AVANT
Les premiers indices de la révolution intellectuelle, et transformé le temps médiéval et rendu possible nous paraissent, en ce qui concerne les Baux.(i) l'année 1430 environ.
Il va sans dire que les documents de cette époque fort rares et consistent en des signatures au nom retrouvées, à l'exception de celle de 1430, dans les d registres des délibérations syndicales prises au XV' laisserons décote, dans cet exposé, les notaires Mur Borrieti, etc.
En procédant par ordre chronologique, la premi â mentionner est celle du capitaine Jean d'Arlatan 1 . par la volonté du roi Louis III, seigneur des Baux. « ces presens chapitres de man propria. Ha est, Johc Usons-nous aux dernières lignes d'une charte de pri dée par ce chevalier à ses nouveaux sujets, enregi de septembre 1430, par le juge royal de la ville d' présentation d'Antoine Pierre (3), au nom et po de la communauté intéressée.
(1) Célèbre bourg féodal, placé en amphithéâtre dans la partie rocher des Alpines, dans un site désolé et sauvage, par 43° 44' 47 par 2" 27* 30" de longitude E. ; ses ruines pittoresques sont univen
(a) Fils de Rostang de Giraud et de Jeanne d'Arlatan, ce cheval son beau-frère décédé sans enfants, prit le nom et les armes de : notaire a Arles, 10 mai [410.) D'après les notes de M. le baron du R
(3) Antoine Pierre ou Peyre, dit le Lombard, habitait les Baux, vastes domaines et deux moulins a blé sur les eaux de l'Arcoul source même, et l'autre à la Crotte dans le bas Paradou. Ses desci Mou ries.
« Le noble chevallier Jehan (Je Sainct-Miquel (i), cappitaine et viguier del castel des Baux et de sa baronnie por la Regina», authentique de son nom le premier procès-verbal de la délibération prise par. les syndics et conseillers nouvellement établis, et réunis en sa présence comme assemblée délibérante en i45i.Le registre étant en fort mauvais état de conservation, le nom de « Boisseron » a disparu depuis 1887.
Le conseiller Jean Isnard nous donne la troisième à la date du 2 février 1404. « Ita est, Johannes Isnardi. »
Antoine Pascal, autre conseiller, approuve, en 1480 et en qualité d'auditeur, les comptes du tré.sorier. « Ita est, Antonius Pascali. »
La cinquième est du 10 février 1487, donnée par noble François de La Bruyère, écuyer, échanson du roi et gouverneur du château et de la baronnie des Baux de 1483 a 1488.
En 1488 et le 18 avril, le capitaine Armand Charbonnelle (2) accuse réception de douze canes d'huile fournies annuellement par le moulin de la ville. Sa signature est la sixième.
La septième et dernière est du 2 septembre 1492 et donnée par Monet Peyre (3): « Ita est, Monetus Pétri». Ce personnage approuve ainsi la cession à lui faite par la communauté, d'une auberge située avec ses dépendances tout près des portes de la ville, probablement la maison de Beaumanière, détruite par la chute des rochers (4).
D'un autre côté, le registre manuscrit des censives des seigneurs de Manville donne à Monet Peyre un frère du nom de Michel, qui fut curé aux Baux jusques au commencement du XVI e siècle, ayant une maison sur la place de la ville qui fut pos-
(1) Jean de Saint-Michel, seigneur de Boisseron, petit village du canton de Lunel, apitaine et gouverneur des Baux de 1426 à 1458, date de sa mort. Il fut enseveli à
Beaucaire, probablement dans la même église que Tanneguy du Châtel.
(2) Ce capitaine avait un fils nommé Charles, qui résidait aux Baux en i535. (Notaire André Salomé )
(3) Monet Peyre, fils de Brusson Peyre, avait épousé vers la fin du XV° siècle, noble Silette Alaflier de Beaucaire, qui lui donna huit enfants; elle mourut aux Baux en i538, et fut inhumée dans l'église Saint-Vincent.
(4) L'an mil six cens cinquante trois et le dernier jour du mois de avril sur les cinq heures du matin, la grande baulme de Baumaniere avec son bastiment et moulin tomba où il y avait beaucoup de moyens de Monsieur Cabardet. Il tua sa fille (Barbe)? et servante, son cheval et beaucoup d'autre bétail. Ce feust ung grand spectacle. Dieu nous en préserve.
Signé : Bouyer, notaire.
(Registre de 1577 du notaire Salomé.)
sédée plus tard par Anne de Montmorency. Et, comme nous le verrons plus loin, trois de ses fils sur cinq savaient signer d'une main dégagée; nous estimons que l'instruction était en honneur dans cette famille et dans toutes celles qui ont fourni dans la suite à la communauté des syndics, des notaires et des magistrats comme les Ricard, les Laugier, les Quenin et les Coye. Nous pensons aussi qu'aux noms des seigneurs lettrés déjà mentionnés, il convient d'ajouter ceux des autres gouverneurs : les Guilhem de Montmorency, les Raymond d'Agoult, sieurs de Cipières, et le juge des Baux en 1464, noble Honorât Picarel, bachelier es lois.
Par qui l'enseignement a-t-il été donné? Évidemment par des professionnels laïques ou ecclésiastiques et au domicile des élèves. Rien ne nous permet d'établir l'existence d'écoles publiques. A remarquer aussi qu'aucune signature de femme de cette époque n'est parvenue jusqu'à nous.
Le 5 du mois de mai 1649, ' e conseil général s étant réuni pour élire ses nouveaux consuls, désigna par la voix des suffrages Antoine Peyre, qui refusa cette charge parce qu'il était âgé de plus de 60 ans. En vain on le menaça d'une amende portée de 25 à 5o et à 100 livres ; rien n'y fit et il fallut la requête et les supplications de tous les assistants au nombre de 62 pour vaincre sa résistance. Or, ce nouveau magistrat savait signer ainsi que ses frères, Jean, Petit-Jean, Jeannon et Michel (r), leur beau-frère Richard Sordet, procureur juridictionnel ; Guillem Ricard (2), noble Jean de la Vèze (3), Jean et Claude de Man ville (4), Richard Laugier et son fils Charles (5), le juge Cassole et son substitut Vernet, Gauven Coye (6) et bien d'autres, se trouvaient
(1) Fils de Monet Peyre, ils avaient trois sœurs, Louise, Catherine et Geffanete qui épousa Richard Sordet au mois de juillet i52$r (Notaire Andrée Salomé. )
(2) Personnage important, qui fut excommunié une dizaine de fois, de i533 à i535
(3) Ce lieutenant de capitaine gouvernait les Baux en l'absence de Claude de Manville et continua après la mort de ce dernier jusque en 1554, époque où il fut remplacé par Pierre de Cotheron.
