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CHAPITRE XI

De la duretd du gouvernement.

Les gens qui n’ont absolument rien, comme les mendiants, ont beaucoup d’enfants. C’est qu’ils sont dans le cas des peuples naissants : il n’en coûte rien au père pour donner son art à ses enfants, qui même sont, en naissant, des instruments de cet art. Ces gens,' dans un pays riche ou superstitieux, se multiplient, parce qifils n’ont pas les charges de la société,' mais sont eux-mêmes les charges de la société. Mais les gens qui ne sont pauvres que parce qu’ils vivent dans un gouvernement dur, qui regardent leur champ moins comme le fondement de leur subsistance que comme un prétexte à la vexation; ces gens-là, dis-je, font peu d’enfants. Ils n’ont pas même leur nourriture : comment pourroient-ils songer à la partager? Ils ne peuvent se soigner dans leurs maladies : comment pourroient-ils élever des créatures qui sont dans une maladie continuelle, qui est l’enfance?

C’est la facilité de parler et l’impuissance d’examiner qui ont fait dire que, plus les sujets étoient pauvres, plus les familles étoient nombreuses; que, plus on étdit chargé d’impôts, plus on se mettoit en état do les payer : deux sophismes qui ont toujours perdu et qui perdront à jamais les monarchies*

La dureté du gouveimement peut aller jusqu’à détruire les .sentiments naturels par les sentiments naturels mêmes. Les lenimes de l’Amérique ne se faisoient-elles pas avorter pour que leurs enfants n’eussent pas des maîtres aussi cruels • ?

1; lielaiion de Thomas Oage, p. 58.

DE D’ESDRIT des LOIS.

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Du iionibl'c lies filles et ües garrons dans difTcrcnls pa;s.

J’ai (li'jà «lit* qu’en Europe il naît un peu plus de gareons (jue de IHlcs. On a remarqué qu’au Japon* il naissoit un peu plus de lillcs que de garçons. Toutes choses égales, il y aura plus de femmes fécondes au Japon qu’en Europe, et par conséquent plus de peuple.

Des relations* disent qu’à Bantam il y a dix filles pour un garçon : une dispro])ortion pareille, qui feroit que le nombre des familles y seroit au nombre de celles des autres climats comme un est à cinq et demi, seroit excessive. Les familles y pourroient être plus grandes à la vérité; mais il y a peu de gens assez aisés pour pouvoir entretenir une si grande famille.

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