TkRASt.OVti
Alimcntt? la région et la ville do DamiellP. Ce canal esl un dérivé du Bahr-Sagliir.
Longueur: S6 kilomèti'Ctî.
Lai^ur du plafond :
A la prise 6", ■
A l'emboudiun; . . 3", »
ilaut. de la section mouillée :
En crue 3", «
En hivor l-^jSO
A l'éliagy 0", 60
Débit :
EncruL- ..... 16"^
En hiver S"».
A réliage l"*.
Cunal formé de plusieurs canaux : k. Mil-Yac«h, le Kazan- Qadim, le Buhnabal et le Bahr-
Masliloul. II aboutil au lac Uenzaleh.
neport.
i Clieik-Negur
l Sabakh
i Gemalich
) Bausrsi
1 Bausratiîn
S Nawaged
) Karaba
) MagaLa
I Chcbul
! Asafra
t Mognouneh
l Ghezirch
î Whamneh
t Kafr-Takai
i Garra-Fargra
i Fum-el-Zarka
> Kachef
r Choktt
t Choubrabas
) Botros
) Masraf
. Ma^raf Chellal
! Hagaga
I Keliira
i Terct-cl-Balad
i Zagouieh
i Miska
f Rozassifli
I Haui-aiiia
I Domiatich
Kataya
Guézireh
Paluia
Canaux principaux A *?
Canaux A -. . 7
Canaux dérivé* de A 165
— de B 107
- de C 26
Total 312
BÉHÊRA
La partie Sud de Béhéni, formée d'une étroite bande de terre, enserrée entre la branche de Rosette et le désert libyque, confine à la province de Guizeh. Puis le désert s'écarte et les terres arables prennent de Texlt^nsion à l'Est et à l'Ouest au fur et à mesure qu'elles s'avancent vers le Xord. Dans a4le direction, leBéhéra est borné par les lacs d'Edkou, d'Al>oukir et de Mai'éotis.
A l'époque où, dans toute l'Egypte, les terres étaient aménagées en IxLssins d'inondation, la limite du désert qui longe la partie occidentiile du Béhéra était re[)orté<^ beaucoup plus à l'Ouest et les terres cultivées avaient une éU»ndue [)lus considérable que celle que nous lui connaissons aujourd'hui. L*envahiss<*ment |)artiel de ces terres [)ar les sables commença lorsque Teau cessa de les recouvrir pendant la crue, c'est-à-dire depuis la suppression du système des bassins.
L'influence de Teau et de la végéUition sur la marche des sables du désert a été constatée sur difl'érents |)oinLs de l'Egypte et tout particulièrement aux environs du Caire, dans la province de Guizeh, au pieil môme des grandes pyramides (Hlifiées, on le sait, au sommet de Tune des collines de la chaîne libyque.
Les fouilles pratiquées à côté de ces antiques monuments pour dégager le sphinx et le tenïple d('»couvert j)ar Mariette, l'illustre savant français, sont constamment comblées par les sables qui s'arrêtent cependant sur ces hauteurs sans se déverser sur les champs qu^elles dominent. Ces champs, rirouvcTts chaque» année par l'eau du Nil et cultivés ensuite, (le[)uis les temps les plus reculés, n'ont encore rien perdu de leur sup(Tficie primitive.
L'eau et la végétation disparaissant, l'atmosphère s'assèche, la direction des vents devient constante ; ceux-ci iK)Ussent alors devant eux et lransj)ortent les sables des déserts qu'ils traversent, et chan-
gent en solitudes mornes et désolées les espaces que recouvraient naguère les moissons. Quelles que soient ces barrières opposées à leur marche envahissante, les sables, après un moment d'arrêt, s'accumuleront à la base des obstacles, les franchiront et reprendront leur mouvement en avant ; seule l'eau j)eut les arrêter.
Lorsqu'on fouille les sables en bordure à l'Ouest du Béhéra, on rencontre, à quelques centimètres de la surface, les terres nilotiques envahies depuis que les inondations ont été supprimées et remplacées par l'irrigation. Les seuls canaux creusés pour opérer cette transformation ne permirent pas de distribuer l'eau dans toutes les parties des anciens bassins ; les terres déshéritées se stérilisèrent et le désert s'en empara.
La province de Béhéra possède trois grandes artères d'irrigation : le Rayah de Béhéra, le Khatatbeh et le Mahmoudieh.
