‹ De l'Esprit des loisChapitre 358 sur 935 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du nombre des hommes dans le rapport avec la manière dont ils se procurent la subsistance.

(Juaiul les nations ne cultivent pas les terres, voici dans quelle proportion le nombre des hoiinnes s’y trouve. Comme le produit d’mi terrain inculte est an produit d’uii terrain cultivé, de même le nombre des sauvages, dans un pays, est-au nombre des labvureurs dans un autre; et, quand le peuple qui cultive les terres cultive aussi les arts, cela suit des proportions qui demanderoient bien des détails.

Ils ne peuvent guère former une grande nation. S’ils sont pasteurs, ils ont besoin d’un grand jiays pour qu'ils puissent subsister en certain nombre; s’ils sont chasseurs, ils sont encore en plus petit nombre, et forment pour vivre une plus petite nation.

Leur pays est ordinairement plein de forêts; et comme les honunes n’y ont point donné de cours aux eaux, il est rempli de marécages, où cbacpie troupe se cantonne et forme une petite nation.

Des peuples s.iuYages et des peuples barbares.

11 y a cette différence, entre les peuples sauvages et les peuples barbares, que les premiers sont de petites nations dispersées qui, par quelques raisons particulière.s, ne peuvent pas se réunir; au lieu que les barbares sont ordinairement de petites nations qui peuvent se réunir. Les premiers sont ordinairement des peuples chasseurs; les seconds, des peuples pasteurs. Cola se Voit bien dans le nord de l’Asie. Les peuples de la Sibérie ne sauroient vivre en corps, parce qu’ils ne pourroient se nourrir; les 'fartares peuvent vivre en corps pendant quelque temps, parce que leurs troujieaux peuvent être rassemblés pendant quelque temps. Toutes les bordes peuvent donc se réunir; et cela se fait lorsqu’un chef en a soumis beaucoup d’autres : après quoi il faut qu’elles fassent de deux choses l’une, qu’elles se séparent, ou qu’elles aillent faire quelque grande conquête dans quelque empire du Midi.

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