‹ De L'Épithélioma: Sur cicatrices de brûluresChapitre 7 sur 33 · LE 4 (7 PE · texte numérisé non relu

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Cas chez les femmes: Observations I, II, V, VII, VIT, XVIII, XIX, soit 7 cas.

Age. — L'âge est un facteur important dans le développement de lépithélioma sur cicatrices de brûlures, et c’est là une analogie avec les autres variétés de cancers. C’est ainsi que Ménestrier, dans son traité sur le cancer, écrit que « l’épithélioma sur cicatrices du brûlures apparaît toujours sur des sujets âgés de plus de 40 ans ». Cette règle est en vérilé beaucoup trop radicale, et si la vieillesse paie au cancer le plus lourd tribut, il n'en est pas moins vrai que nous avons observé sept cas chez des sujets âgés de 20 à 40 ans (obs. I, IE, III, XI, XIV, XV, XVIII). Au-dessous de vingl ans, nous n'avons jamais vu de néoplasies sur brüûlures: l’enfance et l’adolescence sont donc respectées.

Par contre, si l’âge de l'individu importe peu au-delà de 20 ans, l’ancienneté de la brûlure apparaît comme indispensable. Il ressort de nos observations qu'il faut en moyenne une cicatrice vieille de 30 ans, et dans notre observation IV ce n’est que soixante-dix après sa brûlure que R... a fait un épithélioma.

Siège. — L'importance el le siège de la brûlure jouent un grand rôle dans l'apparition de l’épithélioma. Dans toutes nos observations, les brûlures ont pris de très grandes proportions, et la cicatrisation a mis des mois et des années pour se faire, ou même ne s’est jamais faite {obs. NI “et XHII).

Et de même qu'aucune région de lindividu n’est à l’abri d’une brûlure, de même l’épithélioma a été rencontré sur toutes les parties de revêtement de lorganisme. Aussi bien à la face (obs. II, III, IV, X, XIII, XV), qu'aux membres (obs. I, V,AVIL FIX, XI, XIL XIV MX VREX VIEN DUR on tronc (obs. VI, VIII, XVII). Evidemment les régions découvertes, face et main, qui sont plus exposées aux brûlures, sont aussi plus souvent le siège d’un épithélioma. En la cir-

constance, il faut aussi tenir compte des habitudes et des pays. Dans l'Inde, par exemple, Macpherson observe lépithélioma sur le fronc, et Paget rapporte un grand nombre de cas de cancers sur le ventre des femmes du Cashmir (conf. historique).

Hérédité. — Saurait-il être question de lhérédité dans la maladie qui nous occupe? Nous ne le croyons pas, car nous ne trouvons que deux fois seulement des antécédents néoplasiques sur les 19 cas considérés. Nous nous rapprochons donc de la statistique de Williams, qui, sur 235 cas de cancers, ne trouve seulement que 9,3 pour 100 de malades issus de parents cancéreux.

Profession. — Relativement aux professions ou à la condilion sociale, rien de particulier. Campagnards et citadins sont également atteints ; cela mérite d'être mentionné, puisque dans les autres épithéliomes de la peau il en est autrement: l’ulcus rodens frappe les gens de la ville, alors que les gens de la campagne sont atleints du cancroïde, « ré- -sultal tardif de linsolation chronique », comme l’a justement établi M. le Professeur Dubreuilh.

Quelle est donc la cause de notre épithélioma sur cicatrice de brûlure? L'importance du trauma, de Pirritation chronique dans la genèse du cancer, est admise par la grande généralité des auteurs.

« Ohne Trauma Kkein Tumor », sans trauma pas de tumeur, disait Herzfeld. Immédiatement, disons que tel n’est pas notre avis. É

Sans doute les coups, les irritations chroniques de toutes natures, sont des causes externes qui peuvent favoriser l’évolulion d’une néoplasie, mais elles ne sont pas la cause de celte néoplasie elle-même. Dans le plus grand nombre de nos observations, l’irritation manque ou s’est justement exercée sur le point qui n’a pas subi la dégénérescence épithéliale. Où est l’irritation dans notre observation IV, où le can-

cer est apparu au milieu du front ? La perruque qu'a portée R.. toute sa vie, peut-elle être assimilée à une irritation, et le fait de se couvrir le chef d’une perruque saurait-il être la cause d’une corne à 70 ans? Cela paraît peu sérieux.