Rayah de Béhéra. — Bien que les terres qu'il traverse appartiennent à la moudirieh deGuizeh, le Rayah est une des parties intégrantes du réseau hydrographique de la province dont il porte le nom. Sa prise, située sur la rive gauche du grand Nil, un peu en amont du barrage de la branche dé Rosette et en face du nouveau Ràyah, Tewfikieh, comporte un ouvrage écluse. Sa pente longitudinale est de 0",075 par kilomètre ; son plafond a 20 mètres de largeur et la hauteur de sa section mouillée, pendant les hautes eaux, est de 3", 70, ce qui lui assure alors un débit journalier de 6 millions de mètres cubes.
Destiné, à l'origine, à être la branche maîtresse de la canaHsation du Béhéra et à fournir, à l'exclusion de tout autre, les eaux d'étiage à ses irrigations séfî, le Rayah n'a pu jusqu'ici remplir qu'une partie* de ces fonctions primordiales et n'a jamais, pendant les basses eaux, apporté au Khatatbeh, dans lequel il se déverse, des quantités d'eau supérieures à 800,000 mètres cubes par 24 heures.
Avant d'atteindre son confluent, le Rayah de Béhéra côtoie les plaines sablonneuses du désert libyque constamment balayées par des vents de Nord-Ouest qui entraînent du sable et des particules terreuses dont une partie va s'accumuler dans le canal. D'un autre côté, antérieurement au creusement du Rayah, les eaux d'inondation des bassins du Sud de Guizeh retournaient au Nil au Nord de cette province. Elles empruntent maintenant, pour ce faire, une petite partie du Rayah, isolée du reste de son parcours au moyen d'un
Canaux principaux A '^
Canaux A •• . 7
Canaux d<^ri\é8 de A i65
— (le B i07
- de C 26
BÉHËRA
La partie Sud de Béhéra, formée d'une étroite bande de terre, enserrée entre la branche de Rosette et le désert libyque, conGne à la province de Guizeh. Puis l(î dés<*rt s'écarte et les terres arables prennent de lexti^nsion à l'Est vi à TOuest au fur et à mesure qu'elles s'avancent vers le Nord. Dans cette dinîction, le Béhéra est borné par les lacs d'Edkou, d'Aboukir et de Mai'éotis.
A l'époque où, dans toute rlvgj'pte,les terres étaient aménagées en bassins d'inondation, la liniiti^ du désert qui longe la partie occidentale du Béhéra était re|)ortée b(*aucoup plus à l'Ouest et les terres cultivées avaient une étendue plus considérable que celle que nous lui connaissons aujourd'hui. L'envahissement |)artiel de ces terres par les sables comnjenva lorsque l'eau cessa de les recouvrir pendant la crue, c'est-à-dire d(»puis la suppression du système des bassins.
L'influence de l'eau et de la végéUition sur la marche des sables
du désert a été constatée sur difl'érenls |)oints de l'Egypte et tout
particulièrement aux environs du Giirc*, dans la province de Guizeh,
. au [»ied njème des grandes pyramides édifu^es, on le sait, au sommet
de l'une des collines de la chaîne libyque.
Les fouilles pratiquées à côté de cvi^^ antiques monuments jwur dégc'iger le sphinx et le temple dr»couvert par Mariette, l'illustre savant français, sont constamment comblées par les sables qui s'arrêtent ce[K.Midant sur ces hauteurs sans se déverser sur les champs qu'elles dominent. C(?s champs, nH'ouverts chaque année par l'eau du Nil et cultivés ensuite, depuis les temps les plus reculés, n'ont encore rien perdu (le leur su|K»rfici(» primitive.
L'eau et la végétation dis[)araissant, l'atmosphère s'assèche, la direction des vents devient constante ; ceux-ci iK)Ussent alors devant eux et trans|)ortent les sables des déserts qu'ils traversent, et chan-
gent en solitudes mornes et désolées les espaces que recouvraient naguère les moissons. Quelles que soient ces barrières opposées à leur marche envahissante, les sables, après un moment d'arrêt, s'accumuleront à la base des obstacles, les franchiront et reprendront leur mouvement en avant ; seule l'eau j)eut les arrêter.
Lorsqu'on fouille les sables en bordure à l'Ouest du Béhéra, on rencontre, à quelques centimètres de la surface, les terres nilotiques envahies depuis que les inondations ont été supprimées et remplacées par l'irrigation. Les seuls canaux creusés pour opérer cette transformation ne permirent pas de distribuer l'eau dans toutes les parties des anciens bassins ; les terres déshéritées se stérilisèrent et le désert s'en empara.
