LIVRE XX, CHAPITRE XXI
Platon ‘ dit que, dans une ville où U n’y a point de commerce maritime, il faut la moitié moins de lois civiles ; et cela est très-vrai. Le commerce introduit dans le même pays différentes sortes de peuples, un prand nombre de conventions, d’espèces de biens, et de manières d’ac<iuérir.
Ainsi, dans une ville couunercante, il y a moins déjugés, et plus de lois.
CHAPITHE XIX
Qiie le prince ne doit point faire le coinmorce.
Tliéopliile -, voyant un vaisseau où il y avoit des marchandises pour sa femme Tliéodora, le fit hrùler. « .le suis empe- « rcur, lui dit-il, et vous me faites patron de galère. En tpioi <t les pauvres gens pourront-ils gagner leur vie, si nous faisons « encore leur métier? « Il auroit pu ajouter : Qui pourra nous réprimer, si nous faisons des monopoles? Qui nous obligera de remplir nos engagements? Ce conitnerce que nous faisons, les courtisans voudront le faire; ils seront plus avides et plus injustes que nous. Le peuple a île la confiance en notre justice; il n’en a jioint en notre opulence : tant d’impôts qui fout sa misère sont des preuves certaines de la nôtre.
CHAlMTItE XX
Continuation du même sujet.
Lorsque les Portugais et les Castillans dominoient dans les Indes orientales, le commerce avoit des branches si riches, que leurs princes ne manquèrent pas de s’en saisir. Cela ruina leurs établissements dans ces parlies-là.
Le vice-roi de Goa accordoit à des particuliers des privilégos exclusifs. On n’a point de confiance en de pareilles gens; ,1c commerce est discontinué par le changement perpétuel de ceux à quion le confie; personne ne ménagé ce •commerce, et ne se soucie de le laisser [lerdu à son succes.seur ; le profit reste dans des mains pai ticulières, et ne s’étend pas assez.