(4) Fils de Guilhem de Manville et de Marie d'Aymard, neveux du chevalier et capitaine Claude. (Notaire Andrée Salomé, i525.)
(5) Son fils Honoré Laugier, filleul du capitaine Grille, fut anobli vers 1620, sous Louis XIII.
(6) Né en i539, il fut, lors des troubles de i562, détenu comme protestant dans les souterrains du château, et rendu ensuite à la liberté par un échange contre un seigneur prisonnier de l'armée catholique. (Notaire Louis Que nin.)
dans le même cas. De plus, dans l'espace de trois ou quatre mois et chez le seul notaire LouisQuenin, nous avons relevé trente-cinq signatures différentes données en i562, dont quelques-unes par des vieillards de 60 à 70 ans.
Gela établi, il est de toute évidence que la lumière intellectuelle dont nous ayons salué l'aurore au siècle précédent, a continué dans celui-ci sa marche ascendante et progressive.
La délibération consulaire du 3i août 1544 nous place sur un terrain plus solide encore et fournit des indications positives et précieuses. Voici ce qui fut dit : « Plus a esté expausé par Messieurs les consuls comment est venu ung magister et veult lever escolles, si on luy bailhe une maison et que seroit luy bailher une chambre a la maison de la ville et led. magister demande que n'y ait que ung magister et une escolle. Led. conseil décrète que l'escolle sera bailhée audict magister et lesquelles dès a presant luybailhent et led. magister aura la chambre de la maison de la ville dessus les Gregnons sive molin des Gregnons (1), et n'y aura que une escolle et ung magister, donant la commission a Messieurs les consuls de servanter lesd. escolles. »
Nous sommes ici en présence d'un précepteur qui réclame un titre et un secours officiel et ne voulant pas de concurrent.
En i552 et le 5 février (notaire, Simon Salomé), Maurice de Lacour, du lieu de Rillian, diocèse d'Aix, « recteur jadis des écoles des Baux», passe contrat de mariage avec Jeanne Chéraud, fille à feu Jean, du lieu de Beaucaire. La donation de 5o écus qu'il fit à sa future en cas de prédécès semble indiquer une certaine aisance. Parmi les assistants se trouvaient André Imbert et Jean Olivier, « recteur moderne des escolles ». Toutefois, ce dernier ne le fut qu'à partir du 3o septembre suivant.
L'année d'après et le 12 mars, le conseil eut à s'occuper de l'école. « Aultre part a esté par devant messieurs les consuls et conseillers susdits expousé par maistre Jean Olivier, recteur des escolles des Baulx, comme a la dernière feste de la Saint-Micheu, par décret du présent conseil, luy auroit esté délivré les escolles et régiment des enfans du présent lieu des Baulx aulx conditions plus amplement contenues au décret faict sur ce, et exercent sondit office le mieulx qu'il a pieu a Dieu, et de présent est venu ung maistre Maurisse de la Cour, lequel a présent le vient empeschier en sondit office, faisant aultre congrégation et escolles d'enfans
(i) Établi dans le roc à l'angle sud-ouest delà place Saint-Vincent. Dans le courant de cette année-ci, le rocher et les ruines se sont effondrés.
dudit Baulx, luy hostant par ses moiens les enfans qu'il avoit ja depuis la dernière feste de la Saint-Micheu a son grand dommaige, pour ce qu'il se seroit entretenu a ces fins, a ceste cause requiert estre faict commandement audict maistre Maurisse de ne tenir telle congrégation suyvant l'appointement du présent conseil.» Le conseil décrète que maître Olivier continuera ses fonctions jusquesà la Saint-Michel et que « inhibitions et défenses seront faites au sieur Maurisse de la Cour, sur certaines et grandes peines, de ne tenir escolles publiquement et faire amas des enfans. »
En i55zj, la place de maître d'école est vacante. Nous lisons à la date du I er avril : « Fut exposé après par messieurs les consuls sire Petit Jehan Pierre (i), comme n'y a point aulcung maistre d'escolles, et pour ce que Monseigneur le cappitaine viguier (2) dict n'avoir ung honneste homme, bien seaige et bien cappaible, pour régir et governier les enfans de la présente communauté, offrant de le norrir durant le tems d'une année, au pache que n'y aura point aultre congrégation d'enfans, syrion celui que sera créé, veu l'absance aujourd'hui d'escolles. » Le conseil, après avoir entendu ladite exposition, « a créé et faict de nouveau pour nomer recteur des escolles M e Anthoine.... a présent maistre des enfans dud. sieur cappitaine viguier, absent, comme s'il etoit présent, a régir les escolles et monstrer a tous les enfans de la communauté et aultres que le requerront, tant au pauvre que au riche pour une année, en exercent dans la présente maison consulere aulx gaiges que seront accordés entre ledit sieur maistre et les pères et mères des enfans, tant gramatis que aultres, sauf que ledit sieur cappitaine le nourrira a ses despens durant ung an, comme il a présentement promis de ce faire.... Que proclamations et crys publics seront faicts par tous les lieux accoustumés des Baux, que aulcune personne de quelle qualitté que ce soyt n'ayent a fayre aulcune congrégation d'escolles et amas d'enfans, ains laissent toutesfois toute liberté a ceulx qui veullent élever leurs enfans chez soy. » Mesure libérale et étonnante, même dans une époque si reculée, mais rendue nécessaire par l'insuffisance du personnel officiel, car au lieu d'une école il en aurait fallu cinq à six pour répondre aux droits de l'enfant.
Ayant à s'absenter au sujet de certaines affaires du conné-
(1) Ce consul possédait le domaine de Servanes.
