‹ De l'Esprit des loisChapitre 484 sur 935 · LIVRE XXI, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI, CHAPITRE XVI

est singulier que les Romains , qui comioissoienl jieu le commerce aient eu pour cnlui tlL*s Indes plus d’atLuition qm' n’en eurent les rois d'Egypte, qui l'avoient pour ainsi dire sous les yeiK. 11 faut expliquer ceei.

Après la mort d’Alexandre, les rois d’Egyirtc établirent aux Indes un cninmerce maritime; et les rois de Syrie, qui eurent les provinces les plus orientales de l’empire, cd par conséquent les Indes, maintinrent ce eommercc dont nous avons parlé au chapitre VI , qui se faisait par les terres et par les llcuves, et qui avait reçu de nouvelles facilités |>ar l’établissement des colonies macédoniennes : de sorte que l’Europe conununiquoit avec les Indes, et par l’Egypte, et pai- le royaume de Syrie. Le. démembrement qui se fit du royaume de Syrie, d’où se forma celui de Ractrianc, ne fit aucun tort à ce coinnuirce. Marin, Tyrien, cité par Ptoloinée», parle des découvertes faites aux Indes par le moyen de quelques marchands macédoniens. Celles que les expéditions des rois n’avoient pas faites, les marchands les firent. Nous voyons, dans l’tolomée’, ipi’ils allèrent depuis la tour de Pierre ^ jusqu’à Céra ; et la découverte faite par les marchands d’une étape si reculée, située dans la partie orientale et seidentrionale de la Chine, fut une espèce de [trodige. Ainsi, sous les rois de Syrie et de Ractrianc, les marchandises du midi de l’iiule passoient par l'indus, rOxus et la mer Caspienne, en Occident; et celles des contrées plus orientales et plus septentrionales étaient portées depuis Séra, la lourde Pierre, et autres étapes, jus(iu’à rEuphralc. Ces marchands faisfiient leur route, tenant à peu près le quarantiiune degré de latitude nord , i»ar des i)ays qui sont au couchant de la Chine, plus policés qu’ils ne sont aujourd’hui, parce (jue les Tartarcs ne les avoient pas encore infesb’s.

Or, pendant que l’empire de Syrie étendoit si fort son commerce du coté des terres , l’Egypte n’augmenta pas beaucoup son commerce maritime.

Les Parthes iiarurent, et fondèrent leur empire; et lorsque l'Egypte tomba sous la puissance des Romains , cet empire étoit dans sa force, et avoit reçu son extension.

Les Romains et les Parthes furent doux puissances rivales, gui Combattirent, non pas pour savoir qui devoit régner, mais exisb;r. Entre les deux empires, il se forma des déserts; entre les deux empires, on fut toujours sous les armes; bien loin

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