‹ De l'Esprit des loisChapitre 470 sur 935 · Eratoâthène, dansStrabon, l.XVTI, pag. Sü · texte numérisé non relu

Eratoâthène, dansStrabon, l.XVTI, pag. Sü

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d'Herciilc que les colonnes d’Hemile le sont do Carthage. Cotte position est tri s-i'oniarqiiahle; elle fait voir qu’Hannon borna ses établissements au vingt-cinquième degré de latitude nord, c’està-dire deux ou trois degrtis au delà des îles Canaries, vers le Sud.

Hannon étant à Cerne fit une autre navigation dont l’objet étoit de faire des dé(M»uvei1;es plus avant vers le Midi. U ne prit presque aucune connoissance du continent. I/étcnduedes côtes qu'il suivit fut de vingt-six jours de navigation, et il fut obligé de revenir faute de. vivres. Il ])aroit ipie les Carthaginois ne firent aucun usage de cette entreprise d’Ilannon. Scvlax ‘ dit qu’au-delà de Cerné la mer n’est pas navigable *, parce 'qu’elle y est basse, pleine de limon et d’herbes marines : effectivement il y en a beaucoup dans ces parages Les marchands carthaginois dont parle Scvlax pouvoient trouver des obstacles qu’Hanr non, qui avoit soixante navires de cinquante rames chacun, avait vaincus. Les füfTicultt'S sont relatives; et de plus on ne doit pas confondre une entreprise qui a la hardiesse et la témérité pour objet, avec ce qui est l’effet d’une conduite ordinaire.

C'est un beau morceau de l’antiquité que la relation d’Iïannon : le même homme qui a exécuté a écrit; il ne met aucune ostentation dans ses récits. Les grands capitaines écrivent leurs actions avec gimplicité, parce qu’ils sont plus glorieux de ce qu’ils ont fait que de ce qu’ils ont dit.

Les choses sont comme le style. Il ne donne point dans le merveilleux; tout ce qu’il dit du climat, du terrain, des mieurs, des manières des habitants, se rapporte à ce qu’on voit aujourd'hui dans cette côte d’Afrii[ue ; il semble que c’est le journal de nos navigateurs.

llannun remarqua sur sa flotte que le jour il régnoit dans le continent un vaste silence; que la nuit on entendoit les sons de divers instruments de musique, et qu’on voyoit partout des feux, les uns plus grands, les autres moindres*. Nos relations confirment ceci : on y trouve que le jour ces sauvages, pour éviter l’ardeur du soleil, se retirent dans les forêts ; que la nuit ils font de grands feux pour écarter les bêtes féroces; et qu’ils aiment passionnément la danse el les instruments de musique.

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