PARTIELLE
2,6tX) 0,027 0,386
S Se
On lit dans quelques auteurs que les eaux du fleuve Bleu, descendant d'un pays de rochers, sont plus limpides que celles du fleuve Blanc, lesquelles, mélangées de débris orçjaniques, sont limoneuses et sans trdnsj)arence. Le limon trdnsi>orté à de certaines é|)oques |)ar le Nil blanc ne peut avoir les qualités que donnent à celui du fleuve Bleu les terres volcaniques des montagnes abyssines; il n'en forme toutefois pas moins une alluvion fécondante; mais c'est surtout à l'état de dissolution et non de limon que les matières organiques sont contenues dans les eaux du fleuve Blanc, dont le rôle, dans le régime du Nil proprement dit, est de servir de véhicule aux matières fécondantes transportées par le Nil bleu et les rivières d'Ethiopie. Les seules quantités de limon qu'il charrie lui sont apportées par le Saulmt; elles sont toujours inférieures à celles que contient le fleuve Bleu, parce que les pluies toml>ent au Sud sur des espaces argileux ou plats, recouverts d'herbages ou sablonneux, sur
lesquels Teau glisse en n'emportant que des quantités minimes de terre; que, d'autre part, elle s'arrôte et séjourne dans les marais du 9® degré où olle se décante et qu'enfin ce fleuve, traversant dans son dernier parcours des contrées à faible jiente, a un courant beaucoup moins fort que celui du fleuve Bleu.
Les eaux du Nil blanc changent trois fois de nuances; entre mars et avril, et pendant vingt ou vingt-cinq jours, le premier flux qui s'échappe des marais est fortement saturé de matières végétales: c'est la période des eaux vertes qui se propagent jusqu'en Egypte. Elles sont alors nuisibles et les riverains évitent de les lx)ire telles quelles. Puis la couleur verte disparaît, le courant liquide prend une teinte rougeâtre que remplacent ensuite, longtemps avant l'étiage, une nuance glauque et une semi- limpidité d'où vient, sans doute, le nom de Blanc donné au fleuve.