(2) Noble Pierre de Cotheron, capitaine viguier, 1 554-1559.
table (i) et des siennes propres, le viguier Pierre de Cothéron réunit le conseil, le 29 novembre i556, pour présenter son lieutenant sire Petit-Jean Pierre et lui faire prêter serment, dont acte fut ensuite remis aux consuls. Avant la fin de la séance, on aborda la question d'enseignement, ainsi que suit : « A esté dict par le consul corne y a a présent ung maistre d'escolle, lequel desireroit faire son debvoir a tous les enfans qui voudront venir, porveu que luy soyt bailhé la présente maison consulere et neantmoings inhibitions et défiances estre faictes a M e Jacques Charles, prestre, et % a tous aultres de ne tenir cambrade, si n'est qui voudroit pour les siens dans leurs maisons.» Le conseil décide que « M e Jehan Clappier sera pourveu a régenter les escolles du présent lieu pour une année, aulx gaiges et qualités acoustumés et inhibitions estre faictes a tous prestres et aultres de ne faire assenblee et cambrades si n'est pour ses enfans tant seulement, sur certaines grandes peines. »
Au 3o mai i558, il n'y a point de régent « pour régir et governier les enfans de la communauté ; seroit bon de en avoir ung, nommant M e André Imbert, demeurant audict Baulx, seul sans aultre faisant aulcune aultre assemblée. A esté commis auxd. consulz de entendre si M e André Imbert veult accepter la charge et en quelle qualité, et le refïeront au premier conseil comme on vouldra user. »
Pendant le règne tourmenté des derniers Valois et sous les premières années de celui de Henri IV, la situation politique est si troublée, que par contre coup l'enseignement en fut atteint. Toutefois, malgré l'absence de documents officiels pendant une trentaine d'années, la délibération consulaire du i5 janvier i5g5 et les signatures apposées aux actes notariés du commencement du siècle qui suit nous autorisent à affirmer que l'école ne fut point complètement fermée et que l'élan donné était devenu absolument irrésistible. A la date précitée, le conseil, présidé par Charles Laugier, lieutenant du viguier Pierre de Verace, « après avoir mandé veoir led. M e pédagogue, nommé Jacques Régnier, de Thollon, qu'il servira la ville une année por apprendre les pauvres enfans ; quant aux autres, le nourriront et payeront ce qu'ilz seront d'acord pour huict escus d'or sol, a soixante
(1) Anne de Montmorency, baron et deuxième engagiste des Baux à partir du mois de mars 1528. (D r Barthélémy, Inventaire chronologique et anal) tique des chartes de la maison de Baux, p. 52 r.)
soûls pièce, jaçoit qu'il en vouloit plus seize au poinct des aultres par ci-devant ; mais ont esté résolu aud. huict escus. »
Ce nouveau régent avait donc eu des prédécesseurs, que nous ne connaissons pas, aux gages de 16 écus, qui leur furent aussi accordés à une date inconnue.
Au XVII e siècle, l'instruction de la jeunesse se fait dans l'école officielle par des régents laïques et ecclésiastiques ; elle est aussi donnée par des maîtres particuliers, que des chefs de famille catholiques et protestants appellent pour ce faire.
Les registres des délibérations consulaires sont muets en ce qui concerne le sujet que nous traitons, jusqu'en 1648. Toutefois, cette lacune est comblée par les comptes des trésoriers, qui fournissent, avec le nom des professeurs, des renseignements uniques et précieux, comme on le verra plus loin au chapitre V (i).
A la date du 25 octobre 1648, messire Barbarin, arrivé depuis peu, demande la place de troisième prêtre et la régence des écoles, malgré la présence de messire Barnéoud, qui avait été chargé de cette fonction. Le conseil accorda la demande, aux gages accoutumés et sous le bon plaisir de Mgr l'archevêque (2). Mais, le 3i janvier 1649, attendu que messire Barbarin ne peut vaquer à la régence des écoles et qu'il y a différentes plaintes, il fut révoqué par le conseil et remplacé par messire Allemand, auquel on remit les clés de l'école.
Toutefois, ce changement ne se réalisa qu'un peu plus tard, « proposant le dit sieur de Rispe (10 août) que messire Barnéoud, quoiqu'il soit bon prêtre et de bon exemple, neantmoings parce qu'il est recteur d'une chapelle du sieur de Manville, pour l'obligation qu'il a d'icelle les dimenches et bonnes festes, il s'en va dire messe a Maussane, et par ce moyen il n'y en a que deux a la place de trois, au préjudice du public, de sorte qu'il se présente ung prêtre, messire Paul Allemand, capable et approuvé, por faire la fonction de troisiesme prêtre et tenir les escolles soubs les gaiges acoustumés, demande d'y estre délibéré. » Tout pouvoir fut donné au sieur de Rispe.
(1) Pièce justificative n' I.
(a) François II Adhémar de Monteil de Grignan, archevêque d'Arles de 1643 à 1689. C'est la première fois que l'autorité ecclésiastique est appelée à intervenir.
;t le 3i août, le conseil augmenta les gages du régent. Vincent, sieur de Servanes, dit : « Qu'on a coustume r à la jeunesse d'un précepteur pour l'éducation jr raison de quoy on a destiné annuellement pour les it précepteur 36 livres, et d'autant que ses gaiges ne eaucoup considérables pour arrester un homme de
un si petit lieu, s'en présente maintenant un très r l'éducation de la jeunesse, soit pour les bonnes letussède que pour avoir un très bon caractère, demanle conseil aye a délibérer pour l'augmentation des *1 'advenir a la somme de 7? livres. » Le conseil décida donné chaque année à un précepteur la somme de
sans conséquence, aux iormes et payes acoustumés.
a qu'icelluy enseignera gratuitement et sans autre ■auvres enfans, tant orphelins que autres nécessiteux, ji.ont de comodittés, esquels il exigera ce qu'il jugera
d'août de l'année 16S4, le juge Cabassot refusa de lé de la maison de ville au régent, qui s'adressa au as, lequel fit ouvrir la porte de force, persuadé que appartenant à la communauté, celle-ci devait en jouir
excepté le jour d'audience de la justice. Le conseil nduite du consul et donna ordre au valet de ville de é, en le chargeant d'ouvrir la chambre pour l'instrujeunesse aux jours indiqués.