La province de Béhéra possède trois grandes artères d'irrigation : le Rayah de Béhéra, le Khatatbeh et le Mahmoudieh.
Rayah de Béhéra. — Bien que les terres qu'il traverse appartiennent à la moudirieh deGuizeh, le Rayah est une des parties intégrantes du réseau hydrographique de la province dont il porte le nom. Sa prise, située sur la rive gauche du grand Nil, un peu en amont du barrage de la branche dô Rosette et en face du nouveau Ràyah, Tewfikieh, comporte un ouvrage écluse. Sa pente longitudinale est de 0",075 par kilomètre ; son plafond a 20 mètres de largeur et la hauteur de sa section mouillée, pendant les hautes eaux, est de 3", 70, ce qui lui assure alors un débit journalier de 6 millions de mètres cubes.
Destiné, à l'origine, à être la branche maîtresse de la canalisation du Béhéra et à fournir, à l'exclusion de tout autre, les eaux d'étiage à ses irrigations séfi, le Rayah n'a pu jusqu'ici remplir qu'une partie* de ces fonctions primordiales et n'a jamais, pendant les basses eaux, apporté au Khatatbeh, dans lequel il se déverse, des quantités d'eau supérieures à 800,000 mètres cubes par 24 heures.
Avant d'atteindre son confluent, le Rayah de Béhéra côtoie les plaines sablonneuses du désert libyque constamment balayées par des vents de Nord-Ouest qui entraînent du sable et des particules terreuses dont une partie va s'accumuler dans le canal. D'un autre côté, antérieurement au creusement du Rayah, les eaux d'inondation des bassins du Sud de Guizeh retournaient au Nil au Nord de cette province. Elles empruntent maintenant, pour ce faire, une petite partie du Rayah, isolée du reste de son parcours au moyen d'un
batanleau. Elles s'y (lévoi'senl|)ar une coupure pratiquée, au moment (lu sarf^ dans une des digues, et regagnent le fleuve par la prise du canal . Elles abandonnent, dans ce déversoir improvisé, des masses considérables de (erre qui s'ajoutent au limon abandonné par les eaux de la crue (;t aux siibles tr€ins|)ortés jiar le vent du désert.
Aussi, avant la su[>pn»ssion jMirtielle de la corvée, fallait-il 18,000 ou 20,000 hommes cliaqueanniMîjKDurdélmrrasser le Rayah des 700,000 ou 800,000 mètn»s (*u1xîs de déi)ôts qui Tencombraient. Afin d(» diminuer c(»t énorme mouvement de U»rres, on essaya d'introduire dans le canal, au moment l(» plus favonible, c'est-à-dire pendant la [>lus haute |»érioded(» la crue, de grandes (|uantités d'eau qui entraînèrent en (?fl*el h?s dé|)ots limoneux formés depuis la crue précédente. Mais, corro<lées par le courant, les digues sablonneuses s'afTouillèrent, h^urs t;ilus intérieurs s'effondrên.»nt sur de grandes longueurs et la s«H»tion du canal prit des proi>ortions inquiétantes; il fallut susiM»ndre cette (»xpéri(»nce.
Avant de n»pn»ndn» ces ess;iis de curage automatique, on s'est attîiché à bien fixer le courant <lans l'axe du canal au moyen d'épis (N'art<'»s de 200 méti*es dans les partiels étroites, de 60 mètres dans les [)lus larges et de» 100 mètres dans la pîirtie concave des courl)es. Ci»s épis sont formés, soit de moellons, soit de pieux, soit de terre ensiichée, soit de briques. Les mah^riaux employés dans ce dernier cas se com|)osent de cul>es de limon de 0",50 de côté, préjiarés et soumis à la cuisson comme des briques ordinaires; ces cubes servent de base à l'épi (]ue l'on achève» avec des briques crues.
Dans le but dt» consoli<l(T les lx?rges, des saules ont été plantés sur une longueur d(» 20 kilomètivs, mais les dragag<»s ont sérieusement (endommagé l(»s plantations de la rive gauche.