D'autre part, l’épithélioma est justement apparu, dans nos observations I, IT, III, VI, dans l'endroit qui n’a pas subi d'irritation. Citons ce passage (obs. VI) : « La partie muqueuse de la lèvre supérieure est intacte, bien qu’elle soit en contact avec des dents ébréchées, très pointues et tranchantes, sur lesquelles elles sont appliquées par le rétrécissement et la tension de la lèvre. ».

On chercherait encore en vain l’irritation chronique dans l'observation VI, où lépithélioma est apparu dans la région lombaire.

Donc, dans nos observations, la cause externe irritative nous échappe.

Ménétrier de dire alors, qu’'« au niveau des cicatrices il est cerlain qu'il y a des phénomènes d'irritation chronique continue, des épithéliums englobés dans le tissu fibreux de formation nouvelle, isolés en îlots hétérotopiques, perturbés dans leur nutrition et leurs fonctions ». Et Monsieur le Docteur Bargues, assistant de la clinique dermatologique de la Faculté, dans un travail sur les « Epithéliomes sur lupus », d'écrire à son tour: « La multiplicité des cancers en des points différents des cicatrices, est digne de remarque. Ce fait s’observe très rarement dans le cancer en général, mais il est loin d’être exceptionnel dans l’épithélioma cutané. Il présente une grande importance au point de vue pathogénique, donnant ainsi une preuve de l'influence génératrice de lirritation chronique dans la genèse du cancer. »

Nous objecterons à ces auteurs que c’est justement cette preuve que nous cherchons, et que nous ne voyons pas. Il est certain que plusieurs épithéliomas évoluent sur une même cicatrice, en des points différents (obs. VIII), mais les raisons de ce fait que nous enregistrons nous échappent. Et. nous poserons à notre tour cette question : comment expliquer

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que l’immense majorité des cicatrices de brûlures ne donnent pas du Cancer, alors que souvent on les observe chez des individus ayant des antécédents néoplasiques dans leur famille, et exposés de par leur profession à des irritations de toutes natures ?

En résumé, nous admettons que quand elles existent, les irrilations chroniques externes et les irritations chroniques continues des épithéliums englobés dans le tissu fibreux de formation nouvelle, aident au développement de lépithélioma, mais qu’elles ne sont pas les causes directes de la néoplasie.

Où donc trouverons-nous la cause que nous cherchons ?

Pouvons-nous dire avec Cohnheim, que ces « néoplasies sont d’origine congénitale ». Ce serait reculer la question, nor la résoudre, car pourquoi ce vice congénital, et pourquoi ces cellules embryonnaires, attendraient-elles si longtemps pour se développer ?

Le cancer, comme l’expose Debove, « ne serait-il que le résultat d’une anarchie des cellules, refusant d’obtempérer au pouvoir central? » Mais pourquoi cette révolte? Où est l’action provocatrice ? Le cancer ne serait-il pas plutôt une infection, et comme toute infection, n’aurait-il pas son microbe spécifique. ?

De nombreux microbes ont été décrits dans le cancer. Le docteur Rappin, notre professeur distingué de bactériologie à l'Ecole de médecine de Nantes, isole un diplocoque qu’il considère comme toujours le même ; Delbet isole un bacille du lymphadénome ; Doyen décrit le « micrococcus néoformans », qu'il considère comme cause de tous les cancers ; d’autres enfin ont décrit des protozoaires dans les néoplasies dérivées des épithéliums de revêtement à cellules pavimenteuses stratifiées et évoluant vers la transformation cornée.

Mais, outre que la multiplicité de ces agents diminue leur valeur, Brault et Tôrôk ont porté un terrible coup à cette théorie parasitaire ; et ils ont montré qu'il s'agissait purement et simplement daltérations cellulaires, suscepti-

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bles d’être rencontrées en d’autres lésions el d’autres organes. el qu'il élail possible de trouver, entre ces éléments complètement transformés et les cellules épidermiques parfaitement reconnaissables, tous les intermédiaires permettant d’aifirmer leur filiation les unes aux autres.

Et alors, si nous ne trouvons pas cette cause de cancer ni dans la théorie parasitaire ni dans la théorie cellulaire, nous avouerons humblement qu’elle nous échappe et nous laisserons à d’autres, mieux qualifiés que nous, le soin d’éclairer cette importante question de létiologie du cancer.

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