LIVRE XXI, CHAPITRE IX
Ou a de la peine à eoiiiprendre l’olistinalion des am ioiifi à croire (jue la mer Ca-spienne éloit une partie de l’Océan. Lo.s expéditions d'Alexandre, des j ois de Svrie, des Parthes et des Romains, ne purent leur faire changer de pensée : c’est ipi’on revient de scs erreurs le \)lus tard qu’on peut. D’ahord on ne connut (pie le midi de la mer Caspienne; on la prit pour l’Océan : à mesure que l’on avani;a le long de .ses bords, du c()té du nord, on crut encore ipie c’étoit l’Océan (jui entroit dans les terres. En suivant les cc'ites, on n’avoit reconnu, du côte de l’est, (pie jusipi’au Jaxarte, et, du côté de l’ouest, que jusqu’aux extrémités de l’Albanie. La mer, du côté du nord, étoit vaseuse', et jiar coiis(’'(pient tri's-pmi propre à la navigation. Tout cela lit (pie l’on ne vit jamais (jue l’Océan.
L’armée d’Alexamlre n’avoit été, du côté de l’Orient, ipiejus- (pTà l'ilypanis, (|ui est la derniere des rivières (pii se jettent , dans riiidus. .Ainsi le premier comiiuTce que les Grecs eurent aux Indes se lit dans une très-petite partie du jiajs. Séleucus Nicator pénétra justpi’au Gange*; et [lar là on découvrit lu mer où ce Ih'uve se jette, c’est-à-dire le golfe de llengale. .Aujourd’hui l’on découvre les terres par les voyages de mer; autrefois on décoiivroit les mers par la ( ()nqu(jte des terres.
Strahoii*, malgré le témoignage d’Apollodore, paroit douter (|ue les rois* grecs de Hactriane soient allés plus loin que Séleucus et Alexandre. Ouand il S(;roit vrai (pi’ils n’auroient pas été plus loin vers l’Orient (pic Séleucus, ils allèrent plus loin vers le .Midi : ils découvrirent® Siger et des ports dans le .Maiihar, qui donnèrent lieu à la nav igation dont je vais parler.
Pline* nous apprend qu'on prit successivement trois routes pour faire la navigation des Indes. D’ahord on alla du promontoire de Siagre à ï’ile de Patalene, qui est à Tcnihouchure de rindus : on voit (pie c'étoit la route (pi’avoit tenue la flotte d’Ale.vandre. On prit ensuite un chemin plus court" et plus sûr; et on alla du imime promontoire à Siger. Ce Siger ne peut être que le royaume de Siger dont parle Strabon*, que les rois grecs (le Bactriane découvrirent. Pline ne jieut dire que ce chemin Int plus court, (pie parce ([u’on le faisoit en moins de temps; car Siger devoit être plus reculé ipie l’indiis, puisque les rois (le Bactriane le découvrirent. Il falloit donc que Ton évitât par