toujours contracturés.
30 juillet. La nuit a été très bonne, le malade ne s’est réveillé que 2 fois : il a eu des sueurs profuses.