1 [655, à Jean Durand, qui demandait le loyer de la fectée à l'école, le conseil répondit .i que les Pénitents ;ront ledit logement, attendu que c'est a cette condi-
communauté leur a cédé l'édifice proche de l'église : usage, » Les ruines en subsistent encore, sous le îpelle des Pénitents et occupent la place de la maison achetée le 21 mars iS3~ pour 3oo florins à Pierre • les syndics Michel Manson et Nicolas Flandrin.
messire Salvagny avait la direction de l'école aux > livres, mais il s'acquittait si mal de ses fonctions que imilles furent obligées de prendre des maîtres parti- ;si les consuls Antoine Coye et Grimardier demandé- "évocation. Messire Salvagny ayant été entendu, le
renouvela sa confiance, mais ne put le maintenir \u mois de mai, le sieur de Vinsargues le présenta,
en effet, comme entièrement indisposé de sa personne (i), ajoutant « qu'ils ont eu diverses plaintes de plusieurs habitans comme étant incapable d'enseigner le latin et l'arithmétique, comme chacun le désire. Le conseil est d'avis qu'il sera destitué et remplacé par maître Aubert, qui en fait le métier. » Ce dernier, en 1675, eut ses gages portés de 60 à 90 livres, payables par trimestres, comme par le passé.
Le nouveau règlement de la communauté, établi le 29 mai 1679, portait que les écoles seraient données au choix des consuls, sous l'approbation du conseil, aux gages ordinaires et annuels de 3o écus payables par quartiers. Le régent choisi devait être un homme probe, capable et catholique.
En 1689, on s'occupa de la création d'une école de filles. Il est dit dans la séance du I er mai : « Messire Jean Matty, prêtre et vicaire perpétuel de l'église paroissiale Saint-Vincens de ceste ville, auroict propprozé qu'il avoict un ordre de ses supérieurs, d'aultre part qu'il y avoict les edicts de Sa Majesté qu'il estoit nécessaire de pourvoir aux escolles de ceste ville ; a l'esgard des filles, qu'il estoit prohibé de se servir du maistre d'escolle pour lesdites filles, qu'en diminuant de ses gaiges et la ville y adjoustant a ceste diminution, que reviendroict au proffict d'une filhe, qu'il offroict de produire pour l'enseignement des petites filles de ceste ville quelque somme pour survenir a son entretien et gaiges... que M e Aubert, maistre d'escolle, seroict inhibé de faire aulcune foncion pour l'enseignement desdites filhes. » A l'unanimité, il fut décidé que « Ton s'informera comme on procède aux aultres villes et lieux de ceste province et des edicts que messire Matty proppoze sans les exiber... »
Au mois de mai 1691, messire Bonnet, vicaire de l'église Saint- Jacques de Mouriès, fit remettre au consul Jacques Manson, avocat, un billet de l'intendant Lebret, daté du 22 octobre précédent, invitant le conseil à subventionner une personne propre à instruire les enfants, surtout ceux des Nouveaux-Convertis, et de l'établir à Mouriès. Le conseil répondit qu'il y avait impossibilité absolue et qu'établir un maître d'école à Mouriès c'était s'exposer à voir les habitants de Saint-Martin-de-Castillon en demander un troisième pour eux; qu'il convenait de laisser l'état actuel des affaires tel que ; enfin que le premier consul était prié de faire de très humbles remontrances à l'intendant pour revenir sur sa déci-
[1) Pièce justificative n« II.
sion, dans le cas où il en aurait pris une en faveur de m Bonnet ou d'autres solliciteurs.
L'intendant n'insista pas, mais il eut recours à un autre n pour résoudre cette question à l'entière satisfaction du o des Baux et de l'église. Par son ordonnance du [7 août 16 magistrat obligea les Nouveaux-Convertis à envoyer régi; ment leurs enfants aux écoles, instructions et catéchismes, peine d'une amende de cinq sols pour chaque délit et immé ment applicable. Les curés, vicaires et régents devaient di un rapport bi-mensuel et le lui faire parvenir sans retard (1
On comprendra toute l'immoralité et toute la cruauté de mesure qui mettait tous les enfants protestants de Moiiriès l'obligation de fréquenter la seule école existante alors, cell Baux, éloignée de plus de onze kilomètres ! à moins qu vicaires de Mouriès et de Sain t-Martin-de-Castil Ion ne fu chargés de leur instruction, ce qui était possible.
En 1697 et le 8 mars, Jacques Aubert, « professeur aux let de la ville des Baux, fut installé dans sa charge d'auditei d'examinateur des comptes, par le viguier Charles de cellet.
Maîtres particuliers. — D'après le notaire Jean David, La Bastidy, «clerc ecclésiastique ou escollier», originaire d'Aix. au service du sieur de Manville, dont il séduisit la chamb: Anne Espérance. Les preuves matérielles étant à un mo donné devenues des plus évidentes, le séducteur fut inca dans la prison des Baux, le 3 septembre 162 1, par ordre du vig quoique, sur la plainte de ta victime, Pierre de Manvilli résolu de châtier le coupable. De cette affaire criminelle s' un conflit entre ce seigneur et le viguier, dont l'ingérence i portune et usurpatrice portait ombrage au premier.
Honoré Peyre, également notaire, nous a conservé le noi quelques autres professeurs de famille, savoir :
Jean Bonnet, de la ville d'Entrevaux, précepteur des enfam sieur de Molières, en 1664 ;
Jean Malet, de la ville de Castellane, régent des enfant Pierre Manson, résidant au Paradou et à la même date dessus ;
Louis Fallavel, originaire de la ville de Gordes, où son Jean était maître d'école, régente au Destet les enfants de Si
ii) Pièce justificative n- III.
Peyre, bourgeois. 11 appartenait à la Religion réformée et fit son testament à la date du 10 janvier 1670;
Antoine Pascaly, « escollier du lieu de Maiche, diocèse de Glandevès », figure, le 16 juillet 1674, comme témoin dans le testament de Anne lmbert, veuve de Jean Boussot, marchand de Lourmarin, résidente à Mouriès. Cette testatrice était protestante ;
André Arnaud, écolier du lieu de Serre en Dauphiné, fut un des témoins du testament fait par Honoré Peyre à son mas du Destet, le 26 septembre 1666.
Après avoir dirigé l'école des Baux pendant un demi-siècle, Jacques Aubert mourut le 6 décembre 1712, âgé de 82 ans; on l'inhuma dans l'église Saint-Vincent. Originaire de Quinson, mais établi aux Baux en i663, en qualité de « professeur aux lettres », ce personnage s'y maria en i683 avec une veuve, Catherine Rangon, de laquelle il eut quatre fils. Les deux aînés s'appelaient Antoine, le troisième Honoré qui fut notaire, le quatrième Joseph-Ignace, successeur et continuateur de l'œuvre de son père jusqu'en 17 18.