Des m(»sun»s préventives ont éU» [>rises contiv IVnsiiblement. A cet eiïet,on a établi, en dcH^à de la voie feriw qui est jXindlèle au canal, des rideaux hauts de 2 mèlit»s à 2"SaO faits de l>ois de cotonnier. De plus, les (»aux (rinondalion sont amenées à l'Ouest du Rayah j)our colmater la zone envahie {mr le désert et la rendre à la culture. 1/eau et la végétation arrôt(»ront les sables i»t s'opposeront à l'action désagrégeante d(»s vents.
Ces diviTses mesures ont donné des l'ésultîds satisfaisants.
Le curage à la main est remplacé dans les principîiux canaux et dans phisieurs grands canaux secondaires de la province par le dragage dont Tenlri^prise est coidiée à la Société des Irrigations dans
le Béhéra. En ce qui concerne le Rayah, le cube dragué en 1887 s'est élevé à 522,000 mètres cubes.
Le Rayah de Béhéra se déverse dans le Khatatbeh, à 41 kilomètres environ de son point de départ.
Khatatbeh, — La prise de ce grand canal nili est située à 60 kilomètres en aval du Barrage. Il est d'abord parallèle au fleuve sur une longueur de 80 kilomètres; puis, par un coude brusque, il se dirige vers l'Ouest et revient ensuite vers le Nord se déverser dans le Mahmoudieh, à peu de distance de Damanhour, chef-lieu de la provinc^e de Béhéra. Il comporte un barrage comme ouvrage de tête et deux déversoirs qui laissent échapper au Nil l'eau introduite en excès dans le canal : le premier, masraf Zawiet-el-Bahr, se trouve un peu en amont de Kafr-Boulinè; le second, masraf El-Marg, est placé à la naissance de la courbe décrite par le Khatatbeh lorsqu'il s'éloigne du fleuve.
Pendant un certain nombre d'années, le Khatatbeh reçut du Rayah de Béhéra 800,000 mètres cubes d'eau d'étiage ; mais le curage du deuxième canal devenant de plus en plus laborieux, la difficulté de réunir le nombre d'hommes nécessaires s'augmentant d'année en année et le débit du Rayah ne suffisant plus à l'étendue toujours croissante des cultures séfî, le gouvernement résolut de faire installer à la prise de Khatatbeh un établissement pour l'élévation des eaux qui permît, sinon de supprimer l'action du Rayah sur sa dérivation, du moins de pouvoir se passer, le cas échéant, des quantités d'eau qu'il fournit à l'étiage.
Le Mahmoudieh devait recevoir un établissement similaire pour remplacer ses anciens appareils élévatoires.
Par une convention en date du 11 mai 1880, ces deux établissements furent concédés à la Société dite des Irrigations dans le Béhéra, représentée par un ingénieur civil anglais, M. Easton.
Le matériel installé à la prise du Khatatbeh comportait, à l'origine, dix vis d'Archimède de 12 mètres de hauteur ayant 3 mètres de diamètre, d'un système perfectionné par M. Airy, ingénieur anglais. Ces vis étaient actionnées par des machines conipound, type marine, a pilon; elles devaient élever 1,500,000 mètres cubes d'eau en vingt-quatre heures à 3 mètres au-dessus de la cote d'étiage de la prise du canal, qui se trouve à 7 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer.
Par suite de défectuosités constatées dès la mise en marche et
43G NIL, SOUDAN, ÉOYPTE
(l'avaries siirvonues au cours <l<» la [»reniièrc» campagne, les fournituns (frau furriil nmstainmrnt infm«»un\s au chiffre pn-vu dans le contrat, <|ui nvul successivement diverses clausc»s additionnelles: c'est alors que la S4jciété concession nain* ivsolut de [procéder à une transiorniati(»n radicale (h.»s appareils. (l(»tte transformation, étudiée» |>ar M. Vitreux, membre de la Sociélé des Ingénieui*s civils, professeur à l'École centrait», fut oiMM'ée sous la haute direction de S. E. Iîoj;hos- Pacha-NulKir, administrateur de la So<*Jété des Irrigations dans le JWiéra et ingénieur des Arts et Manufactur(»s. I^ construction des api^ireils fut con(ié(» à M. J. Fai^cot, ancien président de la Sociélé des Ingénieurs civils.
