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OBSERVATION III

(Publiée par: M. Soulier. Lyon Médical, juin 1882.)

T. (Louis), âgé de 16 ans, chaudronnier, né dans un pays où règne la fièvre intermittente, dont il n’a jamais été atteint, est fils de rhumatisants:; il n’a eu qu'une seule maladie avant celle qui l'amène à l'hôpital, une fièvre typhoïde dans son enfance; l'atelier où il travaille est humide, cependant bonne santé habituelle.

Entré à l'hôpital Saint-Pothin le 10 février 1880.

Il ya trois mois, pour la première fois, douleurs dans le genou gauche avec tuméfaction; il garde le lit un mois. Il se levait depuis huit jours, lorsque l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil est atteinte à son tour, et le malade est encore obligé de s’aliter pendant quinze jours.

Depuis cette époque, il n’a plus ressenti de douleurs articulaires, mais il a été atteint de bouffissure de la face et, de tenps à autre, de l’œdème des paupières, le matin. Il a perdu un peu de ses forces, a maigri et, depuis huit jours, a des palpitations. De temps à autre, accès de fièvres irrégulières accompagnés de sueurs profuses.

L'examen du cœur montre que les battements sont un peu irréguliers ; la pointe bat dans le cinquième espace sur la ligne mamelonnaire; le premier bruit est prolongé, un peu soufflé à la pointe ; pouls irrégulier (64 par minute). Rien du côté des voies respiratoires ; appétit conservé, légère constipation.

La feuille d'observation ne renferme que très peu de détails sur ce premier séjour à l'hôpital. Il est bien indiqué qu'il avait de la fièvre; mais point de tracé, point de mention d’éruption quelconque, et cependant Tr... prétend avoir eu alors des poussées semblables à celles de son deuxième séjour.

Le malade sort au bout d'un mois el rentre un an aprés, le 10 février 1881.

Il ressent, depuis quelques jours, des douleurs peu accentuées dans les genoux et les articulations tarso-métatarsiennes; douleurs aussi dans les mollets.

Depuis six jours, éruption offrant les caractères suivants : elle ne dépasse pas le cou comme limite supérieure et est plus marquée sur les membres, manque sur le dos. On observe en certains points des papules avec induration du tissu cellulaire sous-jacent; ailleurs, ce sont des vésicules assez larges, non ombiliquées, entourées d’une zone inflammatoire, quelques-unes sont déjà affaissées, flétries, d'autres remplacées par une petite croûte noirâtre.

Cette éruption ne parait pas avoir été précédée de phénomènes prodromiques. Son début aurait été accompagné seulement de céphalalgie légère : mais ni douleurs lombaires, ni vomissements. Ù

Actuellement, langue blanchâtre, inappétence, insomnie existant d’ailleurs dès le début de l’éruption; pouls ralenti, 50 pulsations, souffle au premier temps, pas de syphilis. Traitement : acetate d'ammoniaque, 2 grammes.

12 février. 64 pulsations. Eau de Sedltiz. Vin de quina.

13. L'éruption persiste avec les mêmes caractères, elle a gagné le dos; toujours quelques douleurs dans les genoux, le malade en accuse aussi dans les mollets ; 68 pulsations.

L’éruption consiste surtout en papules larges ou macules papuleuses à base indurée en quelques points, ni point, ni cuisson ; çà et là quelques vesico-pustules non ombiliquées de formes irrégulières, quelques-unes sont déjà livides. Persistance de la fièvre, très irrégulière du reste. Salicylate de soude, 5 grammes.

1%. Quelques vésicules renferment un liquide séro-sanguinolent que la piqûre avec l'épingle laisse échapper, d’autres sont affaissées et couvertes d'une croûte noirâtre.

15. Les accès de fièvre coïncident avec des frissons et avec des douleurs vives dans les genoux et dans les poignets. Certaines maculo-papules reposent sur une base indurée et rouge, rappelant l'érythème noueux ; nouvelles vésicules à liquide séro-sanguinolent reposant sur une base indurée.

Refus de continuer le salicylate qui lui fait mal à l’estomac, dit-il.

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