Au mois de mars 1720, le sieur Chartroux, lieutenant en Provence de l'intendant Lebret, écrivait (1) aux consuls des Baux et à ceux d'Eyguières, Sénas, Laroque d'Anthéron, Velaux, Mérindol et Lourmarin, que les Nouveaux-Convertis ne devaient pas s'attendre à voir rétablir l'exercice de leur culte et qu'il fallait prévenir les pères, mères et curateurs d'envoyer les enfants aux instructions données à leur intention dans les paroisses, et même de les y faire conduire. C'était le prélude aux affaires de 1724.
En 1720, le trésorier de la communauté se déchargea de la somme de trente livres, qu'il déposait entre les mains du notaire royal Sallomé, comme paiement des gages du maître d'école, le sieur Roux, qui s'obstinait à les refuser.
Tout le monde connaît la déclaration royale donnée à Versailles le 14 mai 1724, concernant la religion et l'établissement dans toutes les paroisses des maîtres et maîtresses d'école, aux gages de i5oet 100 livres, payables par tous les habitants là où il n'y
(1) Pièce justificative n" IV.
aurait pas d'autres fonds. Il est dit à l'article VI : « Enjoig tous les pères, mères, tuteurs et autres personnages qi chargées de l'éducation des enfants, et nommément de cei les pères et mères ont fait profession de la religion pré réformée ou sont nés de parents religionnaires, de les c aux écoles et aux catéchismes jusqu'à l'âge de 14 ans, pour ceux qui sont au-dessus de cet âge jusqu'à l'âge de aux instructions qui se font les dimanches et les fêtes... gnons aux curés de veiller avec attention particulière s struction desdits enfants dans leur paroisse, même à l'ég ceux qui n'iront pas aux écoles... »
S'inspïrant de cet article et se conformant a son cont curé de Mouriès, Baussan, s'occupa sans retard de en double école dans sa vaste paroisse, dont la population ai tait, tandis que celle des Baux était en diminution cor Aussi, en 1725. plusieurs habitants de Mouriès présentera l'archevêque d'Arles, Jacques II de Forbin-Janson, une requête demandant l'application de l'article VI de la déclaration précitée attendu que dans ladite paroisse il y avait un grand nombre d' Nouveaux-Convertis, dont les enfants avaient besoin d'êtr instruits de la religion catholique. Le prélat, avisé et consulté répondit de la manière la plus favorable, ordonnant la créatioi d'une double école à Mouriès, sauf aux habitants de se pourvoi par devant qui de droit pour taxer les gages du maître et de I maîtresse, appelés à diriger ces nouvelles écoles. Saisi de cett affaire, le conseil de la ville des Baux eut recours à un moye: terme. Il consentit à créer une école de garçons et à subvention ner le maître, mais quant à celle des filles, il pria les impétrant de ne pas insister, étant donné le très petit nombre de filles qui l'on apprenait à lire.
Ce demi-succès déplut au curé Baussan, qui insista à nouvea et mit le conseil dans l'obligation de répondre favorablemer dans trois jours à la sommation qu'il leur fit faire par l'huissie Vachier avec menaces de porter requête à l'intendant. Le conse de la ville des Baux craignant une surprise et estimant avec raiso que la paroisse de Saint-Martin-de-Castillon pourrait lui adresse une demande identique, dépécha à Aix le sieur de Momblan pou prendre avis d'avocat et saisir l'intendant de cette grave questior en insistant surtout sur l'état précaire des finances. Ce magistra sollicité des deux côtés, renvoya les parties sans rien imposer, ( l'école, fondée à Mouriès par l'autorité ecclésiastique, ne fi point pour le moment subventionnée par la communauté.
En 1727 et le 5 juillet, le consul Darmure demanda au conseil des Baux de salarier le maître d'école établi à Mouriès, à cause de la présence de nombreuses familles de la religion prétendue réformée et de chercher - un moyen convenable pour éviter un procès dont la poursuite serait très onéreuse, son sentiment étant de rendre justice aux habitants dudit hameau en chargeant la communauté des gages du régent. La majorité du conseil émit l'avis de maintenir les décisions précédentes.
C'est le 6 décembre 173g que fut porté le coup décisif, celui qui devait vaincre l'entêtement du conseil des Baux. Il est vrai que celui-ci avait montré l'année d'avant quelques sentiments de modération, en accordant la somme de six livres pour la confection de quelques tables et de quelques bancs réclamés pour l'école de Mouriès. Le sieur Quenin ayant fait remarquer que les enfants de ce lieu étaient souvent sans éducation à cause de l'extrême difficulté d'avoir un maître d'école auquel on pût donner par cotisation des gages suffisants, et qu'il conviendrait . que la communauté donnât au régent de Mouriès autant qu'à celui des Baux, soit i5o livres par année, le conseil à l'unanimité accorda une subvention annuelle de cent livres et sur la requête desconseillers habitant Saint-Martin-de-Castillon, fonda une double école au Paradou et à Maussane avec un traitement de cinquante livres à chacun des deux maîtres appelés à les diriger. Ainsi furent créées en même temps et pour les mêmes motifs trois nouvelles écoles dans le pays.
Cela accompli, le conseil songea à établir des maîtres, lesquels devaient être examinés par les consuls qui s'assureraient que, tant pour les mœurs que pour le savoir, les postulants étaient aptes à remplir les fonctions de régents, qu'ils seraient ensuite présentés par eux à l'acceptation et à l'approbation de l'archevêque et qu'une fois nommés, les maîtres d'écoles prendraient l'engagement de ne demander aucune augmentation de salaire pour quelque cause et prétexte que ce fût. Dans ces conditions, trois nouveaux pédagogues furent nommés, savoir : Tardyà Mouriès, Giraudau Paradou et Dufaur à Maussane.
L'année 1740 n'était pas encore écoulée que déjà deux voisins avaient entre eux la guerre. Le régent du Paradou ne faisait aucune difficulté pour recevoir et attirer à son école des enfants appartenant au hameau de Maussane. Sur la plainte du sieur Dufaur et pour rétablir la bonne union et concorde, le conseil de la communauté fixa au Touret qui existe entre les deux villages
une limite séparative que les deux magisters ne pouvaiei chir pour le recrutement de leurs élèves, sans s'exposer à I totale de leur traitement.