La puiss'ince élévatoire actu<'lle de l'usine du KhatatlK'h est.de 2,KU2,000 mètrtîs cuIm»s, (jue |M»uvent fournir cinq machines Farcot adioimant séparément vi din»cteinent cin(| |M)m|»es centrifug<^ à axe vertical de t)'",yO de diamèliv extérieur. La roue à ailett(*s (k»s |)Oin|M*s a >',H0 de diamètre, 1"',40 de hauteur pn!»s de l'axe, et 0"',70 pivs des ImjhIs. (^ha(pie |M)m|M» |M»ut débiter normalement G mètn's par s(vonde à 3 mètn»s de hauteur et à la vitesse de trentedeux tours par minute; soit, jM)ur h»s cin(| j)om|x»s, 30 mètres cul>es corres|M>ndant à un travail de 90,000 kilogrammètn»s, soit 12,000 cht.*vaux. (A*tt<î puissîince de 2,592,000 mèti^es culx»s |>eut être augmentée dt»oOO,000 mètres cuIm»s au moy(»n de trois des anciennes vis d'Archimèdecons<»rvé»es avtK.* leurs machims motrices primitives aprf^s avoir nH;u «le sérieus«\s consolidations.
Les pom|K.'s du Khatatlx^h fonctionnent |)endant un nombre, de jours (|ui varie, suivant les crues, de cent cinquante à deux cent (luarante jours, p(»ndant les<piels la <|uantité moyenne d'eau élevée est d'environ 2 millions de mètres culx»s (1) |mr jour.
Mahmoudieh, — La ville d'Alexandrie, autrefois alimentée j)ar un jH^tit canal dérivé du Nil, à Rahmanieh, pivsque en face de Dessouk, ne communiquait que par la mer ave<.* les deux branches du fleuve; elle est aujourd'hui n*liée à la branche de Rosc»tte [)ar le Mahmoudieh, grand canal nili navigable, dont la pris(» est situ(^* à l'Atfeh, à 3«j kilomèln^s en amont de Uosette.
(l) Voir, au snj(;t (h's ÉlablisstMiionts du KhaUitlH'h cl <lu Muiimoudieh, le compte rendu de M. nnill, Nicc-présiilcntdc la S^K-irlr drs Inj^énirui's civils, inséré dans le Bulletin do noNtMnhri' I88G, el io niôinoiro do S. E. Bojîhos-Paclia-Nubar, paru dans le touio X du Génie civil, annc^o 188G.
Lorsque Méhémet-Ali décida le creusement du Mahmoudieh, 360,000 hommes de corvée, recrutés par ses ordres sur différents points de l'Egypte, furent envoyés sur les lieux avant môme que les nivellements, opérations essentielles qui doivent nécessairement précéder un travail de cette importance, aient pu être achevés. Aussi ce canal témoigne-t-il de la précipitation, souvent aveugle, que les serviteurs du premier vic«-roi d'Egypte apportaient dans l'accomplissement des volontés du maître. Les contingents qui concoururent au creusement, placés approximativement dans la meilleure direction possible, mais forcément un peu au hasard, exécutèrent, le plus rapidement qu'ils le purent, la partie qui leur avait été assignée. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que ni la pente ni les alignements n'aient pas été respectés et qu'il ait fallu ensuite raccorder ces derniers par des courbes que Taxe du canal n'aurait pas dû comporter. En outre, faute d'études préliminaires suffisantes, une partie du canal, qui passe à travers des terrains bas et marécageux, qu'il eût été facile d'éviter, dut être construite en remblai et maintenue par deux beiges en maçonnerie.
A l'origine, et jusqu'en 1857, le Mahmoudieh fut alimenté, durant les étiages, au moyen d'eaux emmagasinées dans le Malkat-Disseh, dépression naturelle du sol, qu'on emplissait, pendant la crue, par deux dérivations du Nil et deux autres petits canaux dérivés du Khatatl)eh. Ce réservoir étant devenu propriété particulière, on dut pourvoir aux recettes d'eau du canal par l'installation, à sa prise, de puissantes machines à vapeur et d'écluses pour le clôturer pendant les basses eaux; il reçut, de plus, le trop-plein du Khatatbeh.
La cote d'étiage est, à la prise du Mahmoudieh, de 2",90 au-dessus du niveau moyen de la Méditerranée, trop basse pour que les eaux puissent s'écouler dans le canal qui fut transformé en artère séfi du fait de ses machines, comme l'a été depuis le Khatatbeh (1).
