‹ De l'Esprit des loisChapitre 543 sur 935 · LIVRE XXIII, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII, CHAPITRE XVII

ils SC vendirent pour la guerre, comme les Suisses font aujourd’hui; rien ne fut négligé de ce tpii pouvoit empêcher la trop grande multiplication des enfants.

11 y avoit chez eux des républiques dont la constitution éloit singulière. Des peuples soumis étoient obligés de fournir la subsistance aux citoyens : les l.acédémonicns étoient nourris par les Ilotes; les Cretois, par les Périéciens; les Thessaliens, par les Pénestes. 11 ne devoit y avoir qu’un certain nombre d'hommes libres, pour que les esclaves fussent en éUit de leur fournir la subsistance. Nous disons aujourd’hui qu’il faut bor-^ ner le nombre des troupes réglées. Or Laci'‘(h''monc étoit une ai'niée entretenue par des paysans; il fallait donc borner cette armée : sans cela, les hommes libres, qui avoient tous les avantages de la société, se seroient multipliés sans nombre, et les laltourcurs auroient été accablés.

Les politiques grecs s’attachèrent donc particulièrement à régler le nombre des citoyens. Platon ' le fixe à cinq mille quarante; et il veut que l’on arrête* ou que l’on encourage la propagation, selon le besoin, par les honneurs, par la honte, et par les avertissements des vieillards; il veut même que l’on règle le nombre des mariages’ de manière que le peuple.se répare sans que la république soit surchargée.

« Si la loi du pays, dit Aristote défend d’exposer les enu fants, il faudra borner le nombre de ceux (|ue chacun doit « engendrer. » Si l’on a des enfants au delà du nombre défini par la loi, il conseille’ de faire avorter la femme avant que le fœtus ait vie.

Le moyen infâme® qu’employoient les Crétois pour prévenir le trop grand nombre d’enfants est rapporté par .Vristote, et j’ai senti la pudeur effrayée quand j’ai voulu le rapport»!’.

11 y a des lieux, dit encore Aristote où la loi fait citoyens les étrangers, ou les bâtards, ou ceux qui sont seulement nés d’une m»‘re citoyenne; mais, dès qu’ils ont as.scz de peuple, ils ne le font plus. Les sauvages du Canada font brùlei’ leurs prisonniers; mais lor.squ’ils ont des cabanes vides à leur donner, ils les reconnoissent de leur nation.

Le chevalier Petty a supposé, dans ses calculs, qu’un homme en Angleterre vaut ce qu’on le veiulroit à Alger. Cela ne peut

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