‹ De l'équateur à la Méditerranée;Chapitre 101 sur 197 · DÉPENSES TOTALES P.E · texte numérisé non relu

DÉPENSES TOTALES P.E

RECETTES

165 déribas de riz chahir Aïn-el-Bent, à P.E. 430 la dériba (2J . 200 charges de paille, à P.E. 4 1/2

Total des Recettes . . . .P.E.

Moins les Dépenses

Bénéfices P.E.

aio

(1) Le propriétaire est considéré comme dirigeant sa culture.

(2) Riz chanir ou brut. La dériba, mesure agricole de poids et de capacité, est seulement en Qsage dans les pays de rizières. (Voir tableau de conversion des mesures, poids et monnaies.)

Soit P. E. 497 par feddan. Ce résultat est dépassé dans un grand nombre de cas. Il existe dans les environs de Damiette des terrains à riz qui se louent de P. E. 400 à 700. Ce sont des exceptions ; les chiffres du précédent tableau sont établis d'après la production moyenne de la généralité des rizières.

Après avoir été battu et avant d'être consigné à l'usine, le riz est étendu sur des terrasses ou sur la terre damée et entourée d'un clayonnage en roseaux et en nattes ; il est fréquemment retourné pour éviter la fermentation. C'est lorsqu'il est bien sec que commencent les opérations de la décortication, qui comprennent :

Le meulage ;

La ventilation et le criblage ; Le pilonnage et le salage; La séparation.

A Damiette, on ne perle pas le riz, on y mélange de l'ocre rouge (moghrat) pulvérisée. Cette adjonction donne au grain une teinte recherchée des acheteurs du dehors et des consommateurs locaux qui refusent tous les riz qui n'y ont pas été soumis. Il est aussi d'usage constant de saler le riz au cours de la décortication. Le sel donne plus de dureté au grain, il fait contracter la pellicule noire que recouvre la balle et en diminue l'adhérence.

Suivant que le riz sera plus ou moins dur, qu'il aura souffert de l'excès ou du manque d'eau, le travail des meules et celui des pilons devront être conduits en conséquence et les quantités de sel à employer seront plus ou moins grandes. Il faut donc que chaque usine possède un contremaître connaissant bien les différentes qualités de riz et un matériel susceptible de se prêter à toutes les différences de la matière première. L'usine de Kafr-Battikh réunit toutes ces conditions.

A Damiette même, il existe un certain nombre d'ateliers de décortication ; leur seul outillage consiste en un pilon en bois, semblable aux anciens martinets de forge actionnés par une chute d'eau. Ce pilon est mis en mouvement par un manège à bœuf; le riz amoncelé à la pelle sous le pilon est travaillé plus ou moins longtemps, puis vanné à la main.

Le matériel de Kafr-Battikh comprend :

Quatre paires de meules horizontales ;

Quarante mortiers et pilons ;

Cinq ventilateurs et quatre cribles ;

i46 NIL, SOUDAN, EGYPTE

Un séparateur et des élévateurs pour desservir chaque partie de l'outillage.

Toutes les opérations, depuis le meulage jusqu'au classement des produits, se font automatiquement. La force motrice est donnée par une machine à vapeur développant 150 chevaux.

Avant d'être meule, le grain est revêtu .de deux enveloppes : la balle et la pellicule noire dont nous avons déjà parlé. On passe quotidiennement aux meules la quantité de riz correspondant à la puissance des appareils et susceptible d'être salée ; à Kafr-Battikh, cette puissance est de 27 à 30 déribas, soit de 20 à 25 tonnes. L'écartement des meules est fixé suivant la nature du riz. Le meulage a pour but de broyer la balle, d'en amener la sé{)aration et de préparer l'écalage, c'est-à-dire l'enlèvement de la [)ellicule noirâtre. Une des meules est fixe, l'autre est tournante et animée d'une vitesse de roUition plus grande que celle imprimée aux moulins à farine. Le grain, déversé par une trémie desservie par un élévateur, reçoit l'action des meules ; chassé par la force centrifuge, il tombe à l'étage inférieur où un autre élévateur le reprend, le transporte dans une première série de mortiers, après lui avoir fait subir en chemin un premier criblage et une première ventilation.

Les quarante mortiers de l'usine de Kafr-Battikh sont divisés en trois séries : la première en comprend seize, qui reçoivent les riz meules. Dans la deuxième, les riz, complètement débarrassés de leur balle, mais non encore écalés, sont mélangés et pilonnés avec le sel préalablement moulu par l'une des quatre paires de meules affectées à cet effet.

Les douze derniers mortiers achèvent l'écalage des riz déjà deux fois pilonnés.

Les mortiers sont en fonte, de forme ovoïde, munis à leur base d'un diaphragme communiquant avec un conduit en bois, qui déverse le riz pilonné dans des récipients à fond et à parois Ijoisés. Chaque récipient est traversé par des élévateurs. Le i)iIon en fer des mortiers est un tronc conique, terminé par un téton en forme de champignon ; il reçoit le mouvement d'une manivelle calée sur un arbre de transmission. Le pilon traverse, sans atteindre le fond du mortier, les couches de riz qu'il froisse sans les broyer.

Quelque bien conduites que soient les opérations du meulage et du pilonnage, les durs contacts de la pierre et du fer ne laissent pas de concasser une certaine quantité de grains. Après avoir

reçu une dernière ventilation, le riz tombe dans un séparateur qui le divise en trois qualités. La première comprend les grains intacts et les deux autres les grains concassés en fragments plus ou moins gros.

Au cours de la décor tication, les bas produits ont été projetés â l'extérieur de l'usine par les différents ventilateurs ; ce sont :

La sercc ou balle; La Raguieh Eloua. .

La — Mellah .

Pellicule noire

non salée, salée,

et la dénéba. La dénéba est une petite graine noire et ronde que l'on trouve toujours mélangée avec le riz; on en nourrit les volatiles (l)j La dériba, qui sert d'unité de poids pour mesurer les riz bruts, pèse 20 kantars de 44 kilog. 493 gr.

Page 1