Les superficies séfi qu'il arrosa d'abord ne dépassèrent pas un millier de feddans ; elles s'élevaient à 11, 500 feddans en 1849. Portées sous Saïd-Pacha à 90,000, elles atteignent aujourd'hui près de 155,000 feddans. Pour fournir de l'eau à cette grande étendue de terre, de nombreuses prises furent branchées sur les deux rives du canal, sans
(1) Avant 1886, le niveau d'étiage s'étant abaissti, entre Rosette et TAtfeh, jusqu*à 0™,25 au-dessus du niveau de la mer, qui pénétra jusque près de la dernière ville, on dut barrer le Nil au moyen d*un fort batardcau qui en maintient la cote d'étiage à 1*»,75 au-dessus du niveau de la Méditerranée.
tenir compte ni des niveaux ni des surK.*rficies à irriguer, de sorte que, {H'ndant Tétifige, il est inijK)ssibIe de donner de l'eau partout où <*lle s4>niit indis|M'nsable et (feniiHkher le gaspillage aux endroits où elle n'«»sl jkis nm»ssain».
L* Mahnioudieh est |»our ainsi din* [)er[M;ndiculaire au Nil ; il [uinilt que r(ttte dinx*lion lui fut intiMitionnellement donnée pour ^'vit4T la construction de l'ouvrage de t<^te qu'on dut lui adjoindre plus tanl. àSii longueur est de; 77 kilomètres. La cote de son plafond étant à l'Atieh à 1",05 au-dessus du niveau de la mer et à Alexandrie, au |)oint d'arrivt'K», à 0",70 au-(h^sous de cv même niveau, la |)ent<» longitudinale total*» est de 1",75, soit 0",022 p)ar kilomètre.
De cette faible [Hiiite il l'ésultc*, sur tout le parcours du canal, des dépôts qui se sont parfois élevés à un million de mètres culx^s et qui sont normalement, cliaqur année, de 250,000 à 300,000 mètres cubes. L» cunige de ces dé|kits s efft^ctue, on l'a vu plus haut, comme ceux du Rayah de IV»héra et du Khatatlx*h, au moyen de dragues déversant, les unes dans des chalands, les autres sur les bergi's ou en deçà. Lorsque a*s d<»ux modes ne j)euvent ètn» appliqués, les produits sont transportés {Kir entnitnement dans l'eau a Taide de conduites spéciales.
Le proiil-ty|H; du Mahmoudieh, déjà l'emanié, a reçu dans ces derniers t(»mps de sensibles améliorations destinc'^es à diminuer les dé|}enses considérables de son entretien. Une écluse vient d'être construite au kilomètre 45, à Kafr-Dawar, qui partagera le canal en deux biefs de manièn» à |K)uvoir élever le plan d\»au entre ce point et TAtfeh. Dans le pn»mier bief, la lai'geur du plafond a été ramenée uniformément à 45 mètivs; au-dessous de Kafr-Dawar et jusqu'à Alexandrie», cVst-à-dire sur une longueur de 32 kilomètres, le plafond n'aura plus que 12 mètres.
La pn*mièn> usine élévatoire du Mahmoudieh, créée à l'Atfeh en vue d'une fourniture d'eau journalièi'e de 800,000 mètres cubes déversés à 2"», 60, comportiiit quatn» paires de machines jumelles à Ixilancier aclioimant des ponijM.'s centrifuges qui fonctionnaient six mois environ chaque année. Par suite du développement considérable des cultures séti et de Taccroissement de la consommation d'eau dans la ville et le jK)rt d'Alexandrie, rétablissement primitif devint insuffisant (*t Ton résolut dVn doubler la puissance. Les moteurs à balan-r cier furent d'atord transformés en machine Woolf par l'adjonction d'un p(?lit cylindre de détente. Celte exp<'?rience n'ayant donné que des rvsultiits [)eu appréciables, on substitua, par une combinaison
ingénieuse, le système compound au système Woolf, le petit cylindre de chaque machine jumelle, évacuant dans le grand cylindre de sa voisine, transformé en cylindre de détente. Par Tadjonction de deux des machines à pilon provenant du Khatatbeh, la puissance motrice fut encore augmentée.
Les pompes centrifuges furent supprimées et remplacées par huit roues Sagebien de 40 mètres de diamètre, quatre de 3",60 de largeur et quatre de 3 mètres, construites par M. Feray d'Essonnes, sur les données de M. Vigreux, Téminent ingénieur chargé des études relatives à l'établissement du Khatatbeh, sur la proposition de S. E. Boghos- Pacha-Nubar.