Afin d'assurer la présence d'un troisième prêtre aux E consul Maillard proposa, le i6avril de Tannée suivante, de re le régent, le sieur Pitola, et de donner son traitement avec l; tion de l'école à messire Roux, dont il patronnait et reco dait chaudement la candidature. Le conseil, ayant apj donna six mois à Pitola pour se pourvoir d'un autre pos mois après, ce régent, absolument disgracié, fut révoq la plainte plus ou moins fondeedeplusieursperes.de fa le notaire Chamard lui notifia officiellement son malheu suppression de ses honoraires.
En 1758 et le 17 décembre, le sieur de Momblan ob conseil que les gages des maîtres de Maussane et de Martin-de-Castillon fussent portés à cent livres.
Même année et le 3i décembre, le consul Grognard p comme régent le sieur Diveux. « bon latiniste », à l'effet c placer Duclerc, qui venait de quitter les Baux pour enseif Paradou. Le conseil agréa la proposition, le nouveau ma accepté, sauf l'approbation archiépiscopale, aux gages ordi on lui accorda, deux ans après, sur sa demande, une deux bancs pour l'école, et douze livres annuelles en sus gages pour la location d'une salle où désormais serait l'enseignement. Nous lisons, en effet, à la date du 3 aoûl « Plus a été proposé qu'il est de droit et d'usage que le munautés fournissent aux maîtres d'école une salle po classe, ce qui avait même été ainsi pratiqué dans cet depuis qu'il y a un maître d'école établi, ce qui pourtan certaines considérations, aurait été interrompu pendant qi années, le sieur Diveux en demandant aujourd'hui le réti ment, leur avis était que cette demande paraissait légitim que la communauté ne pouvant lui fournir dans ce pa salle pour sa classe sans tomber dans une dépense exnaire, il lui sera donné douze livres annuellement, la c< année comprise. »
Si les conseillers des Baux nous paraissent en ce. moi bien disposés, c'est que l'intendant venait de leur faire sei pouvoir, en rétablissant d'office, comme on le verra aux justificatives (1), le traitement de Joseph Rével, maître d
{1) Pièce justificative n-V.
Mouriès, supprimé le 20 janvier précédent pour des raisons que nous ne connaissons pas.
Le sieur Diveux fut remplacé aux Baux en 1767 par un nommé Paris, lequel ayant l'approbation de l'archevêque, Jean-Joseph de Saint-Jean-de-Jumilhac, crut par. ignorance ou par orgueil devoir se passer de prévenir les consuls et d'avoir leur assentiment. Une violente opposition se produisit à ce sujet au sein du conseil du 18 janvier et ses services ne furent agréés qu'à une majorité de quatre voix et à la condition de présenter des excuses avec toutes les formes requises à MM. les conseillers et à M. Coye, lequel persistant dans son ressentiment, dit « qu'il méprisait pour sa part lesdites excuses, attendu que le sieur Paris était venu dans cette ville comme maître d'école sans l'attache de messieurs les consuls de Tannée précédente et qu'une semblable insulte rejaillissait sur tout le corps de la communauté » ; il invitait donc le conseil à ne point accepter le candidat, afin d'éviter des précédents fâcheux et de semblables inconvénients à l'avenir. A la fin du mois d'août, Paris n'était plus aux Baux et l'opposition avait fini par triompher de son courage. Le premier consul dit, en effet, que maître Paris s'en était allé furtivement et qu'on avait reconnu que depuis quelque temps il ne remplissait pas ses devoirs, avec exactitude; que, d'un autre côté, on avait reçu les offres de service d'un nommé Jullien, habitant Nimes. Sur quoi, M. Coye dit : « Que Paris n'avait décampé de cette façon indécente que faute d'instruction de mœurs ; que la communauté l'avait reçu maître d'école sur l'approbation de Monseigneur l'archevêque, nonobstant le sentiment des conseillers qui ne le voulaient pas ; qu'à l'avenir et pour empêcher qu'un régent s'établisse sans l'agrément des consuls, il fallait tout d'abord l'approbation de ceux-ci pour pouvoir ouvrir écoles publiques et toucher les gages accoutumés, et que cette condition serait désormais absolue. »
Jullien ne vint pas et le sieur de Saint-Roman proposa plus tard un abbé, que le conseil accepta, mais en recommandant à Sallomé et à Saint-Roman d'écrire au maître d'école pour le prier de se rendre aux Baux afin de s'entendre ; d'apporter avec lui un certificat de bonne vie et mœurs, délivré par le curé de l'endroit qu'il habitait, qu'ensuite il lui serait remis un extrait de la présente délibération, pour être présenté au grand- vicaire, dont l'approbation lui était nécessaire ; les consuls lui donneront après cela la régence de l'école avec les émoluments attachés à ce service.
La ville des Baux dépensa pour ses maîtres d'écoles la s< de 462 livres en 1767 et pendant les années suivantes.
En 1771 et le 23 juin, sur la proposition du consul Lauç Joseph Granet eut la direction des écoles des Baux. Il muni préalablementde toutes les.pièces nécessaires : approl des grands-vicaires, certificats et attestations diverses établ qu'il possédait toutes les qualités requises. L'année suiva était secrétaire de la communauté.
Le 6 décembre 1772, un grand nombre d'habitants du Pa rédigèrent et présentèrent au conseil un mémoire dans leqi se plaignirent que le nommé Chambeau s'était immiscé d même dans ladite paroisse pour y enseigner les enfants, déclaraient incapable d'enseigner l'arithmétique et l'écrit proposaient de mettre à sa place un bon sujet qu'ils co saient et qu'ils recommandaient au conseil. Celui-ci fut d'avi écrire aux grands-vicaires pour les prier d'accueillir favo ment la requête des suppliants et de leur donner le régent d choix. Un mois après, le conseil fut de nouveau saisi de la question par une pétition en sens contraire, qui fut remi: les soins du curé Maureau ! On y vantait les capacités péd; ques du régent et le contenu en fut certifié conforme à la ' Les consuls et conseillers des Baux chargèrent les sieurs C et Aubert de faire une enquête, dont le résultat devait être e à la prochaine séance pour y être examiné. La fin de cette . fut favorable â Chambeau, qui resta au Paradou pendar douzaine d'années encore.
