‹ De l'Esprit des loisChapitre 392 sur 935 · Liv. LIV, pne · texte numérisé non relu

Liv. LIV, pne

2. Quoique le.i lois agissent sur les mœurs, elles en dépendent. Ainsi, Mon>

[ tesquieu corrige toujours p;ir quelque

I vérité nouvelle une première pensée

I qui ne paroissoil excessive que parce

qu’on la voyoit seule. La nature et le t climat dominent presque exclusivement

t les sauvages; les peuples civilisés obéis-

I «eot aux influences morales. La plus in-

viocibic de toutes^ c’est l'esprit général d’une nation ; il n'est au pouvoir de personne de le changer; il agit sur ceux qui vüudroienl le méconnoUre; il fait les lois ou les rend inutiles; les lois ne peuvent l’attaquer, parce que ce sont deux puissances d’une nature diverse; il échappe ou résiste à tout le reste.

(.M. Villcmain, Elofje de Àlontesquieu,)

ujlr

a7*j DE 1/KSPRIT DES LOIS.

en général le caractère est bon, (|u’importe de quelques défauts

qui s’y trouvent?

On y poum>it contenir les femmes, faire des lois pour corriger leurs mœurs et borner leur luxe : mais qui sait si on n’y perdroit pas un certain goût qui seroit la source des richesses de la nation, et une politesse qui attire chez elle les étrangers?

(C’est au législateur à suivre l’esprit de la nation loi-squ’il n’est pas contraire aux principes du gouvernement; car nous ne faisons rien de mieux (lue ce que nous faisons librement, et en suivant notre génie naturel.

Qu'on donne un esprit de pédanterie à une nation naturellement gaie, l’Etat n’y gagnera rien ni pour le dedans ni poulie dehors. Laissez-lui faire les choses frivoles sérieusement, et gaiement les clioses sérieuses.

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