LIVRE x; CHAPITRE XI
on les a trouvées; les mêmes tribunaux, les mêmes lois, les mêmes coutumes, les mêmes privilèges : rien ne doit être changé que l'armée et le nom du souverain.
Lorsque la monarchie a étendu ses limites par la conquête de quelques provinces voisines, il faut qu'eile les traite avec une grande, douceur.
Dans une monarchie qui a travaillé longtemps à conquérir, les provinces de son ancien domaine seront ordinairement trèsfoulées. Elles ont à souffrir les nouveaux abus et les anciens; et souvent une vaste capitale, qui engloutit tout, les dépeuple. Or, si après avoir conquis autour de ce domaine on traitoil les peuples vaincus. comme on fait ses anciens sujets, l’Etat seroit perdu : ce que Tes provinces conquises enverroient de tributs à la capitale ne Uku*: reviendroit plus; les frontières seroient ruinées, et par conséquent plus foibles; les peuples en seroient mal affectionnés; la subsistance des armées qui doivent y Tester et agir seroit plus précaire.
Tel est l’état nécessaire d’une monarchie conquérante ; un luxe affreux dans la capitale, la misère dans les provinces qui s’en éloignent, l’abondance aux ('\tréniit''s. Il en est comme de notre planète : le feu est au centn'; la verdure à la surface; une terre aride, froide et stérile entre les deux.