En 1775 et le 24 novembre, Joseph Revel, natif de Fronti époux de Simone Matavet et régent de l'école de Mou ries, rr dans ce village, âgé de 60 ans, et fut inhumé dans le cirr paroissial. Un an après, le maire et leconsul exposèrent au c « que la régence des écoles était vacante depuis assez long par le décès du sieur Revel et d'autant que cette paroisse plus nombreuse du terroir, il convient de remplir cette pour que la jeunesse reçoive une éducation chrétienne et et après s'être donné bien de soins, se procure un bon suj> sieur Joseph Fugeiret, catholique, apostolique et romain, h de bonne vie et mœurs, très en état de donner une bonne < tion à la jeunesse, leur apparaît propre à remplir cette plac cet effet, ils l'ont proposé au conseil pour y délibérer, leu étantde l'admettre et de lui accorder la somme de cent livre la communauté est d'usage d'accorder au régent des écc
ladite paroisse et de supplier Monseigneur l'illustrissime et révérendissime archevêque d'Arles de lui accorder son approbation et commission pour remplir ladite place, d'autant que ledit sieur Fugeiret exerçait depuis cinq mois et au-delà la régence des écoles de Mouriès de leur consentement et qu'ils avaient attendu jusqu'à ce jour de le proposer pour être mieux à même de connaître sa conduite et sa capacité, desquelles ils ont été très satisfaits, de même que le public dudit Mouriès, au moyen de quoi leur avis est de lui accorder les honoraires attachés auxdites écoles pour les six derniers mois de cette année (i). » Le conseil approuva.
L'école des Baux eut trois directeurs dans la seule année 1777, savoir : Millie, Aymard et Martin. Nous ne possédons aucun renseignement sur le premier ; le deuxième était vicaire et dirigea l'école aux gages accoutumés pendant toute la vacance du poste ; quant au troisième, c'était un professionnel venant d'Arles et qui fut prié de présenter ses certificats de bonne vie et mœurs et de capacité pédagogique, le tout complété de l'approbation ecclésiastique. Devenu peu de temps après régent à Mouriès, il y mourut le 3o septembre 1785, sans alliance ni famille. Il était âgé d'environ 53 ans, et fils d'Antoine, ménager à Saint-Gilles, en Languedoc II fut remplacé la même année par Jean-Pierre Grimaldier des Baux, auquel on imposa de faire la classe pendant trois heures le matin et pendant trois heures le soir, excepté les quatre mois d'hiver (1). Au mois de juin de l'année suivante, il passa aux Baux, et le sieur Pierre Beauvais, de la ville de Crest en Dauphiné, régent à Salon, prit sa place à Mouriès.
En 1780 et le 6 août, François-Pierre Pécoul fut chargé de l'école des Baux, et en 1788, le sieur Guillaume Fouret prit la direction de celle de Mouriès, à la condition de vendre son billard.
Le prêtre Aubert, qui dirigeait l'école de Maussane, mourut le 16 septembre 1787. Coye de Vaumalle, premier consul et maire, demanda au conseil « de pourvoir à son remplacement par la personne de Jean-Martin Harmelier, natif de la ville de Seynes (Haute-Provence), mais résidant aux Baux depuis plus de 20 ans.» Ce personnage fut agréé, après avoir pris l'engagement préalable de se défaire de sa charge d'huissier.
(1) Pièce justificative n" VI.
(2) Cette partie de l'année correspond à la cueillette et au grappillage des olives,
Tout au commencement de ce XV11T siècle, les maîtr naient l'écriture, grosse, moyenne et fine, en donn mêmes comme modèles en tète de la page que l'élè remplir les simples lettres de l'alphabet, puis des sylli mots entiers et enfin des exemples comme ceux-ci : « Vo plus diligent de tous les écoliers», <■ Claude Peyre est j que Louis Serre » (i).
Nous consacrons ce chapitre à donner les noms du | enseignant tant aux Baux qu'à Mouriès, à Maussa Paradou, d'après l'ordre chronologique et en commei ■ les Baux. La série de ces divers personnages a été établi les opérations financières des trésoriers, les minutes de: et les délibérations consulaires.
A. — Régents de l'école des Baux (2).
N. en 1544.
Imbert Andrieu. i5 juin ID47 (notaire Simon Salomé).
Olivier Jean et de Lacour Maurice. i552-i554.
Antoine... i55<i|.
Glappier Jean et Charles Jacques, prêtre. r556.
Imbert André de nouveau en i558.
Reynier Jacques, de Toulon. 1595.
Doard Claude, « escollier a. 1604.
Si méon François. 1605-1607 (3).
Jean François. i5mai 1607-15 mai 1608.
Barneoud Jean. 1" octobre i6o8-i6og(4'.
Mouton Jean. 161 b.
Ricard Guis. 1617.
(1) D'après des documents de [7:1, remis par nos soins aux archives du travaux historiques.
(2) Les gages des régents ont beaucoup varié. Ils étaient de t6 livres 36 en 1606, de 60 en i6S3, de 9. en 1675, de 100 en 1716, et enfin de iSoen en 1789. La communauté des Raux n'avait accordé tout d'abord que la r mune pour salle de classe.
(3) Pièce justificative n' I.
(4] Il y a après 1610 une lacune de quelques années. Le registre di p orte : • A celui qui enseignera après engagement pour trois ans. n
Viard Jean. Février 1618.
Gérard Louis, natif de Mormoiron. I er octobre 1619-1" octobre 162 r .
Benoît. 1622.
Renaud. 1622-1623, pendant 10 mois.
Richard. 1625. — Dupuis Jean. 1625-1626.
Pélissier Pierre reçoit 6 écus pour 6 mois. Octobre 1627.
Durand Henri. 1628-1630.
Aillaud Balthazard, « escollier de Riez ». i632 (1).
Pichaud. i633. — Il fut congédié par les consuls au bout de
dix mois.
De Manville Jean. i633-i634. — Il était le fils de Jacques, enfant
naturel de Claude IL Fortolis Jacques. i638.
Daucon. 1639- 1640.
Barnéoud Laurent. 3 e prêtre. 164 1- 1645 et en 1648. — Il avait un
frère marchand à Tarascon.
Segond. 1646.
Salvagny Urbain, 3" prêtre. 1647, *657, 1659-1663(2). Barbarin. 1648.
Allemand Paul 3 e prêtre. 1649.
