‹ De l'Esprit des loisChapitre 164 sur 935 · LIVRE IX, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CHAPITRE II

de plus grands périls. La conquête lui faisoit perdre non-seulement la puissance exécutrice et la législative, comme aujourd’hui , mais encore tout ce qu’il y a do propriété parmi les hommes '.

Cette sorte de république, capable de résister à la loi’ce extérieure, peut se maintenir dans sa gi andeur sans que l’intérieur se corrompe. La forme de cette société prévient tous les inconvénients.

Celui qui voudroit usurper ne pourroit guère être également accrédité dans tous les Etats confédérés. S’il se rendoit trop puissant dans l’un, il alarmeroit tous les autres; s’il subjuguoit une partie, celle qui seroit libre encore pourroit lui résister avec des forces indépendantes de celles qu’il auroit usui’pées, et l’accabler avant qu’il eût achevé de s’établir.

S’il arrive quelque sédition chez un des membres confédérés, les autres peuvent l’apaiser. Si quelques abus s’introduisent quelque part, ils sont corrigés par les parties saines. Cet Etat peut périr d’un côté sans périr de l’autre; la confédération peut être dissoute, et les confédérés rester souverains.

Composé de petites républiques, il jouit de la bonté du gouvernement intérieur de chacune; et, à l’égard du dehoi-s. il a, par la force de l’association, tous les avantages des grandes monarchies.

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