CHAPITRE M
Nouvelle cause physique de la serviludc de l’Asie et de la liberté de l'Euruix:.
En Asie, on a toujours vu de grands empires; en Europe, ils n’ont jamais pu subsister. C’est que l’Asie que nous connoissoiis a de i)lus grandes plaines; elle est coupée en de plus grands morceaux par les montagnes et les mers; et, comme elle est yilus au midi, les sources y sont plus aisément taries, les montagnes y sont moins couvertes de neiges, et les tleuves moins grossis * y fonuetit de moindres barrières.
La puissance doit donc être toujours despotique en Asie; car, si la scrvititde n’y étoit pas extrême, il se feroit d’abord un partage tpie la nature du pays ne peut jtas souffrir.
En Europe, le partage naturel forme plusieurs Etats d’une étendue médiocre, dans lesquels le gouvernement desUdsu’csl pas incompatible avec le maintien de l’Etat; au contraire, il > est si favorable, ijue, sans elles, cet Etat tombe dans la décadence, et devient inférieur à tous les autres.
C’est ce qui a formé un génie de liberté qui rend chaque partie très-diflicilc à être subjuguée et soumise à une force étrcingère, autrement que par les lois et l’utilité de son commerce.
Au contraire, il règne en Asie un esprit de servitude qui ne Ta jamais quittée; et, dans toutes les histoires de ce pays, il n’est pas possible de trouver un seul trait qui marque une âme libre : on n’y verra jamais que l’héroïsme de la servitude.