La puissance élévatoire des machines de l'Atfeh est maintenant de 2,500,000 mètres cubes par vingt-quatre heures. Leur débit moyen est de 4,850,000 mètres cubes pendant un nombre de jours qui varie, suivant les crues, entre 490 et 245.
Il existe encore, dans la province de Béhéra, deux importantes stations de machines élévatoires, ce sont celles de Kom-el-Akhdar et de l'entreprise du dessèchement du lac d'Aboukir.
La première a été installée en 1879 pour Talimentation, pendant les basses eaux, d'un canal de 40 mètres de largeur au plafond et de 56 kilomètres de longueur, dont la prise se trouve à un kilomètre environ en aval de celle du Mahmoudieh. Son matériel comprend deux machines compound horizontales système tandem, le cylindre à haute pression ayant 35 centimètres de diamètre, celui à basse pression 70 centimètres, avec détente Farcot modifiée. Les machines actionnent par courroies deux pompes centrifuges de 60 centimètres de diamètre. La vapeur est fournie par un groupe de trois générateurs tubuîaires, à foyer intérieur, dont un de rechange.
Les deux pompes sont disposées en siphon, l'extrémité des tuyaux d'aspiration réduite à une longueur minima pour éviter les pertes de chaîne, plonge néanmoins dans l'eau quelle que soit la hauteur du niveau, soit du côté de l'aspiration, soit du côté de la décharge.
Les constructeurs avaient garanti un rendement de 40 0/0 du travail indiqué sur les pistons pour une hauteur d'élévation de 1 mètre avec une consommation de 4 kilogramme de charbon par cheval.
Pour le contrôle des essais, le canal, dont la section est régulière, fut barré au moyen d'un batardeau en terre à 4,400 mètres du déversoir et les niveaux rigoureusement relevés avant la mise en marche et après le stoppage. Lors des essais qui eurent lieu le i^' sep-
hW NIL. SOliiAN, ÉCJÏPTE
tiimbiv 1879, il(! nombreux <liagrammcs furent relevée simultanémc'iil (-t s<''|tiLrén)riil sur les ficux cylimln^ du chaque machine avec deux iiitlicîileurs HidianJ.
I>n-Nsjnn aux chauilièrca 4 lùlog. 133
Nombre île Umrs moyen 61 1/2
Déa-nti^ 0,60
Viileuu conilenHeur 0,625
Fonx in'IiqutV 60 cbevsDX.
Noiiilire (le touro itux poiii|K-s 142
Conitommalion (le diarbon {Newtasilelout-
\eiianl) piir clu'val iii<lii[ué 1 beclog. 200
HttuU'iii- irr-li-valioii 2 mëlres.
TivvuilelIti'lifeiK.'KU moulée 33 chevaux 82
Rapport ik- lu force cfrMtive i la forre
inrliquii*' 0,363
Le n>ii(lt'meiil des niacliine», on le voit, fui su[)érieur aux stipulations ilu roiitRil, avec un exci-s de 200 ftrammes dans la consommation. La siiifacc de (grille Était (ix>|i grande, la pression montant tn»]i vite, les cliaufTeurs laissaient les («rtes du foyer ouvertes ou ne chaiîçeaienl qu'ineoniplèiement les (grilles, ce qui, dans les deux cas, ocWLsioiinail des rentrées d'air froid. La surface de grille diminuée. la consommation s'alwissa à l^'.OSO par cheval.
Les api>an'il.s,.sortiint de la inaisuii Van Goelheni et C", avaient été livrés à Anvers pour la somme de 87,000 francs.
Planche A'» Si. — l'ompe centrifuge montiîe en siphoD.
IjOs marliiiies de la iMke Abukir Hedamation C" ont été mises en marche en mars 1888. Klles se <'omposciit de :
2 machines conij>ound à haute pression, de 50 chevaux nominaux, aelionnant diiiftement : 2 i>omi)es centrifuges de 48 pouces anglais
de diamètre (1 ",21 92) installées en siphon; 4 générateurs de 2 mètres de diamètre sur 6",10 de longueur, dont un de rechange.
Les machines et les pompes ont été fournies par la maison J.-H. Gwynne, de Londres, et les générateurs par la maison Galloway, de Manchester.