Aguillon 3 e prêtre. A partir du 6 septembre i65o à i65i . Magdeleine Gaspard. i653.
Reynaud 3 e prêtre, avec Urbain Salvagni. i655-i656. Besson J. 1 658- 1659.
Aubert Jacques, natif de Quinson. 1663-1712.
Aubert Ignace-Joseph, né aux Baux le 3i juillet 1694 et fils du
précédent. 17 12-17 18.
Rosais. 17 19.
Roux. T720. — Nous pensons que Rosais et Roux sont un même
personnage (Rosais, Rousset, Roux).
Patureau, 3 e prêtre. 1721.
Bonnet Antoine. 1 722-1 740. — Pitola. 1741. — Roux. 1741. Blanchier Joseph, abbé. 1742-1744, 1746-1748. Fortin. 1745.
Brousse Jean. 1749-1750.
Carbonel. 1751. — Argoud. Six mois en 1751.
(1) Notaire Louis Manson, 8 avril i63a. (Archives de M* Gaston La ville, notaire à Mouriès.)
(2) Pièce justificative n° Iï. —Tous les prêtres qui avaient la direction de Pécole étaient aussi chargés de sonner les cloches, d'entretenir et de blanchir le linge de la sacristie, moyennant une rétribution supplémentaire.
nçois. 1752-1760. — Il exerça ensuite au Paradt î-Baptiste. 1760-1767.— Il avait épousé en 1759
Ile. 1775-1777.
>rêtre, 1777, quelques mois.
1. 1778-1780. — Il avait dirigé l'école de Mou iant trois mois; il y revint de nouveau, içois, chirurgien. 1780-1786.
Jean-Pierre, natil des Baux. 1787-1788.
îenne. 1789-1790. — Marié aux Baux en 17; Moutonet ; il était le secrétaire de la comm
Précepteurs particuliers (1).
irent, à Manville(i). 1621.
1, chez le sieur de Molières. 1664.
chez Pierre Manson au Paradou. 1664, lré,.chez Honoré Peyre au Destet. 1666.
jis, chez Simon Peyre au Destet. 1670. :oine, à Mouriès. 1674.
B. — Régents de l'école de Mouriès (2).
seph. 1775-1777.
Jean-Pierre ; il était natif des Baux, où il passa
Bouvet Pierre. 1787. Originaire de Grest, il jr diriger l'école de Mouriès.
Ilaume. 1788-1790. — Recommandé chaleureu:
ionnecorse.
s minutes de Jean David el celles de Honoré Peyre, notaires a uées. {Archives de M* Gaston Laville. notaire â Mouriès.} ; inconnus.
; de 100 livres.
G. — Régents de V école de Maussane (i).
Tacy. 1740.
Dufaur. 1 741-1743.
Granouxet Compagnon. 1743, pendant quelques mois.
Duverné. 1745.
Poncet. 1746.
Argoux. 1751.
Aubert Pierre-Louis, prêtre: 1755-16 septembre 1787.
Harmelier Jean-Martin. A partir de décembre 1787.
D. — Régents de V école de Saint-Martin-de-Castillon,
autrement dit le Paradou.
Giroud Jean-Claude. 1740-1741, 1743-1746.
Pitola Antoine. 1742.
Compagnon, originaire probablement d'Arles. 1745.
Armand Nicolas, prêtre secondaire, natif d'Orange. 1747.
De Retz Jacques. 1748. Né aux Baux le 4 février 1724, fils de
Claude et de Jeanne de Salies et établi comme marchand au
Paradou .
Gras Charles. 1749- 1764.
Brunet Antoine. 1754-1759. — Sa femme s'appelait Anne Nègre. Richaud Jean-André. 1759, 1763- 1767.
Duclerc Barthélémy. 1760-1762. — Natif de Péronne en Picardie,
il avait épousé Anne Pézenas, de Carpentras et mourut au
Paradou le 3 mai 1762, âgé de 61 ans.
Chambeau Antoine. 1768-1788. Naquit à Tarascon, en 1726, de
Joseph et de Firmine Chabert. S'étant établi au Paradou avec
son père et exerçant le métier de facturier, il épousa, le 20 août
1753, Trophimette Ramel. Plus tard il s'improvisa régent. Hubac. 1789-1790.
Quand la création de l'école du Paradou fut décidée en 1740, cinq habitants de ce lieu s'associèrent pour l'établissement d'une maison d'école avec le matériel nécessaire. Le maître devait payer une annuité de neuf livres, réciter chaque samedi après la messe les litanies de la Vierge et dire un De Profundis en faveur
(1) Aux gages de 5o livres jusque en 1758 et de 100 livres à partir de cette date. Même observation pour les régents du Paradou. ^
s, le tout approuvé par l'archevêque qui se : nommer ou de révoquer le titulaire (i). Co 1er à l'immeuble des proportions suffisant ssi les enfants de Maussane, on s'explique U gents dont nous avons parlé plus haut.
îretter qu'un travail de cette nature n'ait pas é et et plus vivant. Toutefois, malgré ses lac 'être exposé et présenté, projette une lumiè faire connaître ces vaillants et modestes pion un, qui dans les circonstances et les condil es, ont combattu obscurément mais non san:
orance. Et, maintenant, veut-on savoir ce c it d'efforts et de sacrifices, au lendemain de t fut suspendu? Voici la fin d'un rapport qu dont la minute anonyme, mais officielle, si îs les comptes de la communauté de Mau t-
Demande. — Vous n'oublierez pas surtou tre les établissements créés pour Flnstructio [lie vous croirez devoir être ajouté pour la
. — Nous avons pris le i5 frimaire une déli lans une commune du canton un instituteur ■ a séance publique. Nous désirons qu'il s'en ; ique commune, la médiocrité des fortunes d< eur permet pas d'élever leurs idées jusques ; e grande éducation : la lecture, l'écriture, l', léments de la morale et des lois, voilà ce <
tion. — Nous laissons aux villes populeuses * ous présenter leurs idées sur le perfectionner . Le Comité d'instruction publique, composé ;ment instruits, ne nous laisse rien à désirer ; désirons seulement que la législation actuell
:$ Baux et Castillan, Sainl-Remy, p. 3*5 et 346.
de l'activité à une mesure imaginée par l'A et trop longtemps retardée pour le malh actuelle. »
Tel est dans ses grands traits l'historiq aux Baux avant 178g, d'après des docume luments inédits.