CHAPITRE
Combien les hommes sont différenU dans les divers climats.
L’air froid ‘ resserre les extrémités des fibres extérieures de notre corps : cela augmente leur ressort, et favorise le retour du sang des extrémités vers le cœur. Il diminue la longueur* de ces mêmes fibres; il augmente donc encore par là leur force. L’air cliautl au contraire relàcbe les extrémités des fibres, et les allonge : il diminue donc leur force et leur ressort.
On a donc plus de vigueur dans les climats froids. L’action du cteiir et la réaction des extrémités des fibres s’y font !^’j;;ux, les liqueurs sont mieux en équilibre, le sang est plus déterminé vers le cceur, et réciproquement le cœur a plus de puissance. Cette force plus grande doit produire bien des effets : par e.xemplc, plus de confiance en soi-même, c’est-à-dire plus de courage; plus de connoissance de sa supériorité, c’est-à-dire moins de désir de la vengeance; plus d’opinion de sa sûreté, c’e.st-à-dirc plus de francbi.se, moins de soupçons, de politique, et de ruses. Enfin, cela doit faire des caractères bien diflerents. Mettez un homme dans un lieu chaud et enfermé, il souffrira, par les raisons que je viens de dire, une défaillance de cœurtrès-grande. Si, dans cette cii’constancc, on va lui proposer une action hardie, je crois qu’on l’y trouvera très-peu disposé : sa foiblc.ssc présente mettra un découragement dans son âme; il craindra tout, parce qu’il sentira qu’il ne peut rien. Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards k^sont * ; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens. Si nous faisons attention aux dernières.* guerres, qui sont celles que nous avons le plus sous nos yeux, et dans lesquelles nous pouvons mieux voir de certains effets légers, im-
turc, contribuant à former les inclioa- UoDs de l’homme et à déterminer sa constitution morale; mais U n'est pas moins vrai que réducrfîioii et les lois peuvent vaincre ses inclinations et ses mœurs, et, leur donnant une autre ii* reclion, le former au vice ou à la vertu. L’histoire est remplie de changements arrivés dans les mœurs des peuples; et, souvent une génération ne ressemble en rien à celle qui l'a précédeo. Personne ne sera tenté d’atlribuer cos révolutions à ^influence du climat. {Edit, anon.de 419i.)
\ . Cela paroU même à la vue : dans le froid on paroit plus maigre.