Pression moyenne à la chaudière 5 kilog. 250
Vide moyen dans le condenseur 0,672
Nombre moyen de tours par minute 70
Hauteur maxiraa d'élévation 2 mètres 18
— minima — 2 mètres 03
— moyenne — 2 mètres 105
Débit moyen de chaque pompe par seconde .... 3 mètres cubes 666
Travail effectif en eau montée 106 chevaux 45
Travail moyen indiqué 195 chevaux.
Rendement entre le travail effectif en eau montée et
le travail indiqué sur les pistons 0,546
Consommation en charbon de terre par heure et par
cheval effectif 1 kilog. 390
Consommation en charbon par heure et par cheval
indiqué 0 kilog. 758
L'installation a coûté 17,000 livres sterling, environ 440,000 francs.
Des détails précis manquent sur la méthode suivie pour le contrôle des essais. La superficie du lac d'Aboukir est divisée en canaux alternant avec des drains; ces derniers al)outissent à un'colateur principal en communication avec les pompes.
Les principaux canaux secondaires du Béhéra sont :
L'Abou-Diab; Le Sahel-Markaz ; Le Pacha ; Le Mehallet-Khel.
La province possède trois canaux d'origine récente, ce sont : le Kom-El-Akhdar, creusé en 1880 par la Société de môme nom, pour rirrigation des terres qu'elle voulait exploiter. Ce c<mal est aujourd'hui inutilisé sur les deux tiers de son parcours et le troisième tiers n'est qu'occasionnellement employé. Viennent ensuite le canal de Rosette, exécuté par l'Étiit pour alimenter cette ville privée d'eau douce par suite de la pénétration des eaux de la Méditerranée dans l'embouchure du Nil, et le Nubarieh.
442 NIL, SOUDAN, ÉGYPTB
Ce dernier canal a éUt cn»us<5 sou» la direction des ingénieurs du fçouvernement dans le but d'irrif^uer 480,000 feddans de terres arables situHîs à TOuesl du Héhéni et dont le désert s'était emparé. L' \ubarieh est dérivé du Kliatatlx^i, il a eniprunU'^ la prise et le lit d'un ancien canal, TAniin-A^ha; deux autres, le Khachaba et le Farrache, sontdevenus ses dérivations. Le nouveau canal a 81 kilomètres et demi d(» dévelopiMmienl, 10 mètres de plafond, une section mouillée d(» 4 mètres de hauteur au départ, 3 mètres de plafond et 3 mètres de hauteur d eau à l'arrivée; il sera sans doute prolongé de 22 kilomètres et demi, ce qui lui jKirmetlra d'arriv(T à 40 kilomètres de la Méditerranée et d(î s*; déverser dans le lac Maréotis. Pour le moment, le Nuljarieh ne sera alimenté que [Mandant le haut Nil ; on espère pouvoir le maintenir constamment en eau lorsque le Barrage fonctionnera.
On a consacre à la création du Nulxirieh L.E. 70,000 (4 ,800,000 fr.) ; cette somme, (jui a été avana'?(» au gouvernement par la Société concessionnaire des terrains qu'il doit irriguer, représente une dépense de P.E. 40 jMir feddan et sera récu[>érée au moyen d'une taxe dont seront grevées les terres qui feront usage de l'eau du nouveau canal.
Les principaux canaux d*(^outtement du Itehéni sont : le masraf Ël-Omounieh qui commence à peu de dist^mce au Nord de Damanhour, s'incline (falwrd à l'Ouest et revient vers le Nord déverser dans le lac Maréotis les 750,000 mètres cuIkîs d'eau qu'il recueille quotidiennement; le Chéricherra qui délx>uche également dans le lac Maréotis; l'Etlkon, qui <lraine les terres à l'Est de la voie ferrée de Dîimanhour à Alexandrie, et le Dashouri.
Les recettes approximativas d'eau de la [>rovince sont :
En crue 12.000.000 mètres cubes
ATétiage 4.500.000 —
Pemiaiit la culture d'hiver. . 6.000.000 —
Sa superficie cultivée, (jui était en 1887 de 467,650 feddans, se divisant comme suit :
Cultures séfl 154.800 feddans.
— nili r^.200 —
— chétoui 238.650 —
et c/)mprenant 25,000 finidans de rizières, a été portée depuis à 500,000 fi^ddans.
IRRIGATION - BASSE-ÉGYPTB
No 96. — RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE DE LA PROVINCE DE BÉHÉRA
CANAUX
PRINCIPAUX