‹ De l'Esprit des loisChapitre 337 sur 935 · Liv. IV, chap. m · texte numérisé non relu

Liv. IV, chap. m

8. Selon Denys d’Ilalicarnosse et Valère Maxime; et cinq cent vingt-trois, selon Aulu-Gclle. Aussi ne inettent-il»

pas les mêmes consuls. *

qui répudia la sienne pour cause de stérilité. Mais il suffit de connoîtro la nature de l’esprit liuinain pour sentir quel prodige ce scroit que, la loi donnant ci tout un peuple un droit pareil, personne n’en usât. Coriolan, partant pour son exil, conseilla* à sa feinine de se marier à un homme plus heureux que lui. Nous venons de voir que la lui des douze tables et les mœurs des Romains étendirent beaucoup la loi de Romulus. Pourquoi ces extensions, si l'on n’avoit jamais fait usage de la faculté de répudier? De plus, si les citoyens eurent un tel respect pour les auspices qu’ils ne répudièrent jamais, pourquoi les législateurs de Rome en eurent-ils moins? Comment la loi corrompit-elle sans cesse les mœurs ?

En rapprochant deux passages de Plutarque, on verra disparoitre le merveilleux du fait en question. La loi royale’ permettoit au mari de répudier dans les trois cas dont nous avons parlé. « Et elle vouloit, dit Plutarque*, que celui qui ré- « pudieroit dans d’autres cas fût obligé de donner la moitié de « ses biens à sa femme, et que l’autre moitié fût consacrée à « Cérès. » On pouvoit donc répudier dans tous les cas, en se soumettant à la peine. Personne ne le fit avant Carvilius Ruga, qui, comme dit encore Plutarque*, « répudia sa femme pour « cause de stérilité, deux cent trente ans après Romulus; » c’est-à-dire qu’il la répudia soixante et onze ans avant la loi des douze tables, qui étendit le pouvoir de répudier et les caus^ de répudiation.

Les auteurs que j'ai cités disent que Carvilius Ruga aimoit sa femme; mais qu’à cause de sa stérilité les censeurs* lui fireht faire serment iju’il la répudieroit, afin qu’il pût donner des enfants à la république; et que cela le rendît odieux au peuple. Il faut connoître le génie du peuple romain, pour découvrir la vraie cause de la baine qu’il conçut pour Carvilius. Ce n’est point parce que Carvilius répudia sa femme qu’il tomba dans la xlisgi àce du peuple; c’est une chose dont le peuple ne s’embarrassoit pas®. Mais Carvilius avoit fait un serment aux censeurs, qu’attendu la stérilité de sa femme, il la répudieroit pour donner des enfants 'à la république. C’étoit

1. Voyez le discours d« Véliirie, dans 6. VaR're Mazime dit cependant que Denj's d’ilalicnrnassc, liv. VIII. Carvilius Biipa fut blâmé, parce qu on

ï. Plutarque, Vie de Romulut. ne pc()»oit pas que le désir d’avoir des

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