‹ De l'Esprit des loisChapitre 533 sur 935 · LIVRE XXIll, CHAEITUE VU · texte numérisé non relu

LIVRE XXIll, CHAEITUE VU

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Oii ne connoît donc guère les bâtards dans lespa\s ou la polygamie est permise. On les connoit dans ceux où la loi d’une seule femme est établie. Il a fallu, dans ces pays, flétrir le concubinage ; il a donc fallu flétrir les enfants qui en étoient nés.

Dans les républiques, ou il est nécessaire que les mœurs soient pures, les bâtards doivent être encore plus odieux que dans les monarchies.

On fit peut-être à Rome des dispositions trop dures contre eux ; mais les institutions anciennes mettant tous les citoyens dans la nécessité de se marier, les mariages étant d’ailleurs adoucis par la permission de répudier ou de faire divorce, il ii’y avoit qu'une très-grande corruption de mœurs qui put porter au concubinage.

11 faut remarquer que la qualité de citoy en étant considérable dans les démocraties, où elle emportoit avec elle la souveraine puissance, il s’y faisoit souvent des lois sur l’état des bâtards qui avoient moins de rapport à la chose même et ii I honnêteté du mariage qu’à la constitution particulière de la république. Ainsi le peuple a quelquefois re»;u pour citoyens les bâtards' afin d’augmenter sa puissance contre les grands. Ainsi à Athènes le peuple retrancha les bâtards du nombre des citoy ens, jiour avoir une plus grande portion du blé que lui avoit envoyé le roi d’Egypte. Enfin Aristote * nous apprend que, dans plusieurs villes, lorsqu’il n’y avoit pointassez de citoyens, les bâtards succédoient; et que, quand il y en avoit assez, ils ne succédoient pas.

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