‹ De l'Esprit des loisChapitre 274 sur 935 · LIVRE XIII, CîilAIMTRE XIX. 20d · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CîilAIMTRE XIX. 20d

iliî SOS peuples. Par la ri-^'ie, il éparfriie à IV'tat les pmlits immenses (les fermiers, (|;ii l’appauvrissent (l’nne infinité de mani('?res. Par la rég-ie, il épargné au peuple le speclaelt' des fortunes subites, (pii l'allligent. Par la régie, l’argent lev(‘ passe par peu de mains; il va directement au prince, et jiar consé- (pient revient pins i»romptenient au peuple. Par la r(‘gio, le prince épargne au |)cu|)le une infinité de mauvaises lois i|u’e\ige toujours de lui l'avanice inn»(.>rtuiie des fermiers, (pii iiiontrent un avantage préseiitdans des règh.'ineiiLs funestes pour l’aMmir.

Comme celui ipii a l’argent est toujours le maître de l'autre, le traitant se rmid despoti(pie sur le luinee im'ine : il ii’es.t pas législateur, mais il le force à donner des lois.

J’avoue ipi’il e.st qucl(|uefois utile de commencer par donner à ferme un droit nouvellement etaldi. 11 y a un art et des inventi(,»ns pour prévenir les fraudes (jne riiiti'rèt des fermiers leur sugg(‘re, et ipie les r ■•gisseiiis ii'anroient su imaginer : or, le .système de la levée étant une fois fait par le fermier, on peut avec sucei's étaolir la n‘gi('. En .\iigleterre, radministratioii de l’accise et du revenu des jiostes, toile (pi’elle est aujonrd’liui, a ('té; eniprnntée dos fermiers.

Itaiis les r('piildi(pies, le> revenus de l’Etat .sont [uesipie toujours en i ( gie. L’etalilissemeiit contraire fut un grand vi(;e du gouvernement de Home'. Ilaiis les Etats despoliipies, (ai la régie est étaldie, les peuples sont infiniment pliis lieureux ; t(’'inoiii la Perse et la Cliiiie*. Les plus niallieureiiv sont ceux où le prince donne à ferme si;s ports de mer et ses \ illes de commerce. L’iiistoire des moiiarcliies est pleine ih’s maux faits par les traitants.

Néron, iiidigm’' des vexations des pnldieains, forma le projet impossilde et magnanime d’atiolir fous les impi'its. Il n’imagina iioint la régie; il lit’ ipiatre orcfiuinaneces ; tpie les lois faites contre les pnldieains, ipii avoieiit été jiisipie-lii tenues secrètes, seroient publiées; (]u’ils ne [>onrroient plus exiger ce (pi’ils avoient négligé de demander dans raniu'e; ipi'il y auroit un préteur établi pour juger leurs pridontioiis, sans formalib';

Page 1